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Liban : Encore et toujours l'imprévoyance criminelle !

Climat Les intempéries ont fait trois morts et des milliers de sans-abri ; par précaution, les écoles et les crèches fermeront aujourd’hui et demain.
Fady NOUN | OLJ
08/01/2013

Routes inondées, murs effondrés, arbres arrachés, embouteillages monstres, réseaux électrique et routier dévastés... Le Liban, comme chaque année, subit les affres, parfois mortelles, de la tempête hivernale. Grâce malheureusement à l’imprévoyance criminelle toujours impunie des responsables. La tempête qui s’invite aux mois d’hiver, quelques jours durant, mais surprend à chaque fois, par la violence de ses bourrasques, le fracas de ses orages et l’abondance du déluge.


Toutefois, la tempête cette année aggrave une situation déjà dramatique, avec la présence sur le sol libanais de dizaines de milliers de déplacés syriens et palestiniens fuyant la guerre en Syrie, de sorte qu’à la catastrophe humaine s’ajoute ces quelques jours une catastrophe climatique. Celle-ci a déjà fait hier trois victimes, dont un conducteur de pullman syrien victime d’une crise cardiaque due au grand froid, à Dahr el-Baïdar.


C’est avec une violence inhabituelle que la zone de basse pression centrée sur la Russie s’est abattue cette fois sur le Liban. C’est ainsi que dans la nuit de dimanche à lundi, accompagnés de chutes de grêle, de pluie torrentielles et de rafales de vent soufflant à plus de 120 km/h, les orages ont martelé toutes les façades, noyant les sous-sols des immeubles et provoquant les crues de tous les fleuves, rivières et torrents hier, qui sont sortis de leurs lits et ont inondé les terrains et zones résidentielles qui les entourent.


Malgré un recul des bourrasques, la zone de basse pression doit se poursuivre dans les prochaines 48 heures et frigorifier le pays, avec des températures très basses, même sur le littoral. Des chutes de neige pourraient se produire à partir de 600 mètres d’altitude. La neige et le verglas attendus ont poussé le ministre de l’Éducation à donner congé aux écoles aujourd’hui et demain. Le temps devrait s’améliorer à partir de jeudi.


S’il y a quelque part, climatiquement parlant, de quoi se féliciter, si les précipitations ont atteint un niveau record pour cette partie de l’année, si l’enneigement fait l’affaire des villageois et des stations de ski, les pluies torrentielles qui se sont abattues et vont s’abattre encore ont dévasté de larges champs de culture, et ont un goût amer pour les sans-abri et les populations démunies.


Avec des zones urbaines exposées aux inondations, comme Hay el-Sellom, dont les logements frustes ont été envahis par les eaux glacées du Ghadir sorti de son lit, avec les déplacés syriens exposés au froid et à la pluie, la tempête a, cette année, une dimension différente : celle d’une véritable catastrophe humanitaire, si les secours ne parviennent pas d’urgence aux populations affectées.


Il serait fastidieux de dénombrer les éboulements qui ont perturbé hier la circulation à Beyrouth et en montagne, et de pester une fois de plus sur l’imprévoyance des responsables qui, d’année en année, voient bien qu’au niveau du pont de la Quarantaine, pour prendre cet exemple, les eaux de ruissellement transforment l’autoroute en espace lacustre, deux ou trois heures durant, en tout cas assez longtemps pour provoquer le chaos au niveau de la circulation et piéger les automobilistes. Pour les victimes de ce chaos, les conseils de prudence aux automobilistes se rendant en montagne diffusés par les radios n’en sont que plus infantiles.


Les hauts responsables du pays, à commencer par le chef de l’État, ont tenté, hier, de se rendre utiles aux automobilistes. Mais leur effort pour alléger le fardeau de vexations qui sont le lot quotidien des Libanais s’est heurté à la pesanteur bureaucratique et à un individualisme bien oriental. Un individualisme qui a inspiré aux employés et ouvriers de l’EDL de se mettre en grève jusqu’à vendredi, et de ne pas réparer les pannes du réseau électrique. Il n’y a pas à dire, tout comme les câbles de moyenne et basse tension qui relient nos quartiers les uns aux autres, le lien social est rompu et attend que des ouvriers frustrés et en grève le réparent. En cas d’urgence, appeler la Défense civile (175) ou tout autre organisme public comme les FSI ou les pompiers.

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