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À La Une - Syrie

Après l'assassinat d'un de ses chefs, l'ASL déclare la guerre à el-Qaëda

Dans certaines régions, les jihadistes ont aussi perdu l’appui populaire.

Des membres de l'Armée syrienne libre se préparent à une bataille contre les forces du régime de Bachar el-Assad, le 11 juillet 2013, à Deir ez-Zor. REUTERS/Khalil Ashawi

L'assassinat d'un chef de l'Armée syrienne libre (ASL) par des islamistes liés à el-Qaëda constitue une déclaration de guerre, a déclaré vendredi à Reuters un commandant de la principale organisation de l'opposition armée soutenue par les pays occidentaux et arabes.

 

Kamal Hamami, plus connu sous son nom de guerre d'Abou Bassel al-Ladkani, a été tué jeudi dans le grand port syrien de Lattaquié par des islamistes du groupe "Etat islamique en Irak et au Levant" (EIIL). Ce groupe et le Front al-Nosra sont les deux principales formations jihadistes en Syrie qui ont prêté allégeance au chef d’el-Qaëda. Il existe aussi une multitude de groupuscules jihadistes composés exclusivement de combattants étrangers.

 

"Nous allons les balayer", a réagi un commandant de l'ASL ayant requis l'anonymat cité par l'agence Reuters. "Nous n'allons pas les laisser s'en sortir comme cela, vu qu'ils veulent nous prendre pour cible."

D'après ce commandant, les militants liés à el-Qaëda ont affirmé qu'il n'y avait "pas de place" pour l'ASL dans la région où Kamal Hamami a été tué, dans le nord de la Syrie, près de la frontière avec la Turquie.

D'autres responsables de l'opposition ont précisé que Kamal Hamami, qui participait à une réunion avec des militants de l'EIIL lorsque ceux-ci l'ont tué, avait disputé aux islamistes la maîtrise d'un poste de contrôle à Lattaquié.

 

L'incident s'est produit lorsque des combattants de l'EIIL ont tenté de détruire un barrage de l'ASL dans la région de Jabal el-Turkmen, au nord de Lattaquié, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

"Des rebelles de l'ASL ont alors tiré en l'air et par la suite, un combattant de l'EIIL a abattu (Hamami) et blessé deux autres membres de son bataillon", indique l'OSDH qui se base sur un large réseau de militants et de sources médicales et militaires à travers la Syrie.

 

Au début de la révolte en Syrie, quand les insurgés cherchaient désespérément de l’aide, ils avaient accueilli les jihadistes à bras ouverts. L'ASL, reconnue par une partie de communauté internationale, reçoit des armes et de l'argent principalement des pays du Golfe tandis que les jihadistes vivent de dons de riches familles arabes. Dotés d'armes sophistiquées, aguerris au combat, ils ont acquis une influence qui dépasse leur nombre en remportant des victoires contre le régime. 

 

(Lire aussi : Ala’, jeune Syrienne : « J’ai vu des choses horribles »)

 

 

En avril dernier, Abou Bakr Al-Baghdadi avait proclamé une fusion entre l'Etat islamique d'Irak (ISI), qu'il dirigeait, et le Front Al-Nosra, afin de créer "l'Etat islamique en Irak et au Levant" (EIIL). Une fusion que le chef d'el-Qaëda, Ayman el- Zawahiri, avait invalidée le mois suivant, dans une lettre publiée par Al-Jazira sur son site Internet.

Cette initiative "a nui à tous les jihadistes", accusait Ayman Al-Zawahiri, avant de statuer que "l'Etat islamique en Irak et au Levant est invalidé" et que "le Front Al-Nosra au Levant est une branche indépendante d'el-Qaëda". Une décision rejetée par Al-Baghdadi

 

L'EIIL cherche depuis plusieurs mois à imposer son autorité sur les zones tenues par l'opposition dans le nord de la Syrie. Ses unités combattantes, prenant le dessus sur le Front al-Nosra, ont commencé à imposer dans les "zones libérées" les règles strictes de la loi musulmane. Des combattants rebelles accusés de corruption ont été exécutés, des partisans d'Assad décapités et les vidéos de ces "punitions" ont été largement diffusées sur Internet.

L'engouement du début a donc laissé progressivement la place au rejet en raison de la forme extrême de l'islam de ces jihadistes.

 

 

"Ils veulent le pouvoir, pas la démocratie"

L'OSDH fait ainsi état de heurts de plus en plus fréquents depuis plusieurs semaines entre l'ASL et l'EIIL. "Vendredi dernier, l'Etat islamique a tué un rebelle de l'ASL dans la province d'Idleb et l'a décapité", a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. Des dizaines d'autres rebelles ont également été tués dans une bataille contre les groupes affiliés à el-Qaëda, selon l'ONG. Les combats ont éclaté après que des rebelles ont protesté contre l’arrestation par les jihadistes d’un garçon de 12 ans accusé de blasphème.

 

Selon M. Abdel Rahmane, l'ASL est prête à une nouvelle confrontation avec ses rivaux jihadistes dans cette région frontalière de la Turquie par où ont transité nombre de jihadistes étrangers rejoignant la révolte, après que l’EIIL a demandé à tous les autres groupes de déposer les armes.

 

Les jihadistes en général suscitent également la colère d'une partie de la population rejetant le régime de Assad.

"Dehors ! L’État islamique en Irak et au Levant doit dégager", ont scandé des manifestants cette semaine à Manbij, dans le nord.

 

À Raqqa, seule capitale provinciale aux mains des rebelles, les deux groupes affiliés à el-Qaëda sont accusés de détenir des dizaines de prisonniers. "Ils prétendent être de vrais musulmans mais les membres d’al-Nosra détiennent mon père depuis un mois" sans jugement, pleurait une fillette lors d’une manifestation dont des images ont été mises en ligne par des militants antirégime. "Nous sommes musulmans. Vous êtes des imposteurs", criait une autre une manifestante dans une autre vidéo, demandant la libération des détenus.

 

 

 

Les contestataires de la ville dénoncent aussi la disparition d’un opposant de la première heure et militant des droits de l’homme, Abdallah al-Khalil. "Il s’apprêtait à organiser des élections générales à Raqqa, mais al-Nosra était contre. Il a disparu le lendemain", raconte un militant qui préfère rester anonyme par peur de représailles. "Bien que leurs méthodes ne soient pas les mêmes que celles du régime, ils sont tout aussi brutaux. À mesure qu’ils deviennent plus puissants militairement, ils restreignent les libertés. Ils veulent le pouvoir, pas la démocratie", maugrée-t-il.

 

Pour Nizar, un militant de Deir Ezzor (est), "le temps est compté pour tous ces groupes (jihadistes). Ils utilisent la violence et la religion pour nous contrôler, et même si beaucoup des gens craignent d'afficher leur désaccord, personne ne veut d'eux."

 

 

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Kamal Hamami, plus connu sous son nom de guerre d'Abou Bassel al-Ladkani, a été tué jeudi dans le grand port syrien de Lattaquié par des islamistes du groupe "Etat islamique en Irak et au Levant" (EIIL). Ce groupe et le Front al-Nosra sont les deux principales formations jihadistes en Syrie qui ont prêté allégeance au chef d’el-Qaëda. Il existe aussi une multitude de groupuscules jihadistes composés exclusivement de combattants étrangers.
 
"Nous allons les balayer", a réagi un commandant de l'ASL ayant requis l'anonymat cité par l'agence Reuters....
commentaires (4)

ENFIN LA SAINE RÉVOLUTIONNAIRE ASL SE RÉVEILLE..... !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

08 h 57, le 13 juillet 2013

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Commentaires (4)

  • ENFIN LA SAINE RÉVOLUTIONNAIRE ASL SE RÉVEILLE..... !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 57, le 13 juillet 2013

  • LES COMPLÈTEMENT ABRUTIS OCCIDENTAUX REVIENNENT DE NOUVEAU POUR ANNONCER QU'ILS VONT ARMER L'ASL. ILS TERGIVERSENT SUR CETTE DÉCISION DEPUIS DES MOIS... LAISSANT QOUSSEIR TOMBER... ATTENDANT QUE HOMS TOMBE... POUR ENVOYER LES ARMES ET POUSSER ET SE GARANTIR LA DIVISION DE LA SYRIE EN DEUX. UN ETAT ALAOUITE ET UN ETAT SUNNITE. EN IRAK IL SEMBLE QUE L'IDÉE GERME. N'OUBLIONS PAS QU'ISRAËL S'EST DÉCLARÉ ETAT JUIF ET LES COMPLÈTEMENT ABRUTIS Y ONT APPLAUDIT... LE COMPLOT EST EN MARCHE. IMPOSSIBLE D'ËTRE EXÉCUTÉ DIRECTEMENT, COMME PROGRAMMÉ, L'OURS BLANC SE MÊLANT FÉROCÉMENT... ON ADOPTE DES VOIES PARALLÈLES... LES ARABES... AUSSI ABRUTIS QUE LES AUTRES... DORMENT D'UN SOMMEIL PROFONDÉMENT LÉTHARGIQUE !

    SAKR LOUBNAN

    16 h 22, le 12 juillet 2013

  • la face hideuse de ces soi-disant libérateurs apparaît au grand jour...c'est la même qu'en Afghanistan,la même qu'au Pakistan,la même que dans certaines régions d'Irak et pourrait devenir la même qu'en Egypte,si les vélléités des islaistes ne sont pas écrasées dans l'oeuf...va-t-il encore se trouver des "grands penseurs" pour les défendre et expliquer le comment du pourquoi?et justifier l'abominable?sûrement..;comme il s'en est trouvé pour justifier l'ahurissante répression des premiers temps du soulèvement syrien...il n'empêche...quelle mouche a donc piqué Bachar el Assadau début de ces évènements?aujourd'hui,plus que jamais,on peut regretter amèrement que le chef syrien n'ait pas compris ce qui se passait..

    GEDEON Christian

    14 h 31, le 12 juillet 2013

  • Seuls quelques naïfs et quelques hypocrites diront ou prétendront qu'ils sont surpris par la tournure que prend l'affaire syrienne

    Henoud Wassim

    13 h 55, le 12 juillet 2013

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