De la fête du 6 mai à la stèle de Florange, une année sous tension pour Hollande

Le « mariage pour tous », une promesse devenue une épine dans le pied

OLJ
13/05/2013
Ce qui était la promesse 31 de François Hollande est devenu une épine dans le pied du gouvernement : l’ouverture du mariage aux homosexuels, votée au Parlement, déchaîne depuis des mois les passions, dans un climat empoisonné par les manifestations de plus en plus radicales des opposants.
Présentée en novembre en Conseil des ministres, la première réforme sociétale de la présidence Hollande, voulue au nom de « l’égalité des droits », a passé le 23 avril l’épreuve du Parlement. La France est ainsi devenue le 9e pays européen et le 14e dans le monde à instaurer le mariage homosexuel, qui permet aux couples de même sexe de s’unir, et donc d’adopter. Le gouvernement espère désormais voir célébrées les premières unions en juin, même si le texte a été visé par un recours des parlementaires UMP devant le Conseil constitutionnel. Le dernier vote de l’Assemblée est intervenu après la décision de l’exécutif d’accélérer le processus parlementaire, à la grande fureur de la droite. Mais pour le gouvernement, après 136 heures de débats houleux au Parlement, il était temps de tourner la page. Au lendemain du vote, François Hollande a pris la parole depuis l’Élysée pour appeler à « l’apaisement » et au « rassemblement » du pays, tout en défendant cette réforme qui « élargit les droits des homosexuels sans rien enlever à personne ».
Un engagement de campagne vite devenu une épine dans le pied du gouvernement, jusqu’à occulter le reste de son action. Dès le début de l’examen du texte en février, avec près de 5 000 amendements déposés par l’opposition, les députés se sont en effet enfoncés dans une guerre de tranchées, dans laquelle la ministre de la Justice, Christiane Taubira, s’est illustrée par son éloquence et sa passion. La décision du gouvernement d’accélérer le calendrier parlementaire a aussi souligné sa fermeté, après la radicalisation des mouvements d’opposition au texte.
Comme le Pacs il y a 14 ans, le projet divise la société, la droite et les religions y étant farouchement opposées. Spécialistes de l’enfance et psychanalystes se renvoient aussi des arguments opposés. Plusieurs manifestations organisées par le collectif « La manif pour tous », animé par la très médiatique Frigide Barjot, ont massivement mobilisé dans les rues de Paris entre novembre et avril. Une nouvelle manifestation est prévue le 26 mai. Les opposants, débordés depuis peu par des éléments radicaux issus de l’extrême droite et du catholicisme intégriste, ne désarment pas, assurant qu’ils ne « lâcheront rien ». Les « anti », pour qui le projet « bouleverse totalement la société en niant la parenté et la filiation naturelles », ont récemment accentué la pression, multipliant les actions spectaculaires, qui ont entraîné une série d’interpellations.
Plusieurs actes homophobes et violents ont été condamnés par le gouvernement comme l’opposition, qui se sont toutefois renvoyé la responsabilité des dérapages. Faisant part de leur « exaspération », les opposants ont réclamé en vain pendant des mois la soumission du projet de loi à un référendum. Ils ont dénoncé « l’autisme » du chef de l’État, qui a toujours assuré qu’il ne renoncerait pas à cette promesse, même s’il a troublé les partisans en évoquant un temps une « liberté de conscience » des maires. Le président de l’UMP, Jean-François Copé, a promis que la loi serait en partie « réécrite », si la droite revenait au pouvoir en 2017. La question pourrait redevenir un enjeu dès les municipales de 2014.
Outre la question de l’adoption, l’un des principaux sujets de crispation est la procréation médicalement assistée (PMA). Le sujet a divisé au sein même du groupe PS à l’Assemblée et, après plusieurs revirements, François Hollande a finalement renvoyé le dossier au Comité national d’éthique qui devra rendre son avis à l’automne prochain. Insuffisant pour l’opposition. M. Hollande a aussi promis que la gestation pour autrui (GPA), la pratique des mères porteuses – une revendication d’associations de défense des droits des homosexuels – resterait « interdite en France tant » qu’il serait président de la République.

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