Vous avez créé en 2006 Matisse Events, une agence d’événementiels qui figure aujourd’hui parmi les plus importantes au Liban. Quelles sont les ingrédients nécessaires pour percer dans le domaine et se différencier ?
Matisse Events est une agence boutique d’événements spécialisée dans la conceptualisation et la mise en place d’événements de tout genre : mariage, événement privé, corporate et grand public. Nous ne retenons que 15 à 18 événements par an pour être capables de consacrer un maximum de temps à la création de concepts propres à chaque événement et au suivi des moindres détails logistiques, techniques et opérationnels.
De par le service que nous offrons et le caractère de chaque membre de l’équipe, nous intéressons une niche de personnes assez spécifique de la nouvelle génération qui ont voyagé, vu, ressenti et envisagé les choses différemment, qui ont envie de se faire plaisir avant tout et qui désirent de l’authenticité dans les émotions, loin du bling-bling et des superflus.
Les ingrédients de Matisse Events pour percer dans le marché sont la créativité en cheval de bataille, une approche fine et personnalisée de l’événementiel et des relations solides avec nos clients et fournisseurs. Nous mettons également en avant une transparence totale, une approche intègre, jeune et fraîche et un engagement basé sur une confiance et notre avidité à faire vivre des émotions et des expériences nouvelles.
Depuis deux ans le pays vit une situation de crise économique et de tensions politiques à répétition. Dans quelle mesure le marché de l’événementiel a-t-il été affecté par la situation ?
Comme expliqué plus haut, nous opérons sur trois catégories d’événements : nous avons tout d’abord les mariages et événements privés sur lesquels nous n’avons eu aucune annulation mais malheureusement un plus petit nombre d’invités étant donné que les expatriés préfèrent éviter de se rendre au Liban. Nous avons également une migration des mariages de régions plus ou moins à accès difficile et risqué vers des zones plus sereines. Il est difficile de donner des chiffres exacts, de baisse ou d’augmentation de budget, tellement tout est relatif à chaque client. Celui qui veut se faire plaisir ne recule pas devant la situation précaire, et celui plus hésitant placera son budget sur les éléments les plus essentiels d’un événement, soit le menu offert à ses convives.
Les événements de société et de lancement de produits, eux, se serrent la ceinture et préfèrent attendre des jours meilleurs.
Et enfin, les événements publics qui nécessairement connaissent un ralentissement dû au fait que les sponsors et différents partenaires qui injectent des fonds pour que ces événements prennent vie serrent également la ceinture.
Quels sont les nouvelles tendances dans le domaine ? Comment une agence d’événementiel peut s’adapter à la crise ?
Matisse Events a été conçu depuis le départ pour répondre à la demande d’un nombre limité d’événements. Notre modèle financier reste à faible risque.
Malheureusement, la saison estivale est celle sur laquelle on mise le plus, l’hiver étant beaucoup moins important en nombre d’événements. Et comme chaque année, c’est l’été qui est visé. Cela dit, la gestion de la boîte reste très méticuleuse et son développement stratégique de diversification très fidèle à sa personnalité, surtout que nous avons appris la leçon de la façon la plus violente dès l’ouverture de la boîte l’été 2006, quelques jours avant la guerre. La leçon tirée : jouer à la fourmi en été, et l’hiver, recanaliser ses ressources humaines, les former, les motiver pour un été meilleur.
Comment le Liban se positionne-t-il par rapport à d’autres pays de la région dans le domaine de l’événementiel ? A-t-il de l’avenir ? Pourrait-il devenir une plate-forme régionale ?
Le Liban ne peut qu’être une plate-forme régionale pour l’événementiel. Nous avons les meilleurs fournisseurs, les professionnels les plus dévoués, une culture vaste, une fraîcheur et un professionnalisme exemplaire.
Matisse Events a été approchée à maintes reprises pour des partenariats et des montages financiers aux Émirats. J’y ai été partante pour limiter les risques et assurer une continuité à mon équipe étant donné que la saisonnalité des événements se complète entre nous et les Émirats. Et prenez-moi pour une sentimentale, mais c’est ici au Liban que cette industrie a de l’avenir.
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