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À La Une - Quatre Questions À...Fouad Zmokhol, Président Du Rassemblement Des Chefs D’Entreprise Libanais

« Il faut que le secteur privé tire profit des crises régionales »

Quels sont les défis du secteur privé en 2013 ?
L’année 2012 a été une année très difficile, surtout pour les PME. 2013 semble porter avec elle les obstacles et difficultés de l’année précédente, notamment à cause de l’intensification de la crise syrienne. Les débats autour des élections et le réchauffement de la rue enfoncent l’économie et le tissu social un peu plus. Les grandes firmes investissent peu et tentent tant bien que mal de baisser leurs coûts, notamment salariaux. Si les PME sont celles qui sont les plus vulnérables face aux crises conjoncturelles, ce sont aussi celles qui rebondissent le mieux et ont la capacité de s’adapter aux changements plus rapidement. L’objectif du secteur privé est de survivre et de faire preuve de résilience... Nous assistons aujourd’hui à de grands changements régionaux, le secteur privé libanais doit tirer profit des ces bouleversements en trouvant les opportunités adéquates.

Où en est le débat autour du partenariat privé-public ?
Tous les pays du monde ont dû faire face à un moment ou un autre à une situation de guerre. Une fois la guerre finie, la priorité des États a été de reconstruire une infrastructure solide, capable de soutenir une relance économique. Au Liban, 25 ans après la fin de la guerre civile, nous n’avons toujours pas d’infrastructures (routes, télécoms, électricité, eau, etc.). Depuis la fin du conflit, l’économie a connu deux vitesses : tandis que l’immobilier et certains domaines du secteur privé montaient en flèche, l’infrastructure qui aurait dû servir à soutenir les efforts de reconstruction était absente. Il y a trois moyens de financer une infrastructure solide : soit par les taxes, étape impossible aujourd’hui, soit à travers les fonds arabes qui ne sont plus autant investis sur le plan libanais, et enfin grâce à un partenariat privé-public (PPP). Le secteur privé a les capacités financières et le savoir-faire, ainsi que la volonté de coopérer avec les institutions publiques pour construire des infrastructures résilientes... Lors du dernier entretien des instances économiques avec le comité ministériel concerné, on nous a promis que la loi sur le PPP figurerait à l’ordre du jour du prochain Conseil des ministres pour être par la suite approuvée par le Parlement. La loi sur le PPP est bénéfique dans le sens où au-delà des réalisations concrètes qu’elle permettra, elle protégera aussi bien les biens de l’État que le secteur privé.

Qu’en est-il des discussions autour de l’échelle des salaires ? Le secteur privé maintient-il la même position qu’il avait en 2012 ?
Le débat autour de l’échelle des salaires en est encore au point de départ. Le financement de milliers de milliards de livres libanaises est un financement extrêmement lourd à porter. Ce sont des coûts énormes dont on ne connaît pas la valeur exacte. Les discussions se poursuivent entre le comité de coordination syndicale, le gouvernement et les instances économiques. Notre avis, c’est qu’il faut subdiviser l’échelle des salaires. Certains secteurs de la fonction publique souffrent plus que d’autres. Tous les fonctionnaires ne sont pas touchés de la même manière. Par exemple, les enseignants ne sont pas touchés de la même manière que l’armée. Nous comprenons les demandes de la fonction publique au vu de l’inflation qui touche toutes les catégories sociales. Il est essentiel que nous puissions, avec les autres acteurs concernés, aboutir à un débat constructif.

Quels sont les demandes/souhaits que vous voulez adresser au gouvernement ?
Nous sommes actuellement en train de vivre les derniers moments du gouvernement en place, puisque, selon la Constitution, l’échéance doit arriver dans quelques mois. On espère des changements très rapides puisque l’économie est dans le rouge depuis un moment. Le secteur privé a besoin d’initiatives concrètes comme les 1,2 milliard de dollars que la Banque du Liban a injectés dans l’économie sous forme de prêts. L’État pourrait aider à créer des fonds de soutien aux PME. Des fonds de roulement, pas des fonds d’investissement... On espère aussi des mesures de soutien aux entreprises en termes de baisse des impôts, surtout que le taux de chômage est à la hausse. Pour terminer son mandat sur un ou deux succès, l’État doit réagir vite.

 

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