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Politique - À Nos Lecteurs

« Antoun Sehnaoui, une ombre sur le Liban » : au-delà des nombreux « pour » et des quelques « contre »...

Les commentaires sur la série d’articles parue dernièrement montrent avant tout la soif de beaucoup de nos lecteurs pour une transparence de la vie publique au Liban.

« Antoun Sehnaoui, une ombre sur le Liban » : au-delà des nombreux « pour » et des quelques « contre »...

Le banquier libanais Antoun Sehnaoui. Illustration L’Orient-Le Jour/Moussa Maalouf

L’enquête en cinq épisodes publiée dernièrement par L’Orient-Le Jour à propos de l’homme d’affaires et banquier Antoun Sehnaoui aura fait couler beaucoup d’encre. La raison est d’abord liée à la somme d’informations rassemblées par Caroline Hayek et Cyrille Nême et à la fluidité de leurs textes. Mais aussi et surtout à l’objet de cette entreprise : donner à voir et à comprendre le parcours et le profil d’un personnage public, dont le nom est étroitement mêlé à des situations et des crises qui ont eu et ont toujours un impact certain sur le Liban et les Libanais.

Tout au long de cette enquête, à aucun moment nos auteurs se sont départis de leur rôle de journalistes et ont revêtu les habits du juge. De la première phrase du papier d’ouverture jusqu’à la dernière du cinquième épisode, on ne trouvera que des faits avérés – les coups de feu à la « Maison blanche », certains abus du groupuscule des « Soldats du Seigneur », les virements massifs d’argent à l’étranger au lendemain du 17-Octobre (2019), etc. – ou alors des faisceaux d’indices pointant une proximité de notre personnage principal avec les événements en question.

Mais laissons les lecteurs eux-mêmes s’exprimer. Ceux et celles qui ont cru pouvoir tirer des conclusions hâtives, prononçant d’ores et déjà des verdicts sans appel à l’encontre d’Antoun Sehnaoui ou de quiconque cité dans l’enquête, ont été en quelque sorte « interdits d’antenne ». Leurs commentaires ont été bannis du site de L’Orient-Le Jour. Les autres, pour ou contre, satisfaits ou pas, ont pu s’exprimer, et leurs observations sont assez souvent loin d’être sans intérêt. En voici quelques exemples, sachant que les « pour » sont bien plus nombreux que les « contre » :

Dominique Eddé, l’écrivaine habituée de nos colonnes, salue une « excellente et courageuse enquête ». Un lecteur (ou une lectrice) signant « Jijii » évoque, lui, un « article éclairant » au sujet du premier épisode. Deux autres commentateurs, Ghida Baz et « Liban d’hier », y voient, au contraire, du « Paris Match », en pensant probablement à un autre titre célèbre, mais moins coté, de la presse people française. Dina Haïdar parle d’une « courageuse et très intéressante enquête », alors que Sissi Zayat met l’accent sur le fait qu’il s’agit d’un « premier pas de L’OLJ ». Ibrahim Bitar salue un « excellent travail de journalisme d’investigation ». Tel n’est pas le point de vue d’Antoine Ferjane, qui regrette qu’on s’en prenne à une famille « unie, aimante et généreuse » et déplore un « article sournois », toujours à propos du premier épisode.

Résolument contre, « Le Francophone » dénonce le voyeurisme de notre enquête et « PH » regrette que L’Orient-Le Jour ne mène pas l’enquête sur « les milliards de nos politiciens ». Notre journal « aurait-il trop peur » ? Un monsieur (ou madame) « Watani » réplique : « Je remercie au contraire L’OLJ de mettre la lumière sur les hommes de l’ombre. Nos politiques n’agissent pas seuls. » Sherine Chaya retient surtout l’effet glamour à la Malko Linge de Gérard de Villiers : « Comme un air de SAS, écrit-elle. Il ne manque plus que le sexe. »

Parenthèse Bibi

Karim Ghantous relève que le dîner d’Antoun Sehnaoui « avec Bibi ne pouvait pas mieux tomber pour L’OLJ ». Une grosse parenthèse s’impose ici : le dîner en question n’a aucun rapport avec le timing de notre enquête. Si le désormais fameux cliché de ce repas – lequel, sur un plan purement plastique, n’est pas sans rappeler Le Parrain de Coppola – a fortuitement été diffusé le jour de la publication du premier épisode, c’est essentiellement en raison des procédures judiciaires engagées par Antoun Sehnaoui qui l’ont retardée. On mesure du coup l’absurdité des affirmations sur les réseaux sociaux selon lesquelles ce dîner washingtonien aurait été le détonateur qui a poussé L’OLJ à dégainer une enquête de plusieurs mois.

Ces allégations sont-elles innocentes ? Probablement pas, parce que sur le plan politique (et géopolitique), d’aucuns ne désespèrent pas de nous placer de l’autre côté de la ligne de clivage. Ainsi, nous serions hostiles à Antoun Sehnaoui parce que nous serions opposés à sa quête de paix entre le Liban et Israël. Rien n’est plus éloigné de la vérité : L’Orient-Le Jour est un fervent partisan de la paix dans la région, mais martelons-le, cette considération est totalement étrangère à l’objet de cette enquête. Par ailleurs et pour en revenir au dîner, comme le souligne dans un courrier à L’OLJ Michel de Chadarévian, ex-conseiller du président Joseph Aoun, promouvoir la paix est une chose, dîner avec un Premier ministre israélien, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il est controversé à l’échelle planétaire, en est une autre…

Fermons cette parenthèse et revenons à nos lecteurs. Joseph Khoury applaudit un travail « bien documenté » et demande « des enquêtes similaires sur les autres banquiers et les grandes figures politiques ». Molly Selwan évoque un article si riche, à propos du 3e épisode, et Lina Daher nous félicite : « Il faut beaucoup de courage dans ce pays pour dire les vérités. » C’est loin d’être l’avis de Nicolas Sbeih, un journaliste qui a notamment officié au Commerce du Levant puis à Ici Beyrouth. Il fustige « un journalisme de pacotille ». « On tape sur ce qu’on peut, là où on ne craint pas de riposte », pense-t-il. NG parle d’une « excellente initiative » et une personne signant « ça va mieux en le disant » évoque « une précision chronologique millimétrée qui honore la rédaction de votre journal. Absolument passionnant ». « Michael » nous dit : « Excellent. Le seul journal qui fait du vrai journalisme. » Cynthia Petrigh, elle, remercie L’OLJ pour cette enquête « passionnante et édifiante ». Josyan Madi-Skaff pense que « c’est le journalisme que nous voulons, que nous méritons et que nous soutenons », et Noha Baz salue « une enquête qui fera date dans l’histoire du journalisme libanais ».

Mais le mot de la fin ira à « Marionet », qui souligne qu’« au-delà des petits et grands secrets d’Antoun Sehnaoui, c’est tout un système qui, ici, est mis à nu ».

L’enquête en cinq épisodes publiée dernièrement par L’Orient-Le Jour à propos de l’homme d’affaires et banquier Antoun Sehnaoui aura fait couler beaucoup d’encre. La raison est d’abord liée à la somme d’informations rassemblées par Caroline Hayek et Cyrille Nême et à la fluidité de leurs textes. Mais aussi et surtout à l’objet de cette entreprise : donner à voir et à comprendre le parcours et le profil d’un personnage public, dont le nom est étroitement mêlé à des situations et des crises qui ont eu et ont toujours un impact certain sur le Liban et les Libanais.Tout au long de cette enquête, à aucun moment nos auteurs se sont départis de leur rôle de journalistes et ont revêtu les habits du juge. De la première phrase du papier d’ouverture jusqu’à la dernière du cinquième épisode, on...
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