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Youhanna X Yazigi, nouveau patriarche de l’Église grecque-orthodoxe d’Antioche

Religion Né à Lattaquié, le nouveau chef de l’Église d’Antioche est relativement jeune (57 ans). « Ce ministère sera ma croix », a-t-il dit, en apprenant la décision de ses pairs.
OLJ
18/12/2012

L’Église grecque-orthodoxe d’Antioche a choisi hier Mgr Youhanna Yazigi, métropolite d’Europe, comme patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, après la mort il y a deux semaines d’Ignace IV Hazim, à l’âge de 92 ans des suites d’un accident vasculaire cérébral. Tout laisse croire que son patriarcat, qui s’annonce relativement long, puisque le nouveau patriarche n’a que 57 ans, s’inscrira dans la continuité de celui du patriarche défunt, sinon par le style, du moins sur le fond.


L’élection du patriarche Youhanna Yazigi a eu lieu au monastère de Balamand, dont les cloches, ainsi que toutes celles des villages du Koura, ont carillonné pour annoncer la bonne nouvelle.
C’est le secrétaire général du saint-synode, le P. Georges Dimas, qui a fait connaître la nouvelle. L’élection du patriarche Youhanna s’est faite après une séance de vote à bulletins secrets d’environ deux heures. Le nouveau patriarche a pris le nom de Youhanna X (dix).


Dix-huit membres du saint-synode sur 20 au total ont participé au vote. Les absents étaient les évêques de
Bagdad et des États-Unis. Le nouveau patriarche a été élu par 12 voix, soit à la majorité absolue.
Dans l’église de Balamand, après une prière d’action de grâce, le nouveau patriarche a déclaré : « Ce service est ma croix. Je demande vos prières et votre aide fraternelle pour que l’Église d’Antioche soit une image digne de l’Épouse du Christ. L’Église, c’est vous, vous, jeunes gens et jeunes filles, enfants et familles. »
« Je demande vos prières pour être fidèle à ce ministère qui vient de m’être confié, a ajouté le nouvel élu. Nous savons bien que notre peuple est doux de cœur, et que le fardeau de son service est léger. Nous faisons partie de cette terre, de ce sol. Il fait partie de notre être. »


Signalons qu’une légère entorse au droit canon a été faite, au bénéfice du nouveau patriarche, puisque les statuts de l’Église orthodoxe prévoient que, pour que la candidature d’un évêque soit valide, il faut que ce dernier ait passé cinq ans dans sa fonction. Or le nouveau patriarche n’était métropolite d’Europe que depuis 4 ans et demi.

Des dons musicaux  hors norme
Né à Lattaquié en 1955 et âgé de 57 ans, le patriarche Youhanna X est originaire de Mar Marita, la plus grande vallée chrétienne de Syrie. Son frère, Mgr Boulos Yazigi, est archevêque d’Alep.


Le nouveau patriarche des grecs-orthodoxes a grandi à Lattaquié, où il a commencé par entamer des études universitaires de génie civil, à l’Université Techrine. C’est alors que ses grandes qualités de meneur et ses dons musicaux se manifestent. Et c’est ainsi qu’il fonde une école de musique byzantine et organise des sessions de formations pour ses camarades étudiants.


Ayant découvert sa vocation de disciple, il s’engage ensuite dans des études de théologie, qu’il achève en 1978 à l’Institut Saint-Jean-Damascène – Université de Balamand. En 1983, il est docteur en théologie de l’Université de Salonique (Grèce). Parallèlement, il obtient un diplôme en musicologie. C’est en 1983 qu’il est ordonné prêtre. Ses qualités de cœur et son énorme potentiel intellectuel le portent, quelques années plus tard, à être nommé doyen de la faculté de théologie de l’Université de Balamand. Nommé évêque de Wadi el-Nassara, Youhanna Yazigi y fondera un ordre religieux et un séminaire.
Le nouveau patriarche grec-orthodoxe d’Antioche jouit d’une large expérience œcuménique, acquise dans des congrès en Grèce, en Italie, en Suisse, à Chypre, aux États-Unis, en Russie et en Grande-Bretagne.
De nombreux télégrammes de félicitations ont commencé à parvenir à Balamand, à l’issue de son élection.

 « Une seule famille »
« Nous croyons au dialogue. C’est le but auquel nous aspirons tous, en Syrie et en dehors de ce pays », a-t-il dit hier lors d’une conférence de presse, laissant ainsi entrevoir que le souci de l’unité est, chez lui, une obsession.
« La relation avec les autres Églises est très importante pour nous, et nous œuvrons dans ce sens avec nos frères musulmans. Nous sommes une seule famille et notre sort est commun », a-t-il ajouté.
« Les chrétiens restent (dans cette région). Cette terre est la leur. Notre contrée est passée durant l’histoire par des moments très difficiles, mais nous sommes ici et nous resterons », a-t-il ajouté.
« Nous vivons dans l’espérance, et l’espérance ne déçoit point. Nous sommes, au Liban et en Syrie, une seule famille, une seule Église. Nous croyons que l’Église du Christ est une. »


L’Église grecque-orthodoxe d’Antioche, basée à Damas, est l’une des 14 Églises autocéphales rassemblées au sein de la communion orthodoxe. La communauté chrétienne syrienne est forte de 1,8 million d’âmes.

 

 

Pour mémoire

Le Liban et l’Église orthodoxe font leurs adieux à Hazim

 

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