Des radicaux islamistes ont conquis hier une grande partie de la base militaire de cheikh Souleimane, assiégée depuis plusieurs semaines par des rebelles dans le nord-ouest de la Syrie, prenant de vitesse les unités de l’Armée syrienne libre (ASL) participant au siège. En fin d’après-midi, les combats se poursuivaient pour conquérir le reste de la caserne. Il s’agit de la dernière garnison gouvernementale d’importance à l’ouest d’Alep, dans une région désormais presque entièrement sous contrôle rebelle. Un grand nombre de combattants sont des étrangers, arabes ou originaires du Caucase. Aucun membre de l’ASL ne participait aux combats.
Le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, avait annoncé plus tôt que des rebelles islamistes « s’étaient emparés après de violents combats du poste de commandement du bataillon 111 et des postes de trois compagnies ». Citant des prisonniers, M. Abdel Rahmane a indiqué que 140 militaires se sont réfugiés dans le centre de recherche scientifique de la base. Il a précisé qu’il doutait que ce centre contienne des armes chimiques. Samedi, un commandant de l’ASL avait affirmé que ses troupes n’allaient pas attaquer avec des armes lourdes pour ne pas endommager le centre de recherche, évoquant « une forte probabilité pour qu’il y ait des armes chimiques ».
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Par ailleurs, des combats entre armée et rebelles ont éclaté hier à Damas, après des bombardements dans la nuit des forces gouvernementales contre des bastions de l’opposition dans la banlieue de la capitale, a annoncé l’OSDH. Dans la nuit de samedi à dimanche, l’armée a également bombardé le quartier de Sakhour à Alep, ainsi que plusieurs villes tenues par les rebelles dans la province environnante, a également rapporté l’OSDH, qui a fait état d’au moins 61 morts hier et 43 tués samedi.
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Samedi, le régime a retourné contre les rebelles l’accusation que lui ont faite les Occidentaux de vouloir utiliser des armes chimiques, en mettant en avant la prise par les jihadistes d’une usine produisant du gaz hautement toxique, dans des lettres adressées à l’ONU et citées par les médias syriens.
Parallèlement, le général Sélim Idris, un transfuge de l’armée, a été élu à la tête du nouveau commandement unifié à majorité islamiste mis en place par les rebelles, ont indiqué samedi des sources proches de l’opposition.
Ligue arabe
Sur le plan diplomatique, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, a espéré hier un rapprochement entre les États-Unis et la Russie sur la Syrie pour faciliter un règlement à l’ONU de la crise dans ce pays. « Les États-Unis et la Russie mènent, avec l’émissaire international (Lakhdar Brahimi), des entretiens (...) qui se sont poursuivis ce jour à Genève », a dit M. Arabi à Doha, lors d’une réunion du comité ministériel arabe sur la Syrie. L’ONU a qualifié de « constructifs » ces entretiens entre M. Brahimi, le vice-ministre russe des affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov et le sous-secrétaire d’État américain William Burns. Et, au terme de ses travaux, le comité ministériel arabe a de nouveau appelé le président Assad à « partir pour faciliter l’amorce d’une transition du pouvoir et mettre fin à l’effusion de sang et aux destructions » dans son pays.
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