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Moyen Orient et Monde - Belgique

« Donnons tous ensemble au pays un nouvel élan d’enthousiasme »

Philippe, 53 ans, est devenu le septième roi des Belges après l’abdication toute en émotion de son père Albert II.

Après la prestation de serment, le nouveau couple royal est apparu au balcon du palais avec la nouvelle princesse héritière, Élisabeth, bientôt 12 ans, toute de rouge vêtue aux côtés de sa sœur et de ses deux frères. Éric Lalmand/Belga/AFP

Philippe est devenu hier le nouveau roi des Belges, juste après l’abdication empreinte d’émotion de son père Albert II, une journée de ferveur populaire avec l’espoir d’un « nouvel élan » pour ce pays divisé.
Le nouveau souverain, devenu à 53 ans le septième roi de l’histoire de la Belgique, a prêté serment peu avant 12h15 (10h15 GMT) devant les chambres réunies, le moment fort de cette fête nationale historique. « Je jure d’observer la Constitution et les lois du peuple belge, de maintenir l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire », a déclaré Philippe d’une voix ferme en néerlandais, français et allemand, les trois langues nationales.
Dans un pays tiraillé entre néerlandophones et francophones, le roi Philippe s’est engagé à avoir des « contacts constructifs » avec les nombreuses entités de ce pays fédéral. « Nous trouvons chaque fois l’équilibre entre unité et diversité », a-t-il estimé dans sa première allocution. « Donnons tous ensemble au pays un nouvel élan d’enthousiasme », a conclu le nouveau monarque.
Mais ce sentiment n’est pas unanime. Le chef du parti indépendantiste flamand N-VA et maire d’Anvers, Bart De Wever, a décliné l’invitation aux cérémonies, et plusieurs élus de ce parti républicain n’ont pas applaudi le roi après sa prestation de serment. « L’idée que nous avons besoin d’une institution fondamentalement non démocratique comme le monarque pour assurer la stabilité politique dans ce pays, ce dont je doute, vous en dit plus sur ce pays que sur la monarchie », écrivait Bart De Wever dans une lettre ouverte au prince en mai.
Un des premiers dirigeants étrangers à féliciter le nouveau chef de l’État belge a été Barack Obama, le président des États-Unis, dont la Belgique est un fidèle allié.

 « Gros kiss »
Albert II, 79 ans, avait signé son acte officiel d’abdication dans la matinée, lors d’une cérémonie pleine d’émotion dans la grande salle du trône du palais royal de Bruxelles. Il a rendu hommage à son épouse Paola. « Je voudrais simplement lui dire merci... Et un gros kiss ! » a-t-il ajouté, provoquant immédiatement le buzz sur les réseaux sociaux. Quand il a donné l’accolade à son fils Philippe, la reine Paola et la future reine Mathilde n’ont plus retenu leurs larmes.
Dans sa dernière adresse à la nation, le vieux roi, qui a dû gérer de nombreuses crises politiques pendant ses 20 ans de règne, a de nouveau appelé les responsables du pays à « travailler sans relâche à la cohésion de la Belgique ». Il avait joué un rôle majeur pour sortir de l’impasse après les élections de 2010, réussissant à désamorcer les conflits entre partis francophones et néerlandophones incapables de former un gouvernement pendant 541 jours.
Or, la situation politique risque d’être encore plus compliquée après les législatives de 2014, lors desquelles une nouvelle poussée des indépendantistes est attendue en Flandre.

Immédiatement...
Alors que l’aptitude de Philippe à assumer la fonction royale était mise en doute depuis des années, il s’est montré hier serein et plein d’assurance, comme s’il avait immédiatement endossé ses nouveaux habits de roi.
Il pourra compter sur le soutien actif de son épouse Mathilde, 40 ans, aussi à l’aise qu’il est parfois compassé, atout charme de la monarchie depuis leur mariage en 1999.
« Philippe, tu as toutes les qualités de cœur et d’intelligence pour très bien servir notre pays (...). Toi-même et ta chère épouse Mathilde avez toute notre confiance », a assuré Albert juste avant d’abdiquer.
Après la prestation de serment, le nouveau couple royal est apparu au balcon du palais. Une clameur s’est élevée de la foule de quelque 10 000 personnes massées depuis plusieurs heures sous une chaleur écrasante.

 « Un roi, deux nations »
Des « vive le roi », « vive la reine » ont fusé, en français et en néerlandais, tandis que des dizaines de drapeaux belges étaient agités. L’occasion de présenter la nouvelle princesse héritière, Élisabeth, bientôt 12 ans, toute de rouge vêtue aux côtés de sa sœur et de ses deux frères.
« C’est le moment le plus fort, l’idéal pour souhaiter la bienvenue au nouveau roi », assure Pascale Canart, une fonctionnaire de 50 ans. Au total, quelque 500 000 personnes ont assisté aux divers événements de la journée. « Le nouveau roi est une part d’histoire. Cela n’arrive pas si souvent, donc nous voulions être là », a déclaré Xavier De Graef, originaire de Liège, coiffé d’une perruque noire, jaune et rouge, couleurs du drapeau national.
En attendant, peu de voix discordantes se sont fait entendre.
Selon un sondage mené par les chaînes de télévision privées VTM et RTL, un peu moins de la moitié des Flamands interrogés estiment que Philippe fera un bon roi, alors que les Wallons sont deux tiers à le croire. De même, alors que le quotidien francophone L’Écho a pu titrer « un roi, deux nations », le quotidien néerlandophone De Standaard a relégué l’investiture royale loin dans les pages de son numéro du week-end. Les chefs d’entreprise sont partagés de la même manière, les francophones se satisfaisant du statu quo, tandis que les néerlandophones soulignent que le monarque n’a plus de rôle politique.
Et après le traditionnel défilé civil et militaire de la fête nationale, le roi Philippe et la reine Mathilde ont pris un bain de foule dans le parc royal, transformé comme chaque année en kermesse géante aux couleurs nationales noir, jaune et rouge. « Philippe, Philippe », scandait la foule sous les vivats, au passage des nouveaux souverains, qui serraient des mains sans se départir de leur sourire. Les festivités devaient se conclure avec le traditionnel feu d’artifice du 21 juillet.
(Sources : agences)
Philippe est devenu hier le nouveau roi des Belges, juste après l’abdication empreinte d’émotion de son père Albert II, une journée de ferveur populaire avec l’espoir d’un « nouvel élan » pour ce pays divisé.Le nouveau souverain, devenu à 53 ans le septième roi de l’histoire de la Belgique, a prêté serment peu avant 12h15 (10h15 GMT) devant les chambres réunies, le moment fort de cette fête nationale historique. « Je jure d’observer la Constitution et les lois du peuple belge, de maintenir l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire », a déclaré Philippe d’une voix ferme en néerlandais, français et allemand, les trois langues nationales.Dans un pays tiraillé entre néerlandophones et francophones, le roi Philippe s’est engagé à avoir des « contacts constructifs » avec les...
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