La chanteuse Joumana Medawar et le pianiste Marc Abou Naoum pendant le concert.
Le récital donné à l’hôtel de ville de Paris à l’invitation de Mgr Charbel Maalouf et la paroisse Saint-Julien-le-Pauvre, en était un très bel exemple. D’une voix vibrante, chaleureuse et pure, transmettant par son interprétation l’expression d’une foi habitée et sincère et d’un amour profond pour son pays, Joumana Medawar, accompagnée par le pianiste Marc Abou Naoum, a, pendant près d’une heure et demie, enchanté un public ému aux larmes et subjugué par tant de beauté et de simplicité.
Les œuvres étaient toutes signées par le compositeur Joseph Khalifé, d’ailleurs présent dans la salle. Cet éminent musicien dont Magida el-Roumi dit qu’il est «pur comme la neige du mont Sannine», outre ses nombreuses compositions religieuses, compte aussi à son répertoire, un beau florilège de musiques de scène.
En parfaite osmose avec son pianiste, Joumana Medawar enchaîne les pièces qui, bien que traitant toutes du même thème, l’amour de la terre associé à la foi, présentent une grande variété quant à la forme musicale et à la beauté des textes, certains du compositeur lui-même ou d’auteurs tels que Henri Zogheib ou Souheil Matar. De facture tantôt classique, ou carrément jazzy, les chants oscillent entre douces ballades apaisantes et appels véhéments et exaltés à l’union, toujours sous-tendus par le thème de l’amour de la terre qui s’ancre dans la solidité de la foi.
Spécialisée dans le répertoire liturgique, Joumana Medawar se produit régulièrement au Liban et dans les pays du Moyen-Orient. Son interprétation sincère et sa foi profonde font d’elle un porte-parole privilégié du patrimoine musical libanais sacré, dont les accents vibrants ont retenti avec force sous les lambris de l’hôtel de ville de Paris. Musicalement très accomplie, cette prestation a allié qualité artistique et ferveur religieuse, confirmant la phrase de saint Augustin «chanter c’est prier deux fois».
Encore une fois, on ne peut que constater et se réjouir de l’universalité des talents libanais qui, à travers leur diversité, leur créativité et leur spécificité, constituent de plus en plus un véritable courant artistique et culturel.
Zeina SALEH KAYALI

