Le Premier ministre conservateur s’apprête à prononcer vendredi aux Pays-Bas un discours dans lequel il promettra une large renégociation des relations de son pays avec l’UE. Le lieu n’a pas été officiellement annoncé, mais il s’agirait d’Amsterdam selon plusieurs médias. Les patrons s’inquiètent publiquement depuis des mois des risques de rupture avec une zone qui représente le principal partenaire commercial du Royaume-Uni, dont l’économie chancelante pourrait de nouveau se contracter au quatrième trimestre. « Les entreprises ne veulent pas que l’on jette le bébé avec l’eau du bain – pas avec 50 % de nos exportations en direction de l’Europe », a mis en garde John Cridland, le directeur général de la confédération patronale CBI, dans ses vœux pour 2013. Des figures des milieux d’affaires comme Richard Branson, fondateur du groupe Virgin, ou encore les patrons des groupes de publicité WPP et de télécommunications BT se sont aussi inquiétés d’un processus de renégociation qui « reviendrait à mettre notre adhésion à l’UE en danger et à créer une incertitude dommageable pour les entreprises britanniques », dans une lettre ouverte publiée par le Financial Times.
David Cameron, qui est sous la pression des conservateurs eurosceptiques et du parti anti-européen UKIP, n’a pas totalement clarifié ses intentions, mais il a promis une consultation de l’opinion. Il a aussi estimé qu’un référendum « à court terme » sur l’appartenance du pays à l’UE « ne serait pas la bonne réponse ». « Le référendum est un instrument imprévisible, comme l’a appris Jacques Chirac (lors du référendum sur la Constitution européenne de 2005 qui a vu le non l’emporter), et cette affaire pourrait tourner mal et risque de faire sortir la Grande-Bretagne de l’UE, une perspective très inquiétante pour les dirigeants économiques », remarque Iain Begg, professeur à l’Institut européen de la London School of Economics (LSE). « Le plus grand risque pour la Grande-Bretagne est d’assister au tarissement de l’investissement étranger, ce qui réduirait sa capacité à exporter vers son premier marché, l’Europe occidentale », met-il en garde.
Les constructeurs automobiles japonais qui construisent des voitures en Angleterre pour servir le marché européen seraient par exemple dissuadés de réaliser de nouveaux investissements. Cet argument est relayé jusque dans les rangs des conservateurs. « Pourquoi implanter votre usine (en Grande-Bretagne) si vous ne savez pas – et que personne ne peut vous dire – quels seront les termes de nos échanges commerciaux dans le futur ? » s’interroge ainsi lord Heseltine, un ancien ministre de Margaret Thatcher.
L’opération pourrait également s’avérer dangereuse pour la City. Si le pays sort de l’UE, il n’aura en effet plus son mot à dire sur la réglementation financière en provenance de Bruxelles, à laquelle il sera malgré tout largement soumis. « Il est essentiel de rester à la table des négociations pour défendre nos entreprises et notre intérêt national, en particulier en protégeant notre secteur des services financiers », a souligné John Cridland.
À la différence des grandes entreprises, les dirigeants de PME semblent toutefois plutôt en faveur d’une renégociation des relations avec Bruxelles. Selon un sondage des Chambres de commerce britanniques (BCC) auprès de leurs adhérents, une majorité relative des entreprises (47 %) soutient une relation plus distante avec l’UE, mais en préservant l’adhésion du Royaume-Uni, 26 % sont pour le statu quo, tandis que 12 % voudraient sortir de l’Union et 9 % demandent plus d’intégration.
(Source : AFP)


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Trêve d'hypocrisie ! Albion est avec un demi-pied en Europe et avec un pied et demi dehors...
02 h 10, le 16 janvier 2013