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Moyen Orient et Monde - Crise

Enrico Letta chargé de former le futur gouvernement italien

Réputé modéré, le futur président du Conseil devra rallier gauche et droite.

Enrico Letta, chargé de former le futur gouvernement, devra réconcilier l’ancien et le nouveau de la politique italienne. Andreas Solaro/AFP

Le numéro deux du Parti démocrate (PD, gauche) Enrico Letta a été chargé hier de former un gouvernement pour mettre fin à la crise politique dans laquelle l’Italie est empêtrée depuis deux mois. « Cela fait 60 jours que le pays attend un gouvernement. C’est une situation, très difficile, fragile, inédite, qui ne peut pas durer », a déclaré M. Letta, 46 ans, à la sortie de son entretien avec le président Giorgio Napolitano qui lui a confié cette tâche. En vertu de la Constitution italienne, M. Letta doit maintenant procéder à des consultations avec les forces politiques – à partir d’aujourd’hui, a-t-il annoncé – avant d’être nommé officiellement chef d’un gouvernement qui pourrait être installé d’ici à la fin de la semaine. Il a d’ores et déjà appelé « toutes les forces politiques » à lui apporter leur soutien, énumérant les réformes qu’il compte faire en priorité : réduction du nombre des parlementaires, suppression des provinces, révision de la loi électorale, « à l’origine de la crise actuelle », a-t-il relevé, ajoutant que « la politique avait perdu toute sa crédibilité ». Le futur président du Conseil a également plaidé pour que l’Italie pèse de tout son poids « pour modifier le cap suivi par les politiques européennes ». « Les politiques d’austérité ne suffisent plus », a-t-il jugé. M. Letta a aussi promis de s’attaquer au chômage, qui touche 11,6 % de la population active et plus d’un tiers des jeunes, la troisième économie de la zone euro étant plongée dans la récession. Lundi, dans son discours d’investiture, M. Napolitano avait jugé « impardonnable » que le Parlement ne se soit pas attelé à ces réformes, dont l’absence a pour une bonne part alimenté l’hostilité viscérale aux partis traditionnels illustrée par le succès de l’ex-comique Beppe Grillo.
Le chef du gouvernement sortant Mario Monti s’est « réjoui » de cette nomination, se disant certain que M. Letta « réussira à consolider la crédibilité de l’Italie au niveau international, de même que le rôle » de son pays dans la définition des « choix stratégiques de l’Union européenne ». À sa suite, le président Napolitano, réélu samedi à la demande générale des grands partis politiques, s’est dit « confiant » dans le fait que M. Letta parviendra à former un gouvernement qui obtiendra, enfin, la majorité absolue dans les deux Chambres du Parlement. À 46 ans, M. Letta figurera parmi les plus jeunes dirigeants de l’Union européenne. Âgé quant à lui de bientôt 88 ans, M. Napolitano a insisté sur le fait que M. Letta incarne une nouvelle génération, au moment même où les Italiens réclament un renouveau.
Le Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi a fait savoir, de même que les centristes de Mario Monti, qu’il soutiendrait le futur gouvernement. La Ligue du Nord, ex-alliée de Berlusconi, y sera hostile, tandis que le Mouvement 5 étoiles (M5S) a promis une « opposition constructive ». « C’est un bon compromis entre le nouveau et l’ancien », a commenté Clelia Giordani, une Italienne de 63 ans. « Il fallait sortir de l’impasse avec quelqu’un qui soit prêt à faire des compromis entre les générations. Il est plus jeune » que ses prédécesseurs, « qui ont ruiné l’Italie », a estimé un autre passant, Leonardo Ninni. Cravate bleue et fines lunettes, M. Letta, arrivé au volant de sa propre voiture – créant la stupéfaction à Rome –, devra rallier droite et gauche. Son parti s’y était farouchement opposé jusqu’ici, se refusant à un accord avec son ennemi juré, Silvio Berlusconi, et préférant rechercher un accord avec le mouvement de l’ex-comédien Beppe Grillo qui lui a claqué la porte au nez à plusieurs reprises. Enrico Letta est le neveu de Gianni Letta, l’homme de confiance de Silvio Berlusconi, ce qui pourrait mettre de l’huile dans les rouages. « Un gouvernement de grande coalition est une pilule amère pour le PD », a rappelé Stefano Folli, du quotidien économique Sole 24 ore. Mais le temps presse. « Un conflit permanent est un luxe que l’Italie ne peut pas se permettre », a analysé Massimo Franco, éditorialiste du Corriere della Sera, premier quotidien de la péninsule.
(Source : AFP)
Le numéro deux du Parti démocrate (PD, gauche) Enrico Letta a été chargé hier de former un gouvernement pour mettre fin à la crise politique dans laquelle l’Italie est empêtrée depuis deux mois. « Cela fait 60 jours que le pays attend un gouvernement. C’est une situation, très difficile, fragile, inédite, qui ne peut pas durer », a déclaré M. Letta, 46 ans, à la sortie de son entretien avec le président Giorgio Napolitano qui lui a confié cette tâche. En vertu de la Constitution italienne, M. Letta doit maintenant procéder à des consultations avec les forces politiques – à partir d’aujourd’hui, a-t-il annoncé – avant d’être nommé officiellement chef d’un gouvernement qui pourrait être installé d’ici à la fin de la semaine. Il a d’ores et déjà appelé « toutes les forces politiques »...
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