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Économie - Liban - Innovation

Nouvelles technologies : Berytech lance trois nouvelles start-up

Le « Beirut Digital District » (BDD) a accueilli hier le lancement des trois derniers investissements du Berytech Digital Park : Cook and Eat, Cardio Diagnostics et Mistile.

De gauche à droite, MM. Kayyal, Chammas, Nahas, Sehnaoui, Dabbagh et Sankari. Photo Hassan Assal

« Avec ces trois nouveaux projets, ils sont 15 entrepreneurs au total à avoir pu bénéficier du premier fonds de 5 millions de dollars alloué par Berytech Digital Park pour développer des start-up spécialisées dans les nouvelles technologies », a affirmé le président-directeur général de Berytech, Maroun Chammas. La nouvelle a été annoncée hier dans les locaux du « Beirut Digital District » (BDD), en présence des ministres sortants des Télécoms et du Commerce et de l’Économie, Nicolas Sehnaoui et Nicolas Nahas. « En accueillant de jeunes entrepreneurs avec des idées innovatrices, nous ne sommes pas uniquement en train de les soutenir financièrement, nous nous impliquons dans leur projet en devenant actionnaires de leur entreprise et en partageant ainsi les risques et les bénéfices », a indiqué M. Chammas.
Hussam Kayyal fait partie des bénéficiaires de ce fonds. Il vient de lancer le site web interactif « Cook and Eat » qui regroupe des centaines de recettes libanaises et du Moyen-Orient. « L’idée m’est venue en observant ma fille de 16 ans cuisiner, explique-t-il. Elle ne se sépare jamais de sa tablette numérique qu’elle préfère aux anciens livres de cuisine de sa mère et de sa grand-mère. » Le principe est simple, il permet à toute personne aimant la cuisine de partager ses recettes avec des milliers d’internautes. « L’intérêt pour ces cuisiniers amateurs ou professionnels est de se faire connaître auprès du public, mais également d’accumuler des points qui leur permettent de gagner des prix, selon le nombre de recettes qu’ils postent », poursuit M. Kayyal. L’entrepreneur a investi 250 000 dollars en fonds propres et a bénéficié de 150 000 dollars de plus du fonds de Berytech. Le site est entièrement gratuit pour les utilisateurs et c’est grâce à la publicité et à l’application mobile que l’entrepreneur compte assurer ses revenus. « Selon le pays et l’opérateur, nous avons fixé le tarif entre 4 et 5 dollars par mois, indique M. Kayyal, et l’application est actuellement disponible en Arabie saoudite, à Bahreïn, au Koweït et bientôt aux Émirats arabes unis (EAU) », poursuit-il. Au Liban, elle devrait être disponible en octobre.
Fadi Dabbagh et Ziad Sankari sont les deux autres entrepreneurs soutenus par le fonds de Berytech. Le premier a créé un site d’achat en ligne de grandes marques de luxe internationales qui bradent leurs produits pour une durée limitée, et le second a mis au point un appareil de haute technologie permettant de détecter tous les problèmes cardiaques. « Nous sommes motivés, nous avons envie de rester au Liban, assurez-nous la paix et la sécurité et nous créerons des miracles », a martelé M. Sankari à l’adresse des responsables politiques.

La paix civile, mais aussi une bonne connexion Internet...
Suite aux présentations des trois entrepreneurs, le ministre de l’Économie s’est dit très ému. « Je me rends compte à quel point nous sommes en train de laisser passer notre chance. À quel point nous exportons nos jeunes talents, parce que nous ne savons pas gérer notre pays. » « Berytech a réussi, à une petite échelle, à casser cette dynamique vicieuse et notre objectif est de reproduire cette expérience, autant de fois possible », a poursuivi M. Nahas. « Nous avons la capacité de créer une valeur ajoutée dans ce domaine et les entrepreneurs libanais doivent pouvoir exporter leurs inventions dans le monde entier », a-t-il ajouté. Selon lui, le plus grand problème est le manque de coordination entre le système éducatif et le marché du travail. « 60 % de la main-d’œuvre locale n’a pas suivi d’études universitaires et par conséquent, il existe un fort potentiel humain à développer dans le secteur des nouvelles technologies », a opiné le ministre de l’Économie.
« Tous les ans, le ministère des Télécoms investit 200 millions de dollars en infrastructure pour développer le secteur, mais tant que certains partis continueront à exercer leur pouvoir au profit de leurs intérêts privés et aux dépens d’une bonne connexion Internet par exemple, tous les efforts sont voués à l’échec », a déploré M. Sehnaoui. « Il y a quelques mois je me suis rendu à la Silicon Valley et j’ai pu constater que des fonds se chiffrant à des milliards de dollars sont intéressés par des start-up libanaises », a-t-il indiqué. Le tout, selon lui, est de « réussir à dépasser les conflits politiques pour donner la chance qu’ils méritent à nos jeunes talents ».
« La dynamique créée par ce premier fonds a séduit le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, qui s’est associé à Berytech pour lancer le deuxième fonds début 2014 », a annoncé en conclusion M. Chammas.

 

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