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À La Une - Liban

Geagea met les points sur les « i » à l'adresse de Berry

Que le dialogue reprenne, et nous appuierons tout ce qu’ils décideront dans le cadre de la Constitution, déclare le leader des FL.

À l’issue de son entretien à Meerab avec Samir Geagea, le député Ahmad Fatfat a souligné « la grande cohérence entre les thèses des Forces libanaises et du courant du Futur ». Photo Aldo Ayoub

Le président du parti des Forces libanaises, Samir Geagea, a répondu hier aux propos tenus par le chef du législatif et leader du mouvement Amal, Nabih Berry, qui a souligné que toutes les factions ont accepté la relance du dialogue national « à l’exception du président des Forces libanaises, Samir Geagea, qui a souligné à la délégation parlementaire (chargée par M. Berry d’entreprendre des contacts avec les leaders et chefs de file) qu’à son avis, le dialogue n’aboutira à aucun résultat à la lumière des expériences passées ».
Réagissant, dans une déclaration à l’agence al-Markaziya, à la réflexion de M. Berry, le leader des FL a déclaré : « Puisque toutes les parties ont appuyé l’initiative (de M. Berry) et ont accepté de s’asseoir à la table de dialogue, qu’elles relancent donc le dialogue, et nous avaliserons, malgré notre absence, tout ce qu’elles décideront dans le cadre de la Constitution et des lois en vigueur. »

Fatfat à Meerab
Le dossier de l’initiative de M. Berry et du dialogue national a été au centre de la réunion que M. Geagea a tenue hier à Meerab (Kesrouan) avec le député Ahmad Fatfat, membre du bloc du Futur.
À l’issue de l’entretien, qui a duré une heure, M. Fatfat s’est adressé aux correspondants de presse, mettant l’accent sur « la grande cohérence entre les thèses des Forces libanaises et du courant du Futur, même si nous avons une approche différente concernant le dialogue, sachant que nous partageons avec M. Geagea la conviction selon laquelle le dialogue n’aboutira à aucun résultat ». « Notre position, a précisé M. Fatfat, a été définie par le président Saad Hariri, en l’occurrence que nous participons à tout dialogue convoqué par le président de la République dans le cadre de l’engagement à se conformer à la déclaration de Baabda. Ce dialogue devrait être relancé à partir du point où il avait été interrompu, c’est-à-dire qu’il doit se limiter à la stratégie de défense et à la question des armes » (du Hezbollah). 


Tout en accueillant favorablement « les aspects positifs » de l’initiative du président de la Chambre, « pour ce qui a trait aux armes et à la stratégie de défense », M. Fatfat a souligné que l’initiative en question comporte « des aspects négatifs en rapport avec les prérogatives du président de la République, du Premier ministre désigné, du Conseil des ministres et du Parlement ». « L’initiative, a ajouté M. Fatfat, comporte aussi une interprétation vague des modalités d’application de la résolution 1701 (du Conseil de sécurité) du fait que le président Berry souligne que la présence des armes de la résistance (du Hezbollah) se limite aux frontières, ce qui est en totale contradiction avec la résolution en question. »
M. Fatfat a souligné dans ce cadre que les conditions rédhibitoires posées par le Hezbollah « sapent les fondements du dialogue », du fait, a-t-il relevé, que le parti chiite « rejette tout
dialogue autour de ses constantes ». « Ce parti, a déclaré M. Fatfat, accuse les autres d’être des agents alors qu’il feint d’oublier qu’il s’est transformé d’une résistance à un parti au service de Bachar el-Assad pour exécuter des assassinats et des liquidations physiques à l’encontre du peuple syrien, et peut-être à l’encontre du peuple libanais. Ce parti est devenu ainsi une milice exécutant des plans régionaux pour le compte de ses parrains. »

Le Hezbollah et les pays du Golfe
M. Fatfat a par ailleurs affirmé que le Hezbollah ne veut pas d’un nouveau gouvernement « car la situation présente lui convient parfaitement, à l’ombre d’un gouvernement d’expédition des affaires courantes, car cela conduit au vide auquel il veut parvenir, plus particulièrement au niveau de la présidence de la République ». « Il s’agit là d’une grande responsabilité qu’il faut assumer, et toutes les parties libanaises doivent se préparer à cette bataille (présidentielle) afin que celle-ci ne se transforme pas en une “bataille du vide” que souhaite le Hezbollah », a déclaré le député du Futur. 


M. Fatfat a d’autre part vivement dénoncé « les menaces lancées par le bloc parlementaire de la Fidélité à la résistance (le bloc du Hezbollah) contre les pays arabes et les pays du Golfe ». « En tant que Libanais, nous sommes habitués aux menaces du Hezbollah, a-t-il souligné. Mais il est inacceptable de proférer des menaces à l’encontre des pays arabes et de faire assumer à l’État libanais la responsabilité de ce qui se passe au niveau des Libanais dans le Golfe. Certes, l’État libanais est responsable de ses ressortissants dans cette région. Mais pourquoi le Hezbollah ne s’attaque-t-il pas aux causes ? Pourquoi le Hezbollah est-il désormais considéré par l’Europe et les pays du Golfe comme une organisation terroriste ? Pourquoi le Hezbollah intervient-il en Afrique, en Bulgarie, à Chypre, dans certains pays du Golfe et dans d’autres parties du monde ? Ce sont ces ingérences du Hezbollah et sa politique qui consistent à mettre en application l’agenda iranien qui sont la cause de la position qui est adoptée (par les pays arabes et occidentaux) à son égard. C’est donc lui qui est le premier responsable de cette situation et il doit en assumer la responsabilité. » 


M. Fatfat a ajouté dans ce cadre que l’implication du Hezbollah dans les combats en Syrie aux côtés des forces du régime Assad a porté un coup dur à l’économie libanaise « qui s’effondre de plus en plus », de même que cette implication « sape toute possibilité de solution pacifique au Liban et de règlement du problème des réfugiés syriens ».
Après s’être déclaré fermement opposé à l’autosécurité pratiquée par le Hezbollah dans les régions sous son contrôle, M. Fatfat a réaffirmé, une nouvelle fois, que le courant du Futur et les forces du 14 Mars ne participeront à aucune séance parlementaire plénière sur base de l’ordre du jour élargi prévu par M. Berry, à l’ombre d’un gouvernement démissionnaire.
En conclusion, M. Fatfat a réfuté la dernière déclaration du général Michel Aoun concernant le réseau illégal de télécommunications installé par le Hezbollah, soulignant que ce sont les ministres aounistes des Télécoms, et nullement les pôles du 14 Mars – comme l’a affirmé le général Aoun–, qui ont protégé le réseau en question.

 

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