Liban

Sit-in de Kafa au centre-ville pour l’adoption de la loi sur la violence contre les femmes

OLJ
31/01/2013
L’association Kafa a organisé hier un sit-in au jardin public Samir Kassir, au centre-ville de Beyrouth, pour dénoncer le fait que la loi sur la violence contre les femmes ne figure pas à l’ordre du jour des commissions parlementaires conjointes.
Sur le thème « La vie des femmes est plus importante que vos sièges parlementaires », des dizaines de femmes se sont rassemblées au centre-ville. Elles ont appelé le président de la Chambre, Nabih Berry, à discuter et à adopter au plus tôt la loi au Parlement, notant que dans le cas contraire d’autres sit-in seront organisés et d’autres mesures prises.
C’est une femme, originaire du Sud, qui a pris la parole pour livrer son témoignage.
Cette victime de la violence à la maison a ainsi déclaré : « J’ai vécu dans une famille disloquée, parmi des parents qui font une différence entre les filles et les garçons, les premières devant essuyer des insultes et assumer les responsabilités (ménagères) alors que les seconds disposent de toute la liberté possible. Je me suis mariée et les choses étaient similaires auprès de la famille de mon mari. Alors que je travaillais, mon mari passait son temps avec ses maîtresses qu’il ramenait à la maison durant mon absence. Quand je rentrais, il me frappait sauvagement. Les enfants n’ont pas été épargnés. Il les tapait tellement fort qu’ils s’évanouissaient. Il les mettait alors sous l’eau courante afin qu’ils reprennent connaissance et les frappait ensuite de plus belle. »
Et de poursuivre : « Je me souviens, une nuit il n’a pas arrêté de me frapper de 18 heures jusqu’à 4 heures du matin, mettant ma tête dans les WC et posant son pied sur ma nuque. Cette nuit-là, il m’a brisé la main, m’a traînée au lit ensuite pour assouvir ses besoins. Plus tard, notre voisin a tenté d’intervenir. Il lui a alors répondu : “C’est ma femme et je suis libre de disposer d’elle comme je veux”. Je me suis tournée vers la justice, en vain. Un jour, il m’a dit : “Je te réserve une surprise d’ici à 48 heures”. J’ai eu tellement peur que j’ai pris la fuite. J’ai dormi à l’école où je travaillais, car je n’avais nulle part où aller. »
« Je me suis rendue à l’école que mes enfants fréquentent, mais ils n’ont pas osé s’approcher du portail, car mon mari les avait menacés de les tuer s’ils m’adressaient la parole, a-t-elle ajouté. Je suis alors entrée à l’école pour les voir dans un piteux état. J’ai amené mon fils au Palais de justice pour que tout le monde voie les traces des coups. Le juge a été surpris et a alerté la police en demandant l’arrestation immédiate de mon mari. Mais les gendarmes n’ont agi que lorsque ma sœur, qui connaît quelqu’un d’influent, est intervenue. Mon beau-frère est venu ensuite me voir, il m’a suppliée de retirer la plainte. Mon mari est donc sorti de prison et il est parti. Grâce à l’aide de l’association Kafa, j’ai pu obtenir le divorce. »
S’adressant au président de la Chambre, elle a indiqué : « Comme vous, je suis du Liban-Sud. Je laisse donc votre conscience dicter les priorités du Parlement avant la fin prochaine de son mandat. »
Kafa prévoit d’autres sit-in si la loi n’est pas prévue prochainement à l’ordre du jour des réunions du Parlement.

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Hamed Adel

un Homme n'est CIVILISE que s'il respecte la Femme !
il est urgent que notre société reconnaisse et défende les droits des femmes , et des enfants , aussi .

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