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Tempête au Liban : un quartier de Beyrouth déclaré "zone sinistrée"

Météo Plusieurs routes de montagne coupées en raison des chutes de neige.
olj.com
08/01/2013

La tempête qui frappe le Liban s'est intensifiée mardi après-midi avec une baisse importante des températures, des chutes de neige ou des pluies diluviennes et quasi-continues.

 

Si en altitude ces conditions météo se sont traduites par la formation d'un épais tapis blanc, sur le littoral, l'ambiance est plutôt, en certains endroits, aux inondations.

 

A Beyrouth, le quartier de Hay el-Sellom a ainsi été complètement inondé après le débordement de la rivière de Ghadir. Des centaines d'habitants sont sans abris depuis trois jours, selon la chaîne de télévision libanaise LBC. 

Dans ces conditions, le président de la municipalité de Choueifat a déclaré le quartier de Hay el-Sellom "zone sinistrée", évoquant une véritable catastrophe. En sus de l'inondation, le quartier n'est plus alimenté en électricité et les routes, bien sûr, sont coupées.

 


Capture d'écran de la LBC montrant le quartier inondé de Hay el-Sellom à Beyrouth.

 

 

A Dbayeh, au nord de Beyrouth, l'autoroute qui mène vers Jounieh a été inondée, ce qui a causé des embouteillages monstres dans la région. La journée de lundi avait déjà été marquée par de terribles bouchons.

 

A Irbine, près de Batroun au Liban-nord, les dégâts se concentrent au niveau de la bibliothèque publique, où les inondations ont endommagé ou détruit, selon l'Agence Nationale d'Information (ANI, officielle), au moins 10.000 ouvrages.

 

En altitude, les fortes chutes de neige ont entraîné la coupure de plusieurs routes. La circulation est notamment bloquée au niveau du passage de Dahr el-Baydar. La route qui mène vers le Chouf et la route qui mène vers les Cèdres ne sont plus praticables au niveau de Bécharré. De manière générale, la circulation est difficile ou impossible sur la totalité des routes à plus de 1.200 mètres d'altitude.

Au Liban-sud, plusieurs routes ont également été bloquées par les glissements de terrains cette fois-ci, alors que des hectares de terres agricoles sont totalement inondées et des cultures sous serre totalement noyées.

 

Selon l'ANI, les pertes liées à la tempête s'élèvent à plusieurs millions de dollars.

 


Un tracteur tente de dégager la neige sur l'autoroute de Beyrouth-Damas au
niveau du village de Sawfar. REUTERS/ Mohamed Azakir

 

Du côté des autorités, le ministre libanais des Travaux publics et du Transport, Ghazi Aridi, a reconnu que son ministère et les autorités ne sont pas équipés pour empêcher les inondations et autres dégâts provoqués par cette tempête qu'il a qualifiée d'"exceptionnelle". "Le Liban n'a pas les moyens de faire face à une tempête aussi puissante, mais les autorités font ce qu'elles peuvent et sont en état d'alerte", a-t-il ajouté.

Lundi, le gouvernement avait décidé la fermeture des écoles et des crèches mardi et mercredi.

 

Le commandement de l'armée libanaise a, pour sa part, annoncé mardi dans un communiqué, que plusieurs unités continuaient d'aider les citoyens affectés par la tempête. L’institution militaire a précisé que ses hélicoptères sont en état d'alerte et que ses véhicules œuvrent à rouvrir les routes coupées par la neige et les inondations.

L'armée a aussi exhorté les citoyens à la contacter en cas d'incident grave causé par des intempéries.

 

Le directeur des opérations de la Croix Rouge libanaise George Kettaneh a, quant à lui, affirmé que la Croix Rouge a répondu à plusieurs appels d'urgence dans la nuit de lundi à mardi et a transféré les blessés graves aux hôpitaux malgré le mauvais temps. De son côté, le directeur des opérations de la Défense civile a indiqué que répondre aux appels d'urgences est une mission très difficile : "Nous avons défié les conditions météorologiques pour aider les gens".

 

En soirée, le Courant du futur (opposition libanaise) a appelé le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour lutter contre les répercussions de la tempête. 

 


Un citoyen quitte sa maison après l'inondation de son quartier à Beyrouth
le 8 janvier 2013. AFP PHOTO /JOSEPH EID

 

La tempête va gagner en intensité
Selon les dernières prévisions du service météorologique de l’aéroport de Beyrouth, la tempête se poursuivra jusqu'à mercredi et devrait gagner en intensité à partir de mardi soir.
Les services météorologiques ont prévu une baisse importante des températures avec des chutes de neige à partir de 300 mètres d'altitude dans la nuit de mercredi à jeudi, pic de la tempête.

Le président des services météo, Wissam Abou Khichfa, a indiqué qu'il est tombé en 24 heures, entre lundi soir et mardi soir, 12,4 mm d'eau à Beyrouth, 20,8 mm à Tripoli et 42,9 à Zahlé.

 

De manière générale, les moyenne en terme de pluviométrie, sont en hausse. Selon le service météo de l'aéroport de Beyrouth, Il est tombé, depuis septembre dernier, 636,4 mm de pluie à Beyrouth contre 318,2 mm sur la même période l’année dernière. En ce qui concerne Tripoli (Liban-Nord), il est tombé, également depuis septembre dernier, 554,2 mm d’eau, contre 445,7 mm sur la même période l’année dernière. A Zahlé (Liban-Est), il est tombé depuis septembre dernier 522,2 mm de pluie, contre 260,5 mm sur la même période l’année dernière.

 

Le Liban est sous l’influence depuis dimanche d’une masse d’air froid en provenance de Sibérie, qui a déjà fait trois morts et occasionné de nombreux dégâts et inondations, et paralysé, dans certaines régions, les transports routiers.

 


Une rue inondée à Amman en Jordanie, le 8 janvier 2013. REUTERS/Muhammad Hamed

 

La pluie accueillie avec soulagement en Jordanie

La tempête touche également les pays voisins. En Jordanie, les pluies torrentielles ont provoqué mardi des inondations et des dégâts, mais elles ont été accueillies avec soulagement dans ce pays désertique parmi les plus secs au monde.

Plusieurs routes ont été fermées à Amman après des inondations et la police a mis les automobilistes en garde contre l'utilisation de certains tunnels bloqués à cause des fortes précipitations. La route principale entre Amman et Zarqa, dans le nord du pays, a été fermée, le niveau de l'eau ayant atteint par endroits jusqu'à un mètre.

A Amman, la capacité des égouts a été vite dépassée par ces précipitations inhabituelles, ce qui a provoqué des inondations parfois importantes, tandis que la municipalité et la compagnie des eaux se rejetaient la faute.

Mais dans un pays à 92% désertique qui souffre de pénuries d'eau chroniques, les pluies ont permis d'ajouter 62 millions de mètres cubes d'eau en 48 heurs aux maigres réserves des barrages, selon l'Autorité de la vallée du Jourdain.

 

Quatre morts en Israël et dans les Territoires palestiniens

Les pluies diluviennes qui touchent le Proche-Orient ont encore fait des dégâts mardi en Israël et dans les Territoires palestiniens, où quatre personnes ont été tuées dans des accidents.
Des hélicoptères de l'armée sont aussi intervenus pour secourir six Arabes israéliens bloqués sur le toit de leur maison inondée à Taybé, et 15 autres personnes ont été évacuées de la même manière à Baqaa al-Gharbiya. Tous ont été pris en charge pour hypothermie, selon les services d'urgence israéliens.
La principale artère de Tel-Aviv a rouvert en soirée après avoir été fermée à la circulation, ce qui avait provoqué de gros embouteillages. Les trains sont restés à l'arrêt une bonne partie de la journée.
Les inondations ont également poussé les autorités palestiniennes à prolonger les vacances scolaires jusqu'à samedi. Les écoles seront fermées mercredi sur les hauteurs du Golan occupé par Israël, déjà touchées par la neige, et la municipalité de Jérusalem a prévenu qu'elle pourrait décider tôt mercredi d'une mesure similaire.

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Paul-René Safa

Sous le fallacieux prétexte que les intempéries au Liban sont généralement "soft", rares et de courte durée, les Pouvoirs Publics n'ont aucune vergogne à reconnaître leur incurie face à des situations comme celles que nous vivons depuis trois jours qui finalement n'ont rien d'exceptionnel puisqu'elles se reproduisent chaque années à peu près aux même dates 20 décembre 20 janvier. Peut-être commenceront-ils à réagir lorsque le nombre de morts aura atteint un seuil intolérable que la société civile n'est pas prête à assumer...

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