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A Beyrouth, une ville miniature pour initier les jeunes au monde du travail

Liban A KidzMondo, les enfants de 2 à 14 ans pourront bientôt découvrir sur près de 10 500 mètres carrés quelque 80 métiers à leur échelle, comment « travailler » et gérer leurs « revenus » à leur guise. Enquête sur un projet qui a mobilisé une équipe sur plus de deux ans pour créer le plus grand parc du genre au Moyen-Orient.
08/01/2013

L’« edutainment » : un concept qui mêle pédagogique et ludique. Face à une demande croissante de la part de parents soucieux de stimuler les capacités motrices et cognitives de leurs enfants, divers centres spécialisés ont récemment fait leur apparition au Liban et à l’étranger. L’espace KidzMondo, ville miniature en intérieur, qui sera officiellement inauguré courant mars 2013 au Liban (Beirut Waterfront, zone du centre-ville), revendique son appartenance à cette catégorie.


« KidzMondo n’est en aucun cas un parc d’attractions dans le plus pur sens du terme, car nous voulons absolument nous éloigner des activités violentes et/ou qui ne nécessitent aucune réflexion, de type jeux vidéo. Notre but est au contraire de proposer aux jeunes un concept éducatif et amusant, qui, en parallèle, les familiarise avec le monde des adultes et le responsabilise », explique à L’Orient-Le Jour le PDG de la compagnie Kidz Holdings SAL, Ali Kazma.

Apprendre à gagner, dépenser, gérer son « argent »
Le projet, lancé en 2010, a nécessité un investissement d’un montant de 25 millions de dollars. KidzMondo est prévu d’occuper une surface construite de quelque 10 300 mètres carrés et sera en mesure d’accueillir environ 400 000 visiteurs annuellement, « ce qui en fera le plus grand parc d’attractions du genre au Moyen-Orient et en Afrique du Nord », souligne M. Kazma.


Dans les détails, KidzMondo ressemble en tous points à une vraie ville, créée pour les enfants de 2 à 14 ans. On y trouve des minirépliques à l’identique d’un hôtel, d’un hôpital, d’un centre de pilotage, d’un studio de télévision ou encore d’une station radio. Sans oublier l’université, plusieurs usines agroalimentaires, des ateliers artistiques, la station d’essence, et même un service de voirie et une caserne de pompiers, avec (de faux) incendies au programme.

 

En tout, plus de 80 métiers sont proposés, en partenariat avec une quarantaine de sponsors, pour découvrir le monde du travail... et ses contraintes. En effet, dès leur entrée (via un aéroport miniature, duplication à l’identique de l’aéroport international de Beyrouth, l’un des partenaires du projet), les enfants reçoivent un « chèque » en « kidlars », monnaie fictive, qu’ils sont libres d’encaisser à la « banque » en espèces ou de déposer en fin de journée sur un compte. À eux d’apprendre ensuite à gérer ce capital... Car l’aspect réaliste de cette ville pas comme les autres ne s’arrête pas là : la moitié des activités que choisissent les jeunes est « rémunérée » en « kidlars » tandis que l’autre est « payante ».


Un enfant a donc la possibilité d’exercer l’un des métiers rapportant un salaire (policier, éboueur, pilote, hôtesse d’accueil, vendeur, barbier...) pour pouvoir s’offrir un cadeau dans la boutique de la ville, exclusivement en « kidlars » (les parents peuvent toujours se rabattre sur les vraies boutiques à la sortie), ou même de suivre une formation à l’université de la ville pour pouvoir prétendre à un salaire plus élevé dans sa prochaine activité. Les jeunes apprennent ainsi à travailler, gagner un salaire, épargner et dépenser leur argent. « Tout a été conçu pour responsabiliser les enfants et leur apprendre la valeur de l’effort », indique M. Kazma.

Un plan de conquête imparable ?
KidzMondo est en tout cas un projet ambitieux qui n’a rien de la naïveté de son univers peuplé de créatures aux couleurs vives. Plus de deux années d’études et de conception ont mobilisé une équipe au grand complet, pour mettre au point un monde personnalisé avec ses mascottes et ses produits dérivés, des programmes d’activités pertinents, un encadrement professionnel sûr et sécurisé avec bracelets d’admission électroniques dernier cri. L’espace peut se targuer de la certification « Kidproof » ; KidzMondo est également membre de l’Association internationale des parcs de loisirs et d’attractions (Iaapa) depuis 2011. Surtout, un partenariat crucial a été mis en place avec de nombreux sponsors tablant sur la fidélisation de leur jeune clientèle.


Un système qui semble en tout cas séduire, étant donné que le concept
KidzMondo est d’ores et déjà en train de s’exporter. « Nous allons effectivement inaugurer un nouvel espace en Turquie dans quelques mois, au cours du premier trimestre de 2013. Nous planchons également sur KidzMondo Abou Dhabi », indique Ali Kazma. Et l’ambition ne s’arrête pas là : le PDG avoue un plan de conquête sur le long terme portant sur une dizaine de pays. « L’Afrique du Nord, le continent est-européen... les opportunités sont nombreuses », conclut-il en souriant.

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