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Deux artistes libanais récompensés par le Pinchuk Art Center

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Anne ILCINKAS | olj.com
17/12/2012

Exposer et promouvoir les jeunes artistes prometteurs. Telle est la mission qu’a donnée le magnat ukrainien de l’acier, Victor Pinchuk, au Pinchuk Art Center, le centre d’art contemporain qu’il a fondé en 2006 à Kiev. Pour ce faire, il organise depuis 2009 le "Future Generation Art Prize", un prix dont le lauréat reçoit un chèque de 100 000 dollars. Cette année, 4.000 artistes originaires de 134 pays ont soumis leur travail au centre d’art. Vingt-et-un parmi eux ont été sélectionnés pour y exposer leur dernière œuvre du 2 novembre 2012 au 6 janvier 2013.

S’ils n’ont pas obtenu le prix principal, décerné à la Britannique Lynette Yiadom-Boakye, deux Libanais, Rayyane Tabet et Marwa Arsanios, ont été sélectionnés et décroché le "Special Prize", un prix qu’ils partagent avec trois autres artistes.

 

"La production d’art n’est pas une tâche facile, explique Rayyane Tabet à Lorientlejour.com. Avec le prix, nous obtenons de l'argent, qui permet la production de nouvelles œuvres. Donc recevoir un prix, c’est toujours très bien. Mais l'intérêt essentiel de cette expérience, est d’avoir rencontré et passé du temps avec 20 autres artistes de ma génération. Nous avons passé dix jours ensemble, en octobre dernier, lors de l’installation de nos œuvres à Kiev. Nous avons dialogué, partagé des repas… Cela m’a permis de rencontrer des +alliés+, des gens qui partagent les mêmes angoisses, qui se posent les mêmes questions que moi".

 

Parmi ces rencontres, Marwa Arsanios, sa concitoyenne est également récompensée. Grâce au prix qu'elle a décroché, l’artiste de 34 ans partira en résidence d’artiste aux États-Unis. A Kiev, elle a présenté "un projet de recherche matérialisé dans une œuvre". "Depuis un an et demi, j’effectue un travail de recherche continu sur un magazine culturel égyptien, el-Hilal (le croissant de lune) publié au Caire dans les années 1950, à l’époque de Nasser. J’ai constaté que certains thèmes étaient récurrents dans les colonnes du périodique, des thèmes tels que le socialisme égyptien, l’émancipation des femmes, les questions d’habitat social, de modernisme et de progrès. Ce qui m’intéresse, c’est la manière dont le magazine a adopté ces idées et les a traduites en arabe. J’ai donc réédité un livre à partir de ces archives, en le complétant par des textes d’écrivains. J’ai présenté ce livre au Pinchuk Art Center, dans un espace de 16m². Pendant toute la durée de l’exposition, une actrice lisait en continu un scénario que j’ai écrit à partir des différents numéros du magazine. Pour moi, c’est important que le public ressente une proximité avec la performance, l’actrice qui lit et la matière première".

 

 

 

Marwa Arsanios présente son œuvre exposée au Pinchuk Art Center.



(Pour mémoire : Deux Libanais lauréats du Abraaj Capital Art Prize 2013)

 

Rayyane Tabet, lui, a présenté à Kiev "Architecture lesson", la troisième partie d’une série intitulée "Five Distant Memories". "Dans ce travail, je cherche à me rappeler mes tous premiers souvenirs pour les transformer en expérience", précise le jeune artiste de 29 ans. Parmi ces souvenirs, un jeu de construction en bois que Rayyane se rappelle avoir trimbalé partout. De ce jeu d’enfants, l’artiste fera une installation. Une vidéo de 45 minutes dans laquelle il joue avec son jeu de construction original, construisant et déconstruisant des structures. De ce jeu, il a également fait une installation sculpturale. "Avec 12.000 blocs en béton, rappelant les blocs originaux en bois, j’ai reconstitué un paysage architectural sur le sol, avec un corridor au milieu. L’échelle du temps d’un souvenir est très courte, fugace, éphémère. Au contraire, l’échelle du temps du béton est très longue. C’est un matériau qui est censé durer. Cette dualité fait de l’installation un objet paradoxal intéressant".

 

Rayyane Tabet présente son œuvre exposée au Pinchuk Art Center.

 

 

Après Kiev, les œuvres des deux artistes libanais seront exposées avec celles des autres artistes sélectionnés à la Biennale de Venise en 2013. En attendant, tous les deux sont déjà de retour à Beyrouth où ils se sont remis au travail.

 

 

 

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