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À La Une - Europe

Cameron évoque la perspective d'un "Brixit"

Le premier ministre britannique pour un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'UE

Le Premier ministre britannique David Cameron a proposé mercredi 23 janvier un référendum sur l'appartenance ou non à l'UE. AFP/ BEN STANSALL

Le Premier ministre David Cameron a évoqué la perspective d'un "Brixit", contraction de "British exit", en s'engageant, sous la pression des eurosceptiques, à organiser d'ici la fin 2017 un référendum hautement controversé pour ou contre le maintien du Royaume-Uni dans une Union européenne réformée, au risque d'indisposer ses partenaires européens.

 

David Cameron s'est inscrit dans la lignée d'un illustre prédécesseur, Winston Churchill, pour expliquer qu'après avoir "gagné la paix", l'UE devait "assurer la prospérité".

Mais c'est à une autre représentante Tory, Margaret Thatcher, qu'il a emprunté des accents critiques à l'encontre d'une Europe qui suscite "le désenchantement". A ce titre, il a relevé les difficultés de la zone euro (à laquelle Londres n'appartient pas), la tentation de la supranationalité et "le fossé grandissant entre l'UE et ses citoyens".

"On ne peut pas tout harmoniser. Il n'est ni bon ni nécessaire de déterminer à Bruxelles les heures de travail des docteurs en milieu hospitalier", a ainsi dit Cameron.

 

S'affichant comme un fervent partisan à titre personnel du maintien de son pays dans l'édifice européen rejoint tardivement par son pays, en 1973, il s'est défendu d'être un "isolationniste" ou de briguer pour son pays un statut similaire à ceux de la Norvège ou de la Suisse. Mais il a soutenu mordicus sa vision d'une UE "flexible, adaptable et ouverte". "Je ne veux pas juste un meilleur accord pour la Grande-Bretagne. Je veux un meilleur accord pour l'Europe aussi", a-t-il dit.

 

"Faute de réformes, le danger est que l'Europe échoue et que les Britanniques dérivent vers la sortie", a-t-il prévenu.

M. Cameron n'a pas énuméré précisément ses conditions au maintien dans l'UE de son pays, ou les prérogatives qu'il entend rapatrier, se contentant de mentionner "l'environnement, les affaires sociales et criminelles". "Rien ne doit être exclu" dans la renégociation, a-t-il cependant asséné.

 

"Quand nous aurons négocié un nouvel accord" sur les relations de la Grande-Bretagne avec l'UE, "nous offrirons aux Britanniques un référendum avec un choix très simple : rester au sein de l'UE sur cette nouvelle base ou en sortir complètement", a-t-il dit. La consultation interviendra dans la première moitié de la prochaine législature qui commence en 2015, si toutefois M. Cameron obtient un second mandat.

 

"Il n'y a pas de doute que nous sommes plus puissants aux yeux de Washington, de Pékin ou de New Delhi parce que nous sommes un acteur puissant au sein de l'Union européenne", a-t-il néanmoins concédé. "Si nous quittons l'Union européenne, ce sera un aller simple, sans retour", a-t-il encore averti.

 

 

Les grandes capitales temporisent

Cette perspective d'un "Brixit" a incité les grandes capitales européennes à temporiser.

La chancelière allemande Angela Merkel s'est dite "prête à discuter des souhaits britanniques", tout en rappelant "que d'autres pays ont aussi des souhaits" en insistant sur la nécessité "in fine d'un compromis équilibré".

Le président français François Hollande a également "manifesté son souhait" de voir la Grande-Bretagne rester dans l'UE, mais insisté sur les "obligations" que cela entraînait, dont la "solidarité".

"Nous avons besoin d'un Royaume-Uni membre à part entière, qui ne reste pas ancré dans le port de Douvres", a dit le président du Parlement européen Martin Schulz.

 

"Je ne veux pas quitter l'UE. Je veux réformer l'UE", s'est énervé quelques heures plus tard M. Cameron devant la chambre des Communes, pressé par le chef de l'opposition travailliste Ed Miliband, qui l'accusait de déstabiliser l'économie du pays en "créant de fortes incertitudes".

Des reproches également formulés par le vice-Premier ministre Nick Clegg, chef de file des libéraux-démocrates europhiles, et qui rejoignent les inquiétudes des milieux d'affaires.

Dans une lettre ouverte, des grands patrons britanniques comme Richard Branson avaient récemment mis en garde contre toute "incertitude dommageable pour les entreprises britanniques".

 

Mais la Bourse de Londres a superbement ignoré le discours prononcé devant un parterre d'hommes d'affaires et de journalistes, au siège londonien de l'agence financière Bloomberg, en plein coeur de la City.

 

En revanche, l'allocution a sans surprise satisfait les influents conservateurs eurosceptiques ainsi que le UK Independent Party (UKIP) "séparatiste", en hausse dans les sondages.

 

La promesse du Premier ministre d'organiser un référendum est également applaudie par la presse populaire britannique, largement eurosceptique.

"La Grande-Bretagne aura son référendum sur l'Europe", annonce triomphalement le Daily Express en Une, mettant en avant sa "victoire dans sa croisade" contre "Bruxelles et ses ingérences". Le tabloïde, qui rappelle que M. Cameron a fait croisade depuis 2010 pour une consultation sur l'UE, juge que cette décision va "ouvrir un débat politique enflammé dans les mois et les années à venir".

 

Le Sun, qui avait aussi fait campagne pour un référendum, se réjouit également, espérant que le discours de Cameron va être "le début de la fin" de la participation britannique à l'UE. Mais il se demande si la proposition de M. Cameron d'organiser un référendum dans plusieurs années sera suffisante pour "mettre fin au débat qui fait rage au sein des conservateurs depuis 20 ans" sur l'UE.

 

"Ce sera la première fois que des millions d'électeurs auront leur mot à dire sur l'UE depuis le référendum sur le marché commun en 1975", rappelle le Daily Mail. Mais ce référendum "est le plus grand pari" de David Cameron depuis le début de son mandat, remarque-t-il.

 

Le Daily Telegraph parle aussi d'un "discours pivot" et se demande si la "perspective d'un référendum dans le futur, dans lequel Cameron fera campagne pour un maintien au sein de l'UE, sera suffisant pour satisfaire les attentes" des conservateurs eurosceptiques.

 

 

"Une stratégie à haut risque"

Le Guardian (opposition) parle, de son côté, "d'un moment de vérité pour un homme opposé au risque" qui a "tergiversé et hésité" pendant toute la première moitié de l'année sur la conduite à tenir sur ce sujet. Son plan "recèle de nombreux pièges", souligne le journal, car les patrons britanniques peuvent "lever le drapeau de la révolte". M. Cameron va en outre devoir affronter l'ire de ses partenaires libéraux-démocrates, europhiles convaincus, au sein de la coalition et l'inconnue de la réaction de ses partenaires européens, explique-t-il.

 

Le Financial Times se fait l'écho des inquiétudes des milieux d'affaires. "C'est une stratégie à haut risque, qui va mettre à l'épreuve la volonté de Paris et Berlin d'accepter une révision des relations du Royaume-Uni avec l'UE".

 

Pour le Times, "le calendrier" du Premier ministre "est conditionné à deux évènements : une victoire complète des conservateurs en 2015 et la volonté des autres pays européens, en particulier de l'Allemagne, d'écrire de nouvelles règles pour la zone euro (...) qui permettent à M. Cameron d'arracher des concessions en échange de son soutien".

 

 

Pour mémoire

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Le Royaume-Uni agace ses partenaires

Le Premier ministre David Cameron a évoqué la perspective d'un "Brixit", contraction de "British exit", en s'engageant, sous la pression des eurosceptiques, à organiser d'ici la fin 2017 un référendum hautement controversé pour ou contre le maintien du Royaume-Uni dans une Union européenne réformée, au risque d'indisposer ses partenaires européens.
 
David Cameron s'est inscrit dans la lignée d'un illustre prédécesseur, Winston Churchill, pour expliquer qu'après avoir "gagné la paix", l'UE devait "assurer la prospérité".
Mais c'est à une autre représentante Tory, Margaret Thatcher, qu'il a emprunté des accents critiques à l'encontre d'une Europe qui suscite "le désenchantement". A ce titre, il a relevé les difficultés de la zone euro (à laquelle Londres n'appartient pas), la tentation de la supranationalité et...
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Le voilà qui veut tirer même le demi pied avec lequel ils sont en Europe.

SAKR LEBNAN

11 h 34, le 23 janvier 2013

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Commentaires (1)

  • Le voilà qui veut tirer même le demi pied avec lequel ils sont en Europe.

    SAKR LEBNAN

    11 h 34, le 23 janvier 2013

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