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Nos lecteurs ont la parole

On achève bien les oiseaux...

Par Bélinda IBRAHIM
C’est aux premières lueurs du jour d’un automne qui vient de s’installer que les oiseaux gorgés du soleil de l’été réservent leurs plus beaux gazouillis. Ils viennent se poser dans les jardins fleuris où les accueillent des fleurs épanouies. Ces oiseaux s’enivrent de ce précieux nectar qui les nourrit. C’est un tableau en son et lumière enchanteur dont on ne se lasse jamais. Une féerie digne des Mille et Une Nuits. C’est aussi à l’aube que les organes génitaux masculins sont pris d’une envie irrépressible : celle de vider leur « un peu-beaucoup-trop-plein ». Certains d’entre eux, terrorisés par l’omniprésente crainte d’une éventuelle impuissance, trouvent leur salut dans leur engouement pour la saison de chasse, métaphoriquement transformée en saison de lâchage/décharge de leurs pulsions matinales. Et voilà que le tableau tourne au cauchemar et que la mélodie des oiseaux se mue en chant du cygne. D’aucuns compensant ainsi la crainte d’une déficiente virilité à coups de balles tirées sur des créatures gracieusement ailées. Les tirs sont ininterrompus, un peu comme si on livrait une guerre de survie dans des tranchées creusées pour combattre un ennemi puissant. Redoutable. Cet acharnement quotidien qui perce le silence des forêts finit par avoir raison de ces affolants petits oiseaux qui sautaient joyeusement de branche en branche avant que les fusils n’interviennent ; ces fusils qui représentent symboliquement l’organe érectile de l’homme. En extension exponentielle en fonction de la taille de l’arme. On pourrait affirmer que ce coup tiré à bout portant équivaut – pour les chasseurs – à une jouissance immédiate et répétitive. Magistralement orgasmique. Prisonniers de leur pulsion de mort et surtout de leur complexe de la « petite mort », ces assassins des oiseaux et de tout ce qui porte des ailes font pitié. Qu’ils aillent donc livrer leurs batailles intérieures ailleurs, et qu’ils nous laissent profiter de nos oiseaux qui se cachent pour ne pas mourir. Et que ce vacarme sans nom s’arrête, surtout lorsqu’il est amplifié par l’écho des vallées avoisinantes. Dans un Liban devenu un bordel anarchique, où l’on tire sur tout ce qui bouge, sur tout ce qui fait mouche, en toute impunité, il n’est pas étonnant qu’on y achève avant tout les oiseaux. C’est tellement plus simple de s’attaquer à l’inoffensif, au plus faible, au plus démuni. C’est surtout de très bon ton de massacrer la Beauté, là où elle se trouve. Le monde est définitivement stone. Le nôtre en tous cas.
C’est aux premières lueurs du jour d’un automne qui vient de s’installer que les oiseaux gorgés du soleil de l’été réservent leurs plus beaux gazouillis. Ils viennent se poser dans les jardins fleuris où les accueillent des fleurs épanouies. Ces oiseaux s’enivrent de ce précieux nectar qui les nourrit. C’est un tableau en son et lumière enchanteur dont on ne se lasse jamais. Une féerie digne des Mille et Une Nuits. C’est aussi à l’aube que les organes génitaux masculins sont pris d’une envie irrépressible : celle de vider leur « un peu-beaucoup-trop-plein ». Certains d’entre eux, terrorisés par l’omniprésente crainte d’une éventuelle impuissance, trouvent leur salut dans leur engouement pour la saison de chasse, métaphoriquement transformée en saison de lâchage/décharge de leurs pulsions...
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