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Économie - Liban - Conjoncture

Crise : le Liban résiste mieux que ses voisins importateurs de pétrole

Malgré un déficit budgétaire qui s’élargit, une confiance des consommateurs en berne dans un climat politique tendu, le Liban s’en sort mieux que ses voisins. Il est le seul pays à ne pas avoir sollicité l’aide du FMI depuis plus de deux ans. Mais jusqu’à quand ?

Parmi les pays importateurs de pétrole de la région, le Liban est celui qui s’en sort le mieux, a indiqué la banque britannique HSBC dans son dernier rapport sur les économies du Moyen-Orient. En effet, dans un climat d’instabilité politique et sécuritaire, couplé à une situation budgétaire qui se dégrade et une confiance du consommateur en berne, le pays du Cèdre a relativement pu résister aux difficultés, estime HSBC.


Par ailleurs, le Liban, contrairement aux autres économies importatrices de pétrole incluses dans l’étude (Jordanie, Égypte, Maroc et Tunisie), a dû gérer l’afflux de plus d’un million de réfugiés syriens sur son territoire dans un climat interne déjà fragile et divisé sur la question. Selon la banque britannique, si le Liban a relativement réussi à faire face aux difficultés économiques et politiques grandissantes, cela s’explique essentiellement par la qualité de ses ressources structurelles. En effet, le pays bénéficie d’une situation bancaire et monétaire stable, un taux de liquidités important et une augmentation annuelle quasi soutenue des dépôts. « Les réserves incluant l’or ont augmenté pour avoisiner les 46 milliards de dollars, soit pratiquement le double de la dette externe libanaise, précise HSBC. Les réserves en or sont soutenues par d’importants transferts d’émigrés de la diaspora et de larges dépôts bancaires. »
La croissance continue des dépôts bancaires des non-résidents et la volonté du système bancaire de financer la dette du gouvernement suggèrent également que le financement du déficit budgétaire ne devrait pas s’avérer difficile, selon HSBC.


Le Liban est ainsi le seul pays à avoir enregistré une augmentation de ses réserves en devises depuis le début du printemps arabe et la seule économie parmi celles incluses dans l’étude d’HSBC à ne pas avoir sollicité l’aide du FMI ces deux dernières années. Mais la question se pose de savoir jusqu’à quand.

Ghobril : La discipline du FMI
Pour Nassib Ghobril, économiste en chef à la Byblos Bank, si le Liban ne s’en sort effectivement pas trop mal en comparaison avec d’autres pays de la région, cela ne veut pas dire qu’il n’ait pas besoin de réformes. « Si le Liban n’a pas besoin du financement du FMI, il a urgemment besoin de sa discipline, insiste l’expert. Il faut que le gouvernement demande officiellement un programme de réformes », poursuit-il.


Diminution des dépenses budgétaires, partenariats public/privé, amélioration du climat des affaires et de la compétitivité... un grand chantier reste à accomplir. « Mais pour cela, il faut une volonté politique », martèle M. Ghobril. Car le Liban n’est pas en besoin de financement, « le secteur bancaire libanais qui finance le gouvernement devrait imposer aux institutions étatiques les normes dictées par les organismes internationaux tels que le FMI », ajoute l’économiste. Il convient de préciser que le secteur bancaire représente quatre fois la taille de l’économie libanaise.
Cependant, il semble que le Liban a entamé une nouvelle année à faible croissance économique et que les finances publiques ont également commencé à se détériorer, poursuit HSBC, le budget enregistrant un déficit global équivalant à plus de 9 % du PIB en 2012. Le rapport de la banque britannique déplore en outre que les dépenses publiques augmentent alors que le Liban connaît son premier déficit primaire depuis plus de dix ans.

 

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Par ailleurs, le Liban, contrairement aux autres économies importatrices de pétrole incluses dans l’étude (Jordanie, Égypte, Maroc et Tunisie), a dû gérer l’afflux de plus d’un million de réfugiés syriens sur son territoire dans un climat interne déjà fragile et divisé sur la question. Selon la banque britannique, si le Liban a relativement réussi à faire face aux difficultés...
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