Slogans et banderoles de solidarité avec cheikh Ahmad el-Assir, hier à Abra. Photo Ahmad Mantach
Au lendemain du discours virulent diffusé à travers les médias sociaux par cheikh Ahmad el-Assir et son appel à manifester aujourd’hui, ses partisans à Saïda ont répondu présent, non sans provoquer des incidents sérieux, en s’en prenant aux journalistes qui essayaient de couvrir la manifestation.
Avant que cheikh Mohammad Abou Zeid, chargé du prêche du vendredi à la mosquée Bilal ben Rabah, à Abra, n’ait pu achever la prière, les partisans d’el-Assir lui ont tourné le dos, en quittant les lieux pour se diriger en masse vers Saïda, dans un mouvement qui se voulait protestataire. Selon l’Agence nationale d’information, le nouveau prédicateur de la mosquée a évité de mentionner cheikh Assir dans son prêche, ce qui a provoqué le courroux des fidèles du religieux radical en fuite.
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Chemin faisant, les manifestants s’en sont pris aux journalistes qui se trouvaient sur les lieux, s’attaquant, sans raison apparente, aux véhicules et aux pare-brise non sans violenter les équipes sur place. Un moment de confusion et de brutalité, dont les médias ont payé, une fois de plus, le prix, a régné avant que l’armée n’intervienne pour calmer le jeu. En prévision d’éventuels débordements, les soldats avaient d’ailleurs pris des mesures de sécurité exceptionnelles sur les axes principaux de Saïda et les ruelles conduisant au rond-point Makssar el-Abed que devaient rejoindre les islamistes. Refoulés cette fois-ci par la troupe jusqu’à l’entrée de Abra, les journalistes ont fini par évacuer les lieux, sur demande pressante de l’armée, soucieuse de leur sécurité.
Brandissant des drapeaux islamistes, les manifestants, qui ont été rejoints par des éléments du parti al-Tahrir venus les retrouver de Tripoli, ont scandé tout le long de la marche des slogans de solidarité avec cheikh el-Assir, réclamant la libération de ses partisans arrêtés. À défaut, ils ont menacé les routes de Saïda vendredi prochain.
Un autre groupe de manifestants s’est dirigé vers le rond-point Karama, en plein Saïda, brandissant des portraits du cheikh salafiste recherché activement par les services sécuritaires.
Tripoli et Beyrouth
L’appel du cheikh el-Assir devait être également mais timidement entendu à Tripoli, où les ulémas se sont absentés de la scène, où seules quelques dizaines de personnes sont sorties protester dans la rue. Même spectacle donc qu’à Saïda, moins les violences, les manifestants s’étant rassemblés sur la place Abdel Hamid Karamé, dénonçant les incidents de Abra et entonnant des slogans à la gloire du cheikh el-Assir.
L’armée, qui s’était d’abord déployée sur les grands axes de la ville, et dans les environs de la place Abdel Hamid Karamé, a fini par se retirer pour se repositionner sur les toits des immeubles, avec notamment des francs-tireurs d’élite. Aucune manifestation armée n’a été signalée parmi les islamistes.
À Beyrouth, les partisans d’el-Assir se sont également donné le mot à Tarik Jdidé, où quelques dizaines de jeunes ont manifesté bruyamment leur soutien au cheikh salafiste.
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Par ailleurs, le groupe de concertation de Saïda a tenu une réunion au domicile de la députée Bahia Hariri, en présence de l’ancien chef de gouvernement, Fouad Siniora, et du mohafez du Liban-Sud, Nicolas Abou Daher. À l’issue des entretiens, les participants ont estimé que ce qui s’est passé dans la capitale du Sud, à savoir les affrontements entre l’armée et les partisans d’el-Assir, « ne peut être catalogué comme un incident propre à la ville. Il s’inscrit plutôt dans un climat de tension générale ».
Le communiqué, qui a été lu par Mme Hariri, insiste sur la nécessité de ne pas tomber dans le piège de la discorde et de ne pas exploiter politiquement ce qui s’est passé à Abra, tout en épargnant à la ville les divisions qui secouent le pays.
Les participants ont réitéré leur attachement à l’État libanais, à ses institutions militaires et sécuritaires, souhaitant le retour de la ville de Saïda à une vie normale et espérant que les efforts entrepris en vue de constater les dégâts soient accélérés et les indemnités payées, afin de permettre aux habitants de réintégrer leur domicile.
Mme Hariri a en outre assuré qu’« il n’y a aucune crainte d’une discorde sunnito-chiite à Saïda, car le problème n’est pas un problème sunnito-chiite (...) mais une tentative de saper l’autorité de l’État ».
Auparavant, en début de matinée, le mufti de Saïda, cheikh Sélim Soussan, avait annoncé que c’est cheikh Mohammad Abou Zeid qui allait réciter la prière à la mosquée Bilal ben Rabah. « Nous voulons réaffirmer que Saïda n’est pas une passerelle au service des milices armées parce que seuls ses habitants peuvent prendre les décisions les concernant et savent ce qui doit être fait. »
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Avant que cheikh Mohammad Abou Zeid, chargé du prêche du vendredi à la mosquée Bilal ben Rabah, à Abra, n’ait pu achever la prière, les partisans d’el-Assir lui ont tourné le dos, en quittant les lieux pour se diriger en masse vers Saïda, dans un mouvement qui se voulait protestataire. Selon l’Agence nationale d’information, le nouveau prédicateur de la mosquée a évité de mentionner cheikh Assir dans son prêche, ce qui a provoqué le courroux des fidèles du religieux radical en fuite.
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Cette rue a raison d'être timide mais elle devrait avoir honte de manifester, même timidement pour un criminel au message haineux et confessionnel. cet homme est à l'origine de massacre de 18 de nos très chers militaires... Cette rue devrait avoir un peu de respect pour notre pays mais surtout pour les familles de ces militaires!! Pauvre rue!
21 h 58, le 06 juillet 2013