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Felix Baumgartner accepte « le côté sombre » de ses désirs

Publicité L'aventurier autrichien détenteur du record du monde de saut en parachute, invité d'honneur du Mena Cristal Festival, à Beyrouth.
08/02/2013

Il était attendu par tous depuis plusieurs semaines à Beyrouth. Qui d’autre que celui par qui le buzz médiatique le plus percutant de cette décennie est arrivé en 2012 pour être l’invité d’honneur du Mena Cristal Festival ; une incarnation quasi parfaite du pouvoir planétaire des réseaux de communication. Felix Baumgartner est entré dans l’histoire le 14 octobre dernier, mais aussi dans l’espace. Au-delà de l’exploit qui aurait pu lui coûter la vie, c’est son extrême lucidité, son mental à toute épreuve et son humanité qui forcent l’admiration, même celle des plus blasés.

 

 

« J’ai eu des moments de solitude, mais sur le coup je n’ai pas voulu le dire à mon équipe », avoue Felix Baumgartner lorsqu’il revient sur les mois de préparation qui ont précédé son saut de l’ange en octobre dernier. « Mais lorsque la capsule s’est ouverte, je n’ai pas hésité une seconde », ajoute-il en précisant que dans ce genre de situation on n’a pas le temps d’avoir peur. Ce jour-là des dizaines de millions de spectateurs, les yeux rivés sur leurs écrans, ont retenu leur souffle : l’Autrichien de 43 ans, Felix Baumgartner, s’élançait dans les airs, d’une hauteur de 39 045 mètres d’altitude pendant 4 minutes 19 secondes pour tenter de battre un record vieux de 52 ans.

 

 

Après une ascension vertigineuse de plus de deux heures, dans une combinaison sous pression qui rendait difficile ses moindres mouvements, insiste-il, il a sauté dans le ciel du Nouveau-Mexique, devenant à l’occasion le premier homme à franchir le mur du son en chute libre avec une pointe à 1 341 km/h soit 1,24 fois la vitesse du son. L’ascension a été pénible, explique le recordman qui n’avait à l’oreille que la voix de son mentor le colonel retraité Joe Kittinger (84 ans), détenteur du record en 1960 que l’Autrichien tentait de battre. Il convient de noter que 6 hommes avaient, depuis Kittinger, tenté l’exploit et avaient tous eu rendez-vous avec la mort.

 


« Je ne suis pas un intrépide », souligne-t-il pourtant. Celui qu’on nomme « Crazy Felix » ou Felix l’intrépide tient pourtant à expliquer que ses sauts extrêmes sont surtout le produit d’une préparation ultrarigoureuse et du travail d’une équipe de plusieurs dizaines de personnes. Soutenu par son sponsor RedBull, son entraînement aura duré cinq ans lors desquels il a essuyé plusieurs tentatives d’échec notamment à cause d’une météo peu clémente.


Fils de menuisier qui lui a souvent répété que le sport ne rapportait pas gros, Felix Baumgartner va devoir attendre l’âge légal en Autriche pour sauter en parachute la première fois. Il rejoindra à 18 ans les rangs de l’armée pour perfectionner ses sauts en parachute.


Mais si ce téméraire qui jongle entre la vie et la mort est fan de sensations extrêmes, il reconnaît pourtant qu’il faut accepter le côté « sombre » de ses désirs. Il raconte ainsi qu’un communiqué de presse relatant sa mort avait été préparé au préalable des fois que ce fameux 14 octobre, il n’y échappait pas, le destin, la météo, l’équipement ou les forces divines en ayant décidé autrement.

 

Le jour de son saut qui lui a permis de donner à des millions de personnes l’envie d’y croire, sa maman le serre dans ses bras en lui disant : « Si je ne te revois pas, je t’aurais pris dans mes bras une dernière fois... ». Mais le parachute s’ouvre, et malgré une difficulté à contrôler la force du vent qui le fait tourbillonner plus intensément que prévu, Felix Baumgartner atterrit sain et sauf. « J’ai touché le cœur de plusieurs personnes et ma plus grande victoire, c’est les lettres que je reçois des enfants en combinaison de parachutiste du monde entier. »

 

Des angoisses ? Il en a, évidemment. « Tomber malade, prendre de l’âge... et signer des autographes », ajoute-t-il en rigolant. Que réserve-t-il pour le futur ? « Maintenant que j’ai réalisé mes rêves, je veux me consacrer au sauvetage en montagne », explique ce pilote d’hélicoptère (autre passion qu’il affectionne). Estampillé d’un tatouage « born to fly », né pour voler, sur son avant-bras, Felix Baumgartner n’a pas fini de tutoyer les cieux. « Si vous avez un rêve, poursuivez-le sans jamais écouter les personnes qui essaient de vous en dissuader. »

 

Énorme leçon de vie pour quelqu’un qui déjoue la mort... de haut.

 

 

Pour mémoire

Le supersonique Felix prend sa retraite de casse-cou

 

Le saut stratosphérique de Baumgartner revisité en version Lego

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