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Philippe Salem, le révolté, le savant et l’humaniste

Vient de paraître Une biographie*, non sans rappeler « Peste et choléra » de Patrick Deville (prix Femina 2012) de par son aspect d’évocation d’aventure humaine, ressuscite le parcours de Philippe Salem. Un cancérologue d’origine libanaise, un penseur et un homme de lettres qui a étonné le monde. Sous la plume de Maha Samara, histoire d’un révolté, d’un savant, d’un humaniste.
21/03/2013

Un livre dense, mais écrit avec cœur et simplicité, malgré la difficulté et les revers de la guerre libanaise, d’un parcours hors norme. De courage et de quête, à tout prix, pour sauver la vie, en toute dignité. En devanture des librairies, en langue arabe Philippe Salem, ath-thaër wal 3alem, wal insani, de la journaliste Maha Samara (300 pages – éditions Dar al-Nahar-as-Saqi).


Une biographie retraçant en toute fidélité les multiples facettes de la personnalité d’un médecin pas comme les autres. Qui, non seulement fut fidèlement farouche au respect de son serment d’Hippocrate et à la confidentialité de sa profession, mais qui, également, en toute tranquille et laborieuse témérité, s’est attaqué au mur de la peur. Celui de la maladie. La plus terrifiante, la plus douloureuse, la moins connue, celle qui malmène les êtres et les abats. Bien entendu, on parle du cancer...


Originaire de Bterram au Koura (bonjour Charles Malek), Philippe Salem a vécu le drame de la maladie dans sa famille et a juré de triompher de cette incurable adversité. Ses parents étaient d’excellents conseils pour le guider et l’encourager. On passe outre la période des études forcément brillantes pour cette intelligence vive et ce «stakhanoviste» des études sans relâche.


Avec les tristes et poignants épisodes d’une guerre qui en a fait basculer des vies et des carrières. Et tout prend une ampleur titanesque avec cet oncologue méticuleux et observateur, et qui n’en aime pas moins la poésie, la littérature (Gibran en tête de liste de ses auteurs favoris), l’enseignement, la recherche, les voyages, l’aventure au sens d’une grande famille humaine soudée et heureuse...


De son cabinet de consultation à Houston au Texas où il s’est installé, le rayonnement de son savoir et l’esprit pointu de ses recherches ont touché même les grands de ce monde, gouvernants ou nantis des hautes sphères. Chercheur infatigable, il groupe autour de lui la crème du corps médical et s’engage, sans répit, dans cette bataille du cancer...
Son approche, son diagnostic, sa prophylaxie et sa thérapie, pour ces tumeurs et ces excroissances incontrôlables, ont toutes les allures de méthodes nouvelles, doublées d’une exploration sans frontières.
Il côtoie les grands cerveaux dans ce domaine, et ce n’est pas sans raison qu’on parle actuellement de construire un bâtiment hospitalier au nom de Philippe Salem aux États-Unis, tout comme celui dédié à Denton Cooley qui a implanté le premier cœur artificiel au Texas...


Ce n’est guère par hasard si en, 2006, l’Italie l’a sacré Savant de l’année. Car ses prix, nombreux (Ellis Island, la médaille de la Liberté du Sénat républicain, Vingt Ans d’excellence de l’Hôpital Saint Luc), ont fait de ses services (toujours prompts à venir en aide aux pauvres et aux nécessiteux) et ses prestations médicales une référence qui a franchi toutes les frontières du monde.


Mais son cœur et son appartenance sont restés profondément libanais et arabe. Et nul n’a jamais pu plier ou détourner ce choix inflexiblement nationaliste.
Pour son pays natal, son Liban qu’il a toujours au cœur et qu’il place bien haut (l’Université américaine et son ensemble hospitalier de Beyrouth témoignent de sa fervente activité, toujours dotée de l’aide et du concours d’une multitude de médecins locaux), il avait cette formule: «Je crois que c’est un message, une mission, bien plus qu’une
simple patrie.»


Pour ce livre fourmillant de vie et pour la vie, pour cette narration dédiée à la lumière plus qu’à l’ombre, pour ce cancérologue qui prône la politique de l’espoir, voilà des pages édifiantes pour un parcours humain qui ne craint ni la fatigue ni la déroute.
Chaque jour, depuis presque un demi-siècle de port de la blouse blanche et du stéthoscope, c’est le même combat, la même tourmente, la même sérénité, la même victoire ou la même défaite...
Pour la vie, contre la mort et la maladie, Philippe Salem, homme de science en quête de lumière, n’a jamais baissé les bras et, éternel révolté, ne se contente jamais de la résignation. Il compte toujours sur la grâce de Dieu, et sur l’effort et le courage des hommes. Pour triompher de tout mal qui ronge et trouver une issue de sortie et de secours. Une belle leçon, un exemple de vie.

En vente dans les librairies, « Philippe Salem, ath-thaër wal 3alem wal insani » de Maha Samara – Dar al-Nahar-as-Saqi – 300 pages.

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