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À La Une - Liban

Ils habitent à Saïda, ils témoignent

"Je voudrais partir d’ici, mais mon père et ma mère, avec qui je suis, sont malades".

Des civils fuient un quartier de Saïda où se déroulent des affrontements entre les miliciens du cheikh salafiste Ahmad el-Assir et l'armée libanaise, le 24 juin 2013. REUTERS/Ali Hashisho

Les affrontements se poursuivaient, lundi matin, pour la deuxième journée consécutive entre l'armée libanaise et des miliciens sunnites du cheikh salafiste Ahmad el-Assir à Saïda, au sud de Beyrouth, où l'armée dit avoir perdu douze soldats.

 

Entre l'armée et les miliciens, se trouvent des civils. Des civils coincés, des civils pris pour cible, comme le rapportait ce matin la Voix du Liban (93.3). Selon le directeur des opérations de la Croix-Rouge libanaise, Georges Kettaneh, plus de 50 civils ont été blessés dans les violents affrontements. "Ces blessés ont été transportés vers différents hôpitaux", a déclaré M. Kettaneh à la chaîne LBC, soulignant que la Croix-Rouge ne pouvait pas se rendre dans les quartiers où se déroulent les affrontements. Des civils qui tentaient de fuir la ville.

 

Voici quelques témoignages recueillis par Lorientlejour.com.


 

-Rahjeh, la quarantaine, vit avec ses parents à Saïda, dans le quartier de Amliyé, à cinq minutes en voiture de Abra, bastion du cheikh salafiste Ahmad el-Assir et théâtre des plus violents affrontements avec l’armée libanaise.

Depuis dimanche, elle entend les tirs et les bombardements. Depuis dimanche, elle n’est pas sortie de chez elle. "Je voudrais partir d’ici, mais mon père et ma mère, avec qui je suis, sont malades", explique-t-elle. Elle se veut toutefois optimiste, et pense que les combats vont cesser aujourd’hui à Abra. Elle craint en revanche que les violences ne contaminent le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué.

 

 

-Nohad habite dans le quartier de Bramieh, à la périphérie de la ville. Si son quartier n'est pas touché par les affrontements, elle entend le fracas des bombardements. Elle, ainsi que ses enfants et petits-enfants, ne sont pas sortis de chez eux depuis hier, mais elle ne compte pas fuir pour autant. "Pourquoi fuirions-nous ? C'est notre ville, c'est impossible que nous voulions fuir", dit-elle très sûre d'elle. "La situation va revenir à la normale à Saïda, poursuit-elle, mais à une condition, que ceux qui agressent notre ville la laissent tranquille!".

 

 

Des civils se mettent à l'abri, alors qu'ils tentent de fuir le théâtre des affrontements entre islamistes et soldats. REUTERS/Ali Hashisho  

 

 

 

-"La route qui mène chez moi passe devant le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Hélou, là où l'armée a été attaquée. Nous ne pouvons pas partir, et personne ne peut venir chez nous", explique Aïda, âgée d'une cinquantaine d'années. Elle n'a pas d’électricité depuis dimanche 14h et a passé la nuit à regarder, de sa maison qui surplombe la ville, les affrontements dans le quartier de Abra. "Nous ne pouvions pas dormir", explique-t-elle, ajoutant : "Que dieu aide l'armée".

 


-"Il y a beaucoup de snipers dans la rue dans laquelle je vis", explique Myriam, 25 ans, qui précise que beaucoup de partisans du cheikh Ahmad el-Assir vivent dans son quartier, au niveau du rond-point Mourjan. "Nous n'avons pas d'électricité, le réseau téléphonique est souvent coupé, je ne peux même pas sortir sur le balcon voir ce qui se passe dehors, c'est trop dangereux", explique la jeune femme qui vit avec sa famille.

"Ma famille et moi sommes comme emprisonnés", ajoute-t-elle, précisant que "ceux qui ont pu partir sont ceux qui ont fui dès que les problèmes ont commencé".

"Je ne sais pas où nous allons, poursuit-elle, c'est pire que pendant la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël. Nous avons très peur".

 

 

-Tarek, 30 ans, a peur pour sa famille, bloquée depuis dimanche dans le centre de Saïda. "Ma mère, ma sœur, ma femme et mon bébé d’un an sont coincés à la maison, alors que je suis à Beyrouth. Je ne veux pas qu’ils prennent le risque de sortir de la ville, j'ai peur des tirs des francs-tireurs, confie-t-il. La situation est très grave en ce moment, mais je préfère qu’ils restent à l’abri, à la maison, en attendant la fin des affrontements."

 

 

-Pour certains, le retour vers Beyrouth est quelque peu épique.

Julia, une Italienne d’une trentaine d’années, a passé le week-end à Tyr. Depuis dimanche soir, elle tente de rentrer à Beyrouth. "Nous avons essayé une première fois dimanche vers 20h, mais nous n’avons pu passer par le vieux port de Saïda. Nous avons réessayé ce matin à 8h, et de nouveau, nous avons été coincés au vieux port. Alors nous sommes de repartis vers Tyr, et là on nous a dit qu’on pouvait traverser Saïda. Alors nous sommes repartis vers Saïda, et nous avons traversé la ville par la corniche, où il n’y avait rien, sinon des militaires. Nous entendions les tirs au loin. Maintenant, nous sommes bloqués au niveau de Naamé (à quelques kilomètres au sud de Beyrouth). Apparemment, la route est coupée par des pneus incendiés", explique la jeune femme.

 

 


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