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Culture - Événement

Festival « De vin et de musique » : Ixsir accueille deux concerts entre chant sacré et tango

Organisée par Khaled Mouzanar, la cinquième édition investit les caves du domaine les 7 et 8 août avec la chorale Hymnos de Philokalia et le bandonéoniste Mario Stefano Pietrodarchi.

Festival « De vin et de musique » : Ixsir accueille deux concerts entre chant sacré et tango

Les caves du domaine IXSIR accueilleront les deux soirées de la 5e édition du festival De vin et de musique, les 7 et 8 août. Photo fournie par le festival

C’est dans le bel écrin du domaine Ixsir que la 5e édition du festival « De vin et de musique » installe ses quartiers. Un événement que son organisateur, Khaled Mouzanar, a souhaité maintenir malgré toutes les difficultés que traverse le pays. Les deux concerts de cette année auront lieu dans les caves et seront suivis d’un dîner, précédé d’un apéritif de bienvenue.

La première soirée, le 7 août, est intitulée « La part des anges », comme cette petite quantité de vin qui s’évapore naturellement pendant son élevage en fût. Au fil des mois, une infime partie s’échappe à travers le bois, comme si elle était offerte au ciel. Une image poétique qui prend ici une dimension particulière. Dans ces mêmes caves où le vin poursuit sa lente maturation, les notes de musique prendront leur envol pour mieux marier le sacré et le profane.

Sous la direction de sœur Marana Saad, la chorale Hymnos de Philokalia, devenue une référence du chant choral sacré au Liban, réunira une vingtaine de choristes autour d’un programme traversant les siècles et les styles, sans amplification électrique. Mozart, Allegri, Bruckner, Bernstein, Barber, Iyad Kanaan, Khaled Mouzanar et Gómez composeront cette célébration où spiritualité et émotion se rejoignent.

Ce n’est pas la première fois que sœur Marana collabore avec Khaled Mouzanar. Elle lui a prêté main-forte pour les bandes originales de deux films de Nadine Labaki, Et maintenant on va où ? et Capharnaüm. « Un souvenir inoubliable pour les choristes, pour qui c’était leur première expérience sur une bande originale de film. Un véritable honneur », raconte la religieuse.

Sensible au thème de « La part des anges », elle souligne qu’une partie de la musique s’élève justement vers Dieu. Le silence final est, selon elle, tout aussi primordial. C’est ce moment, précise-t-elle, qui grave une empreinte dans le cœur de chaque membre du public, une petite dose de spiritualité, quelle qu’elle soit, qui fait aujourd’hui cruellement défaut face aux catastrophes qui se succèdent. Une forme de catharsis devenue indispensable.

Une invitation à la beauté et à la méditation, avec la musique, « meilleur instrument pour s’élever soi-même et élever les autres par nos actions, une sorte de chemin en quête de vérité, dit sœur Marana, qui réserve également une place à Beyrouth dans son répertoire. Je sais que c’est une blessure, mais la ville restera une porte ouverte sur l’espérance ».

Pour Khaled Mouzanar, le fait de jouer de la musique sacrée dans un lieu profane est un moment particulièrement émouvant. « La musique sacrée n’est plus cloîtrée : elle va là où se trouve l’homme... ou même là où il ne se trouve plus. Sorties de leur contexte habituel, ces œuvres prennent une autre dimension. »

Il cite volontiers l’histoire du Miserere de Gregorio Allegri, chef-d’œuvre de la musique sacrée longtemps protégé par le Vatican, qui interdisait son exécution hors de la chapelle Sixtine en présence du pape. À quatorze ans, Mozart entend l’œuvre avec son père et la retranscrit de mémoire après une seule écoute. La nouvelle de cet exploit parvient jusqu’au Vatican, qui convoque le jeune prodige et son père pour une audience privée, un épisode qui contribuera à asseoir la réputation du compositeur.

Sœur Marana Saad dirigera la chorale Hymnos de Philokalia lors de la soirée d'ouverture du festival De vin et de musique. Photo fournie par le festival


Quand l’opéra rencontre le tango

Le lendemain, le festival changera d’atmosphère tout en poursuivant ce dialogue entre le sacré et le profane. Fidèle ami du Liban, Mario Stefano Pietrodarchi, considéré comme l’un des plus grands bandonéonistes de sa génération, retrouvera les caves d’Ixsir, entouré d’une soprano et d’un quintette à cordes.

Son programme, « Opéra(zione) Tango », fera dialoguer deux univers musicaux que tout semble opposer, mais dont il révèle les étonnantes affinités. Les grands airs d’opéra se mêleront aux accents passionnés du tango, pour une rencontre placée sous le signe de la virtuosité et de la sensibilité.

La soirée s’achèvera par un moment particulièrement attendu avec l’interprétation d’extraits de la Misa Tango de Martín Palmeri. Rejoint par la chorale Hymnos, Mario Stefano Pietrodarchi donnera vie à cette œuvre contemporaine qui marie la liturgie catholique aux rythmes argentins. Un moment d’une grande intensité qui viendra conclure cette cinquième édition sur une note à la fois spirituelle et profondément humaine.

Mario Stefano Pietrodarchi interprétera son programme Opéra(zione) Tango dans les caves du domaine IXSIR. Photo fournie par le festival De Vin et de Musique


Une partition entre les cultures

Le programme imaginé par Khaled Mouzanar et sœur Marana est un voyage entre plusieurs cultures et traditions, mais surtout un cheminement humain qui construit un pont entre l’Orient et l’Occident. Pour Khaled Mouzanar, « la musique a, au fil de l’évolution humaine, prouvé qu’elle était le seul synchronisateur entre l’intellect et les émotions, le seul médium capable de fédérer mille idées et mille sursauts du cœur ». Cette cohésion, vers laquelle il est indispensable de tendre, a fortiori par les temps qui courent, suppose de se laisser porter par la magie de la musique qui, les 7 et 8 août, déploiera ses bienfaits dans les caves d’Ixsir.

« Entre la musique et le vin, il existe une histoire commune. Tous deux requièrent du temps, de la patience et une attention particulière », fait remarquer sœur Marana. Patrimoine et présent dialogueront ainsi, dans plusieurs langues, au sein des caves d’Ixsir, démontrant qu’un lien peut être tissé là où on l’attend le moins.



C’est dans le bel écrin du domaine Ixsir que la 5e édition du festival « De vin et de musique » installe ses quartiers. Un événement que son organisateur, Khaled Mouzanar, a souhaité maintenir malgré toutes les difficultés que traverse le pays. Les deux concerts de cette année auront lieu dans les caves et seront suivis d’un dîner, précédé d’un apéritif de bienvenue.La première soirée, le 7 août, est intitulée « La part des anges », comme cette petite quantité de vin qui s’évapore naturellement pendant son élevage en fût. Au fil des mois, une infime partie s’échappe à travers le bois, comme si elle était offerte au ciel. Une image poétique qui prend ici une dimension particulière. Dans ces mêmes caves où le vin poursuit sa lente maturation, les notes de musique prendront leur envol pour mieux...
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