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À La Une - Révolte

La Syrie accuse la France de vouloir revenir à l’époque du mandat

Paris veut poser la question de la levée de l’embargo sur les armes ; le sud de Damas violemment bombardé ; près de 200 morts au cours du week-end.

Des rebelles ont pris position dans le musée de Maaret al-Noomane, depuis plusieurs semaines déjà. John Cantlie/AFP

Le régime de Damas a dénoncé hier la décision de la France d’accueillir un « ambassadeur » de la coalition d’opposition comme un acte hostile à l’égard de la Syrie. À Téhéran pour participer à un « dialogue national » entre le régime et des mouvements d’opposition tolérés organisé par le grand allié régional de Bachar el-Assad, le ministre syrien de la Réconciliation nationale, Ali Haydar, a ainsi estimé que la France se comportait « comme une nation hostile ». Elle « veut parler au nom du peuple syrien », a accusé Ali Haydar, « comme si elle voulait revenir à l’époque de l’occupation de la Syrie », faisant allusion au mandat français sur la Syrie (1920-1946).


L’opposition remodelée, qui a posé comme condition sine qua non à tout dialogue le départ de M. Assad et ne participe donc pas à la réunion de Téhéran, était samedi à Paris, qui est à la pointe du soutien au front anti-Assad. Donnant des gages aux pays occidentaux réticents, à l’exception notable de Paris, à la reconnaître comme futur gouvernement provisoire et à l’armer, la coalition a nommé un alaouite, la minorité de M. Assad, ambassadeur à Paris et s’est engagée à inclure « toutes les composantes » du pays dans son « gouvernement de technocrates ». Jusqu’à présent, elle n’a été reconnue comme unique représentant légitime du peuple syrien que par les monarchies du Golfe, la Turquie et la France, qui envisage même un éventuel armement des rebelles.

Mazzé et la base 46
Paris doit poser aujourd’hui à ses partenaires européens la question d’une levée de l’embargo de l’UE sur les armes en Syrie, lors d’une réunion à Bruxelles. Le vice-Premier ministre syrien Qadri Jamil, également présent à Téhéran, a accusé Paris de « chercher à légaliser la fourniture d’armes à cette coalition qui refuse de résoudre la crise par le dialogue ».


Sur le terrain, les quartiers sud de Damas étaient sous le feu de l’artillerie, tandis que soldats et rebelles s’affrontaient à travers le pays, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Un civil a été tué et de nombreux autres blessés dans des tirs d’artillerie sur Hajar al-Aswad, au sud de la capitale, tandis que dans le nord de Damas, soldats et rebelles s’affrontaient dans la ville d’al-Nabak après une attaque des insurgés contre un bâtiment gouvernemental, selon la même source. À Damas même, plusieurs obus de mortier sont tombés sur le « secteur 86 », dans le quartier de Mazzé, à majorité alaouite. L’OSDH n’a pas précisé l’origine de ces tirs, que la télévision officielle a attribués à des « groupes terroristes ». Les militants de la Commission générale de la révolution syrienne (CGRS) ont également fait état du bombardement par l’artillerie des quartiers sud de la capitale, en particulier Assali et Qadam. Et selon la chaîne al-Arabiya, les rebelles ont abattu un hélicoptère dans la région d’al-Ghouta.


Dans le nord du pays, de violents combats ont touché plusieurs quartiers d’Alep et des localités alentour, a rapporté l’OSDH. Toujours dans la même province, « de violents combats font rage entre l’armée et différents groupes d’insurgés autour de la base 46 de l’armée, que les rebelles ont assiégée pendant plusieurs semaines », indique l’OSDH. « Les rebelles ont pris le contrôle d’une grande partie de la base 46 », a précisé l’ONG. Durant leur assaut sur cette grande base située sur une colline proche de la localité d’Atareb, les combattants rebelles ont également saisi des armes lourdes de l’armée. L’artillerie bombardait également les provinces de Deraa et de Deir ez-Zor, où les rebelles se sont emparés samedi, après des semaines de combats, d’un aéroport civil utilisé par les hélicoptères de l’armée de l’air. Et au moins deux rebelles ont péri dans une embuscade tendue par les forces régulières dans la province de Hama, a ajouté l’OSDH.


Hier, les violences ont fait au moins 50 morts, dont 26 civils, 12 soldats et 12 rebelles, selon un bilan provisoire. Samedi, 146 personnes ont péri à travers la Syrie, pour moitié des civils.

Nouveaux tirs au Golan
En outre, dans le Golan en partie occupé par Israël, l’État hébreu a une nouvelle fois annoncé avoir tiré vers la Syrie après qu’un véhicule militaire israélien eut été touché. Après de nombreux incidents cette semaine, les premiers du genre depuis près de 40 ans, Israël a porté plainte auprès de l’ONU, qui a démenti avoir donné son aval aux tirs syriens contre des rebelles dans le Golan, comme l’assurait Damas.


Sur le plan humanitaire, Riyad va livrer avant l’hiver 2 500 caravanes aux réfugiés syriens en Jordanie, selon un responsable du royaume hachémite qui accueille près de 230 000 Syriens. Et, après la libération samedi du cameraman turc Cüneyt Ünal, la famille de son collègue palestinien Bachar Fahmi al-Kaddumi a lancé un appel à l’aide pour sa libération. Enlevé le 20 août, M. Kaddumi, reporter de la chaîne al-Hurra, aurait été grièvement blessé et serait aux mains du régime, selon l’organisation de défense de la liberté de la presse SKeyes.

Le régime de Damas a dénoncé hier la décision de la France d’accueillir un « ambassadeur » de la coalition d’opposition comme un acte hostile à l’égard de la Syrie. À Téhéran pour participer à un « dialogue national » entre le régime et des mouvements d’opposition tolérés organisé par le grand allié régional de Bachar el-Assad, le ministre syrien de la Réconciliation nationale, Ali Haydar, a ainsi estimé que la France se comportait « comme une nation hostile ». Elle « veut parler au nom du peuple syrien », a accusé Ali Haydar, « comme si elle voulait revenir à l’époque de l’occupation de la Syrie », faisant allusion au mandat français sur la Syrie (1920-1946).
L’opposition remodelée, qui a posé comme condition sine qua non à tout dialogue le départ de M. Assad et ne participe...
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