Ainsi, des gendarmes et militaires français sont arrivés mardi au Cameroun pour aider à l’enquête, « en accord et en étroite coordination avec la police camerounaise », selon le ministère français de la Défense. Les sept Français, une famille avec quatre enfants âgés de 5 à 12 ans accompagnée d’un oncle, ont été enlevés mardi dans le nord du Cameroun, où ils faisaient une excursion en 4x4 dans le parc naturel de Waza. Selon les autorités, les ravisseurs les ont emmenés ensuite au Nigeria, dont la frontière est toute proche. Dans cette région, les frontières sont poreuses entre le Cameroun, le Nigeria, le Tchad et le Niger.
Par ailleurs, le gouvernement français a clairement démenti les informations faisant état de leur libération, annoncée par une source militaire camerounaise. L’enlèvement de la famille Moulin-Fournier, dont le père, Tanguy, est cadre pour GDF-Suez à Yaoundé depuis un peu plus d’un an, n’a pas été revendiqué, mais le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a mis en cause mercredi le groupe islamiste Boko Haram, très actif dans le nord-est du Nigeria et auteur de nombreux attentats meurtriers dans ce pays. Ce groupe affirme combattre pour la création d’un État islamique au Nigeria, mais ses revendications ont déjà changé plusieurs fois et des bandes criminelles agissent aussi en se faisant passer pour des membres du groupe radical. Il s’agit du premier enlèvement de Français depuis le début de la guerre lancée par la France le 11 janvier au Mali pour déloger des groupes islamistes armés qui occupaient le nord du pays sahélien. L’un d’eux, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), a depuis menacé Paris de représailles. Au total, quinze Français sont actuellement détenus en otages en Afrique. Longtemps, les Américains ont été la cible préférée des preneurs d’otages, notamment au Proche-Orient, en Afghanistan et au Pakistan. Avec neuf otages, les États-Unis cèdent désormais à la France le titre de pays occidental le plus visé par les enlèvements dans le monde.
Enfin, un autre groupe islamiste nigérian, qui pourrait être une faction de Boko Haram, Ansaru, a pour sa part revendiqué l’enlèvement d’un ingénieur français dans le nord-ouest du Nigeria en décembre et celui de sept étrangers le week-end dernier dans l’État de Bauchi (Nord). Les enlèvements contre rançon par des bandes criminelles sont d’ailleurs fréquents au Nigeria.
(Source : AFP)


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06 h 37, le 24 février 2013