Le bloc parlementaire du courant du Futur, réuni hier sous la présidence de Fouad Siniora comme chaque mardi, a dénoncé le marasme tous azimuts provoqué par l’interminable et stérile débat autour de la loi électorale. « Nous en oublions les vrais problèmes auxquels le pays, en pleine crise économique et sécuritaire, fait face », a regretté le député Mohammad Hajjar, qui s’exprimait au nom de ses colistiers, évoquant également le prestige « écorné » de l’État en raison des politiques du gouvernement et des exactions commises par ses ministres, « occupés par leurs magouilles et leur corruption ».
« Les législatives doivent avoir lieu à la date prévue et cela est de la responsabilité du cabinet, qui visiblement n’en a que faire : il avait proposé un projet revanchard et laissé ensuite le pays dans une espèce de chaos, comme s’il s’en était lavé les mains, comme si c’était le projet d’un gouvernement étranger », ont dénoncé les députés haririens. Pour eux, ce qui s’est passé au cours des dernières séances de la sous-commission parlementaire montre que « certaines parties poursuivent leurs surenchères et leur escalade, peu soucieuses des retombées négatives sur le plan national ».
En attendant, le courant du Futur affirme « ne tenir à aucune loi en particulier », mais « rester ouvert à tout débat, à toute idée positive ». Sauf qu’« en même temps », le CdF insiste sur le fait que tout projet devra nécessairement respecter le principe de coexistence entre les Libanais, être en harmonie avec la charte et la Constitution, et assurer la meilleure représentativité. « Il faut tenir compte des craintes des uns et des autres sans en créer de nouvelles », a ajouté le député Hajjar, expliquant le refus du bloc de la proportionnelle à l’ombre des armes du Hezbollah. « Il faut qu’on examine sérieusement les raisons pour lesquelles le projet dit orthodoxe fait peur, sans pour autant que les solutions que l’on trouverait ne nous entraînent vers des terrains encore plus glissants », a-t-il ajouté.
Les députés haririens se sont également penchés sur le dernier incident en date à Tripoli, à savoir les coups de feu tirés contre le convoi du ministre Fayçal Karamé. « Il est plus que temps que les autorités politiques mettent un terme à ce chaos sécuritaire ; plus que temps de désarmer la ville, un prélude pour les autres zones où les armes pullulent tout autant, à cause du Hezbollah. »
Les menaces contre Hamadé
Enfin, le bloc du Futur a vivement condamné les menaces ouvertement lancées par des médias contre « le martyr vivant, le député Marwan Hamadé », avant de dénoncer les magouilles et la corruption au sein du Hezbollah et autour des ministres CPL, avec, en l’occurrence, un dernier « scandale », selon le bloc, concernant le ministre des Télécoms qui aurait, dixit le député Ghazi Youssef, ordonné la construction d’antennes émettrices pour une somme de 85 millions de dollars « alors que cela ne vaut que 20 millions de dollars au grand maximum ».
« Les législatives doivent avoir lieu à la date prévue et cela est de la responsabilité du cabinet, qui visiblement n’en a que faire : il avait proposé un projet revanchard et laissé ensuite le pays...

