Enrico Letta, chargé de former le futur gouvernement, devra réconcilier l’ancien et le nouveau de la politique italienne. Andreas Solaro/AFP
Le chef du gouvernement sortant Mario Monti s’est « réjoui » de cette nomination, se disant certain que M. Letta « réussira à consolider la crédibilité de l’Italie au niveau international, de même que le rôle » de son pays dans la définition des « choix stratégiques de l’Union européenne ». À sa suite, le président Napolitano, réélu samedi à la demande générale des grands partis politiques, s’est dit « confiant » dans le fait que M. Letta parviendra à former un gouvernement qui obtiendra, enfin, la majorité absolue dans les deux Chambres du Parlement. À 46 ans, M. Letta figurera parmi les plus jeunes dirigeants de l’Union européenne. Âgé quant à lui de bientôt 88 ans, M. Napolitano a insisté sur le fait que M. Letta incarne une nouvelle génération, au moment même où les Italiens réclament un renouveau.
Le Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi a fait savoir, de même que les centristes de Mario Monti, qu’il soutiendrait le futur gouvernement. La Ligue du Nord, ex-alliée de Berlusconi, y sera hostile, tandis que le Mouvement 5 étoiles (M5S) a promis une « opposition constructive ». « C’est un bon compromis entre le nouveau et l’ancien », a commenté Clelia Giordani, une Italienne de 63 ans. « Il fallait sortir de l’impasse avec quelqu’un qui soit prêt à faire des compromis entre les générations. Il est plus jeune » que ses prédécesseurs, « qui ont ruiné l’Italie », a estimé un autre passant, Leonardo Ninni. Cravate bleue et fines lunettes, M. Letta, arrivé au volant de sa propre voiture – créant la stupéfaction à Rome –, devra rallier droite et gauche. Son parti s’y était farouchement opposé jusqu’ici, se refusant à un accord avec son ennemi juré, Silvio Berlusconi, et préférant rechercher un accord avec le mouvement de l’ex-comédien Beppe Grillo qui lui a claqué la porte au nez à plusieurs reprises. Enrico Letta est le neveu de Gianni Letta, l’homme de confiance de Silvio Berlusconi, ce qui pourrait mettre de l’huile dans les rouages. « Un gouvernement de grande coalition est une pilule amère pour le PD », a rappelé Stefano Folli, du quotidien économique Sole 24 ore. Mais le temps presse. « Un conflit permanent est un luxe que l’Italie ne peut pas se permettre », a analysé Massimo Franco, éditorialiste du Corriere della Sera, premier quotidien de la péninsule.
(Source : AFP)


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