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À La Une - Révolte

Syrie : Moscou et Le Caire pour un cessez-le-feu "le plus vite possible"

Brahimi invite le Conseil de sécurité à l'unité sur le dossier syrien mais ne donne aucune indication sur son avenir en tant que médiateur.

Le président russie Validimir Poutine (d) recevant son homologue égyptien Mohamed Morsi, le 19 avril 2013, à Sochi. AFP PHOTO/ RIA-NOVOSTI/ POOL / MIKHAIL KLIMENTYEV

La Russie et l'Egypte appellent les parties du conflit en Syrie à conclure un cessez-le-feu "le plus vite possible", a déclaré vendredi le président russe Vladimir Poutine à l'issue d'une rencontre avec son homologue égyptien Mohamed Morsi.

"La Russie et l'Egypte sont pour le lancement des négociations inter-syriennes", a déclaré M. Poutine, cité par les agences russes, à l'issue de cette rencontre à Sotchi, ville hôte des Jeux olympiques d'hiver-2014 sur les rives de la mer Noire. Les deux pays prônent également "une solution politique" à la crise syrienne "sans ingérence extérieure", a ajouté M. Poutine.

 

Seule grande puissance à encore entretenir des relations étroites avec Damas, à qui elle livre des armes, la Russie a jusqu'à présent bloqué, avec la Chine, tous les projets de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant le régime du président Bachar el-Assad en proie depuis mars 2011 à une révolte populaire devenue conflit armé. Selon l'ONU, plus de 70.000 personnes sont mortes dans le pays depuis le début des violences.

 

Parallèlement, le souverain jordanien Abdallah II se rendait vendredi aux Etats-Unis afin d'évoquer avec le président américain Barack Obama "les retombées de la crise syrienne" et le processus de paix entre Israël et les Palestiniens.

Cette visite intervient deux jours après que Washington a annoncé avoir renforcé son dispositif militaire en Jordanie pour entraîner l'armée jordanienne et intervenir le cas échéant pour sécuriser les stocks d'armes chimiques en Syrie, déchirée depuis deux ans par une guerre civile.

 


Brahimi dans le flou

De son côté, le médiateur international Lakhdar Brahimi a demandé une nouvelle fois vendredi au Conseil de sécurité d'agir dans l'unité pour faire cesser le conflit en Syrie.

 

Selon des diplomates, M. Brahimi a récapitulé devant les ambassadeurs des 15 pays du Conseil les derniers développements en Syrie, faisant le constat que le président syrien n'était "pas disposé au dialogue" pour le moment. Devant cette impasse, la seule possibilité d'action serait une unanimité du Conseil, a-t-il souligné.

 

Dans une récente interview à la chaîne officielle Al-Ikhbariya, M. Assad a affirmé que son régime n'avait "pas d'autres options que la victoire" et il a laissé entendre qu'il pourrait se représenter à la présidentielle à l'issue de son mandat en 2014. M. Brahimi a suggéré à ce propos que les pays ayant une influence sur Damas - une allusion implicite à la Russie - "lui demandent de ne pas le faire", a indiqué un diplomate.

 

(Analyse : Belliqueux jusqu’au bout, Assad teste la communauté internationale)

 

M. Brahimi, a ajouté le diplomate, n'a "rien dit de précis sur son avenir mais il n'a pas donné l'impression qu'il avait l'intention de démissionner dans l'immédiat". Un autre diplomate du Conseil, parlant avant la réunion, soulignait que M. Brahimi "restait utile car il symbolise la possibilité d'un réglement politique" du conflit. "Nous espérons qu'il restera à son poste et nous l'encouragerons à le faire".

 

Des rumeurs sur une démission du médiateur ont circulé depuis qu'il a fait l'objet de vives critiques de la part des médias officiels syriens et que la Ligue arabe a octroyé le siège de la Syrie à l'opposition. M. Brahimi est officiellement envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe.

Assassinat

Sur le terrain, un haut fonctionnaire syrien a été abattu dans le quartier chic et sécurisé de Mazzé dans l'ouest de la capitale, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Jeudi soir, quatre hommes armés ont fait irruption dans le restaurant Kanoune à Mazzé et ont tué par balles Ali Ballane, directeur des relations publiques au ministère des Affaires sociales et membre du Comité syrien de secours, indique l'OSDH qui s'appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales et militaires à travers le pays.

Mazzé est un quartier du centre-ouest de la capitale syrienne abritant de nombreuses ambassades, des bâtiments gouvernementaux et des sièges des services de renseignements.

L'agence officielle Sana a fait état de cet attentat affirmant que "les terroristes avaient ouvert le feu sur Ballane tandis qu'il se trouvait dans un restaurant du quartier".

 

(Lire aussi : Israël pourrait bloquer les armes destinées aux rebelles)


Dans la région de Damas, de violents affrontements opposaient armée et rebelles dans la ville de Daraya, fief des insurgés au sud-ouest de la capitale, bombardée dans le même temps par l'armée.

Selon l'OSDH, six combattants rebelles ont été tués dans la localité voisine de Mouadamiyat al-Cham.

L'armée repousse depuis plusieurs semaines à coups de bombardements les attaques des insurgés qui tentent de pénétrer au coeur de Damas, place forte du régime, à partir de poches insurgées dans les quartiers périphériques et les banlieues de la capitale.

 

Dans la province orientale de Deir Ezzor, de la fumée s'échappait de l'aéroport militaire après que les rebelles ont lancé plusieurs obus en sa direction et engagé des combats avec les forces du régime dans ce secteur, a précisé le groupe.

 

Ailleurs dans le pays, au moins neuf personnes, dont huit enfants, ont été tuées quand la camionnette qui les transportait dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, a été bombardée, a annoncé l'OSDH.

Et au moins six personnes ont été tuées dans un bombardement de l'armée sur le quartier d'As-Soukkari à Alep (nord). Quatre enfants, de trois, cinq, huit et dix ans, figurent parmi ces morts, a précisé l'ONG.

 

Au moins 33 personnes ont été tuées dans les violences vendredi selon un bilan provisoire de l'OSDH.

Jeudi, 149 personnes avaient péri à travers la Syrie, dont 53 rebelles, 60 civils et 36 soldats, a indiqué l'OSDH.

 

 

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"La Russie et l'Egypte sont pour le lancement des négociations inter-syriennes", a déclaré M. Poutine, cité par les agences russes, à l'issue de cette rencontre à Sotchi, ville hôte des Jeux olympiques d'hiver-2014 sur les rives de la mer Noire. Les deux pays prônent également "une solution politique" à la crise syrienne "sans ingérence extérieure", a ajouté M. Poutine.
 
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