Rechercher
Rechercher

À La Une - Liban

Loi électorale : réunion de la dernière chance aujourd’hui

Amal et le courant du Futur à l’unisson : « Il faut rassurer les chrétiens ! »

Surprotégé par un détachement de l’armée, Georges Adwan arrive à la Chambre.

La commission parlementaire restreinte chargée de mettre au point une nouvelle loi électorale se retrouve ce matin au Parlement, pour une réunion qui pourrait être la dernière, avant un débat parlementaire général sur la question. Le temps presse, a mis en garde hier le ministre de l’Intérieur, précisant qu’une nouvelle loi électorale doit être votée avant fin février, faute de quoi c’est la loi en vigueur, celle de 1960, qui a cours, compte tenu des préparatifs qui précèdent l’élection, fixée à la première semaine de juin.


Du ton adopté par le président de la commission, Robert Ghanem, on déduit que le blocage persiste et que des projets de loi examinés, aucun ne dispose vraiment d’une majorité confortable pour être retenu. « Si l’impasse se confirme, la réunion de demain (aujourd’hui) sera la dernière, a-t-il laissé étendre. Mais si l’horizon n’est pas bouché, il n’y a pas de raison pour que les réunions ne se poursuivent pas. »


Pour le représentant du CPL au sein de la commission, Alain Aoun, cette éventualité ne se pose pas, et la réunion d’aujourd’hui sera bien la dernière à laquelle il assistera.
Le courant aouniste demeure attaché au projet de loi électorale d’Élie Ferzli prévoyant la fragmentation du corps électoral, de sorte que chaque communauté élise ses députés.


Plusieurs projets de loi électorale prévoyant une combinaison de scrutin majoritaire et de scrutin proportionnel ont été examinés hier par la commission restreinte.


Le député Joseph Maalouf (Forces libanaises) a été d’avis qu’un projet de loi de cet ordre pourrait, éventuellement, être trouvé, ajoutant faute d’un accord, et en cas de vote, les Forces libanaises se rabattraient sur le projet de loi Ferzli. Si ce projet est finalement rejeté, nous nous en tiendrons au projet de loi électorale prévoyant un découpage du Liban en 50 petites circonscriptions, a-t-il ajouté.

Multiplication des contacts
Il était clair toutefois que les membres de la commission restreinte ont besoin d’un « accompagnement politique » pour réussir dans leur mission. De fait, les apartés et les contacts téléphoniques ont interrompu à plusieurs reprises les travaux de la commission, alors qu’en soirée, les contacts et les réunions fiévreuses se multipliaient.
C’est ainsi que le président du Bloc national, Carlos Eddé, a été reçu par le président de la Chambre, Nabih Berry, devant lequel il a plaidé en faveur de son projet de loi électorale basé sur la circonscription uninominale (one man, one vote). Un projet qui séduit également le député Samy Gemayel, mais qui prévoit la division du Liban en 128 circonscriptions électorales, ce qui, sans être impossible, pourrait engager les députés dans des discussions interminables.


De son côté, en cours de journée, Samir Geagea a reçu Mohammad Chatah, conseiller du chef du courant du Futur, Saad Hariri.
À l’issue de la réunion, M. Chatah a déclaré que le Futur et les Forces libanaises tiennent à leur alliance stratégique, malgré leur désaccord sur le projet de loi électorale.
Dans une déclaration consécutive à l’entretien, M. Chatah a déclaré qu’il importe de ne pas « faire sentir aux chrétiens qu’ils sont minoritaires, mais de les conforter dans le sentiment qu’ils sont partie constitutive de l’entité libanaise ».
« Cette protection est la voie la plus saine pour éviter que le pays ne soit entraîné vers des voies confessionnelles étroites », a ajouté M. Chatah.
M. Chatah a également réitéré l’hostilité de son courant à une loi basée sur le scrutin proportionnel, qui avantagerait le Hezbollah et renforcerait son emprise sur la vie politique.
Comme de juste, le conseiller de M. Hariri a souligné que le débat sur la loi électorale est en train de déboucher sur la question plus large de l’application de l’accord de Taëf et l’adoption du bicaméralisme, avec l’instauration d’un Sénat sur base confessionnelle. « Il s’agit de concilier le besoin de rassurer les communautés chrétiennes sur leur place dans le système politique, sans pour autant porter atteinte au pacte de coexistence », a encore dit M. Chatah.

Le bloc de Zahlé
Le bloc parlementaire proche des Kataëb de Zahlé a rencontré Amine Gemayel, au siège central des Kataëb. D’une déclaration de Tony Aboukhater qui a suivi la réunion, on sentait bien que le parti de M. Gemayel a renoncé, contraint, au projet de loi de M. Ferzli, mais qu’il en est plus ou moins nostalgique. « Deux communautés essentielles, les sunnites et les druzes, le rejettent », a-t-il précisé.
Enfin, au sortir d’une réunion au domicile d’Ali Hassan Khalil (Amal) qui regroupait également Mohammad Fneich, Gebran Bassil, Fayez Ghosn, Ali Kanso et Nicolas Fattouche, Marwan Kheireddine (Parti démocrate de Talal Arslan) a déclaré : « Nous avons parlé du projet de loi électorale. Notre position est la suivante : pas de Liban sans les chrétiens, pas de chrétiens sans le Liban. Nous adopterons sans réserve tout projet sur lequel s’accorderont les chrétiens. Cette position est unanime. » Et d’ajouter que « la situation régionale est telle qu’il faut que tous les musulmans rassurent leurs compatriotes (chrétiens) ».

 

 

Lire aussi

Pas très catholique..., l'article d'Elie Fayad


Le « projet orthodoxe » : ségrégation des Libanais et instauration de la « wilayat al-faqih » dans toutes les communautés !, l'article de Fady Noun

 

Veto respectifs et surplace garanti, l'article de Michel Hajji Georgiou

La commission parlementaire restreinte chargée de mettre au point une nouvelle loi électorale se retrouve ce matin au Parlement, pour une réunion qui pourrait être la dernière, avant un débat parlementaire général sur la question. Le temps presse, a mis en garde hier le ministre de l’Intérieur, précisant qu’une nouvelle loi électorale doit être votée avant fin février, faute de quoi c’est la loi en vigueur, celle de 1960, qui a cours, compte tenu des préparatifs qui précèdent l’élection, fixée à la première semaine de juin.
Du ton adopté par le président de la commission, Robert Ghanem, on déduit que le blocage persiste et que des projets de loi examinés, aucun ne dispose vraiment d’une majorité confortable pour être retenu. « Si l’impasse se confirme, la réunion de demain (aujourd’hui) sera la...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut