Rechercher
Rechercher

Liban - La Situation

Le débat constitutionnel et la relance du dialogue prônés par Sleiman tributaires de la ligne de conduite du Hezbollah

Le discours que le président de la République Michel Sleiman a prononcé mardi soir au palais de Baabda à l’occasion de l’iftar traditionnel qu’il donne chaque année durant le mois de ramadan a permis dans une certaine mesure de secouer quelque peu la scène politique locale, frappée depuis plusieurs mois d’une dangereuse et inquiétante léthargie. Certes, le chef de l’État a profité de la présence aux agapes du palais présidentiel de tout l’éventail des forces politiques pour réaffirmer ses grandes positions de principe concernant, notamment, l’attachement à la déclaration de Baabda (portant sur la neutralité du Liban vis-à-vis des tensions régionales), en sus du soutien évident à l’armée et aux impératifs du dialogue national.


Sortant des sentiers battus, le président Sleiman a sans doute surpris son audience, et l’ensemble des milieux politiques, en annonçant son intention de lancer, sous peu, un débat sur la nécessaire clarification de certaines clauses de la Constitution. À moins d’un an de l’expiration de son mandat, M. Sleiman entend tirer les leçons de sa dure expérience dans l’exercice du pouvoir pour laisser une marque de son passage à la magistrature suprême en mettant en place un chantier de réforme constitutionnelle, ou tout au moins, en initiant un débat sérieux sur ce plan, dans le but de pallier les nombreuses failles apparues dans l’accord de Taëf, pour ce qui a trait plus particulièrement aux prérogatives du président de la République et au fragile équilibre qui devrait être instauré entre les pouvoirs de la magistrature suprême, de la présidence de la Chambre, de la présidence du Conseil, des ministres et du Conseil des ministres en général.


Annonçant la couleur d’entrée de jeu, le chef de l’État a pris soin de préciser que son initiative à cet égard a pour objectif de déboucher sur un partage rationnel des responsabilités entre les hauts responsables officiels et non pas de remuer le fer dans la plaie en relançant les éternels tiraillements portant sur le conflit de compétences entre les pôles du pouvoir. Quels que soient la teneur et l’aboutissement de ce débat, le président a omis de préciser dans quel cadre il entend initier un tel processus. D’emblée, le député Ammar Houri, membre du bloc du Futur, et le ministre (aouniste) de la Justice, Chakib Cortbaoui, ont apporté, à l’unisson, une réponse claire à ce propos : c’est au sein du Parlement que le débat en question devrait être lancé.


Il reste que certains milieux locaux s’interrogent sur le fait de savoir comment des discussions sereines sur une éventuelle réforme constitutionnelle pourraient être réellement menées à bien alors que le jeu politique interne est totalement biaisé par le poids des armes du Hezbollah, sans compter que la conduite générale, les calculs conjoncturels et le projet politique du parti chiite pro-iranien sont dictés exclusivement par des considérations et des impératifs liés à la raison d’État du régime des mollahs à Téhéran. Comment serait-il possible en effet de mener, sérieusement, un dialogue à caractère institutionnel et constitutionnel avec un parti dont les préoccupations majeures sont transnationales et qui, de surcroît, n’accorde aucune importance aux conséquences de ses choix stratégiques sur la réalité libanaise, comme le démontre son implication dans la guerre syrienne ?
Cette question épineuse se pose également avec acuité pour ce qui a trait au deuxième point soulevé par le président Sleiman lors de son discours de mardi soir : sa volonté de relancer, sous peu, la conférence du dialogue national avec comme principal objectif, a bien souligné le chef de l’État, de poursuivre, certes, les discussions sur la stratégie de défense, mais, surtout, de réaffirmer l’engagement de toutes les parties à se conformer à la teneur de la déclaration de Baabda. Et c’est précisément à ce niveau que le bât blesse. L’agence al-Markaziya rapporte en effet qu’il y a près d’un mois, une délégation du 8 Mars a exprimé au président Sleiman de sérieuses réserves concernant la déclaration de Baabda, arguant du fait que certaines clauses de ce document « portent préjudice à la résistance (le Hezbollah) et imposent des limites au rôle et à la liberté d’action de la résistance ». La délégation avait alors souligné devant le chef de l’État que si le 8 Mars avait avalisé la déclaration de Baabda, c’était dans le but de « diminuer la tension et d’éviter les problèmes » !


Autant dire que d’entrée de jeu, le 8 Mars vide pratiquement de son contenu le dialogue que le président Sleiman désire relancer, d’autant que, dans le même temps, le Hezbollah ne cesse de réitérer que toute discussion au sujet de son arsenal est exclue, ce qui revient à rendre caduc le débat sur la stratégie de défense, et donc le processus de dialogue dans son ensemble. Or, pour le 14 Mars, l’essence, l’objectif fondamental et la finalité du dialogue portent bel et bien sur les armes du Hezbollah. Parallèlement, pour le 14 Mars, comme pour le président Sleiman aussi, la déclaration de Baabda est devenue un document de base définissant la politique de l’État, surtout qu’elle est perçue comme tel par la communauté internationale et elle bénéficie du soutien unanime des puissances régionales et internationales. Or, la ligne de conduite du Hezbollah, son implication tous azimuts dans les combats en Syrie au côté du régime de Bachar el-Assad et le peu de considération qu’il affiche au sujet des retombées libanaises de son attitude sapent au départ le processus et les fondements du dialogue prôné par le président de la République.


Il reste que les milieux du chef de l’État soulignent que les développements sécuritaires qui se précipitent sur la scène locale, du fait des retombées multiples de la guerre syrienne, confèrent un caractère impératif à la relance du dialogue national. Les événements de Abra – conséquences directes de l’exacerbation des tensions entre sunnites et chiites en raison du conflit syrien –, l’attentat de Bir el-Abed, l’explosion visant un convoi du Hezbollah sur la route de Masnaa, mardi, et, last but not least, l’assassinat d’un haut responsable politique syrien pro-Assad, hier, à Sarafand, sont la preuve la plus éclatante qu’il est devenu impératif de désamorcer sans plus tarder la bombe à retardement que constitue l’impact du soulèvement syrien sur le Liban.

 

 

Lire aussi

Des efforts supplémentaires pour replâtrer les relations entre le CPL et le Hezbollah, l'éclairage de Philippe Abi Akl

 

Gemayel : Nous serons un rempart face au blocage

 

Souhaid : Le Liban est à découvert, il faut former un cabinet au plus vite

 

 

 

 

 

 

 


Le discours que le président de la République Michel Sleiman a prononcé mardi soir au palais de Baabda à l’occasion de l’iftar traditionnel qu’il donne chaque année durant le mois de ramadan a permis dans une certaine mesure de secouer quelque peu la scène politique locale, frappée depuis plusieurs mois d’une dangereuse et inquiétante léthargie. Certes, le chef de l’État a profité de la présence aux agapes du palais présidentiel de tout l’éventail des forces politiques pour réaffirmer ses grandes positions de principe concernant, notamment, l’attachement à la déclaration de Baabda (portant sur la neutralité du Liban vis-à-vis des tensions régionales), en sus du soutien évident à l’armée et aux impératifs du dialogue national.
Sortant des sentiers battus, le président Sleiman a sans doute surpris...
commentaires (4)

Je pense que hollandouille vient au secours de l'etat en promettant la livraison d'armes plus sophistiquees a un gouvernement qui n'excluerai aucun parti en incluant explicitement le parti de la resistance. Si hollandouille commence a comprendre, ca devrait pas etre difficile aux autres pour accepter que les armes ne seront jamais remises sous peine de haute trahison a l'esprit de la glorieuse resistance , qui vole de succes en succes depuis Qousseir la liberee.

Jaber Kamel

16 h 57, le 18 juillet 2013

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • Je pense que hollandouille vient au secours de l'etat en promettant la livraison d'armes plus sophistiquees a un gouvernement qui n'excluerai aucun parti en incluant explicitement le parti de la resistance. Si hollandouille commence a comprendre, ca devrait pas etre difficile aux autres pour accepter que les armes ne seront jamais remises sous peine de haute trahison a l'esprit de la glorieuse resistance , qui vole de succes en succes depuis Qousseir la liberee.

    Jaber Kamel

    16 h 57, le 18 juillet 2013

  • L'Etat dans l'Etat, plus que jamais. Cette milice illégale, dite résistance (de m...), fait ce qu'elle veut, en toute impunité, tant qu'elle a carte blanche de la part de l'axe satanique Russie-Iran-Syrie et tant que les traîtres libanais se prosternent devant elle. Ces mercenaires plombent le pays depuis des décennies, ils n'en ont absolument rien à cirer du Liban puisqu'ils obéissent à ses ennemis.

    Robert Malek

    13 h 19, le 18 juillet 2013

  • Impensable même !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    11 h 07, le 18 juillet 2013

  • ROME BRÛLE ! ET TOUS LES NÉRONS MODERNES, LYRE À LA MAIN, CHACUN S'ATTACHE ET RÉPÈTE SA PROPRE CHANSON...

    SAKR LOUBNAN

    08 h 17, le 18 juillet 2013

Retour en haut