Rechercher
Rechercher

Taulards veinards

Dans la série « trouvons une nouvelle bimbreloque pour amuser la piétaille », un sujet en diamant brut nous est tombé du ciel par la grâce d’une inspection surprise des pandores au pénitencier « quatre étoiles filantes » de Roumieh. Là, les poulets chargés de la mission « coucou, nous voilà » devaient découvrir avec des semaines de retard que trois agités de la barbe s’étaient fait la malle à travers le bosquet bucolique entourant le bagne.
Certes, les trois allumés ont mitonné plus d’atteintes aux droits de l’homme que les archives d’Amnesty International ne pourraient en contenir, mais fallait bien que quelqu’un, quelque part, ait aboyé l’ordre de les laisser filer.
Comme il se doit, le scandale clownesque a été aussitôt suivi du couplet réchauffé de l’indignation des roitelets locaux. À juste titre d’ailleurs, puisqu’on devait apprendre que les geôliers du coin jouent les rase-moquettes devant les détenus et leur offrent des fleurs sur fond de musique classique dans leurs taules Art déco.
Quant au directeur de la prison, qui traîne derrière lui toute une batterie de casseroles judiciaires, il enfilait les jours et les nuits pour assurer une ventilation régulière des cachots. Du balai ! Barbes frisottées et chemises de nuit, une même vidange ! Cette fois, la burqa n’est pas offerte, comme pour Chaker Absi et ses sbires à Nahr el-Bared, mais un kalach et des munitions pour la réinsertion sociale des taulards.
Le cancan est aussitôt relayé par Orangina qui a pris la baballe au bond, chargeant le radeau délabré et versant de l’acide nitrique sur la plaie. Heureusement qu’on l’a, celui-là. Il n’a pas son pareil pour créer de l’animation dans le landernau flapi. D’ailleurs, le Conducator de Rabieh ne s’est pas trop fait prier pour coller le pataquès sur la tronche des pieds nickelés des FSI. Demain, il fera porter le burnous par-dessus le crâne luisant du Tondu de Meerab en jurant que les trois fuyards à babouches ont trouvé refuge dans sa cave à vin.
Il reste que le procès des autres bipèdes incarcérés, dont certains depuis 10 ans, pourra maintenant s’ouvrir dans la nouvelle salle d’audience de Roumieh. Dix ans au cours desquels ces humanoïdes ont eu tout le temps de tourner légumes puis de fermenter doucement à l’ombre des miasmes. À l’heure qu’il est, ils ont dû se transformer en organismes bio...
Finalement, on ne se refait pas : affaires corneculs, fonctionnaires tordus, pays fichu... Quel rebut !

 

gabynasr@lorientlejour.com

Dans la série « trouvons une nouvelle bimbreloque pour amuser la piétaille », un sujet en diamant brut nous est tombé du ciel par la grâce d’une inspection surprise des pandores au pénitencier « quatre étoiles filantes » de Roumieh. Là, les poulets chargés de la mission « coucou, nous voilà » devaient découvrir avec des semaines de retard que trois agités de la barbe s’étaient fait la malle à travers le bosquet bucolique entourant le bagne.Certes, les trois allumés ont mitonné plus d’atteintes aux droits de l’homme que les archives d’Amnesty International ne pourraient en contenir, mais fallait bien que quelqu’un, quelque part, ait aboyé l’ordre de les laisser filer.Comme il se doit, le scandale clownesque a été aussitôt suivi du couplet réchauffé de l’indignation des roitelets locaux. À...
commentaires (3)

Le Conducator de Rabieh et le Tondu de Meerab les deux meilleurs acteurs qui méritent pour une fois un oscar pour leur plus beau film, Mensonges et moqueries . Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

06 h 31, le 19 octobre 2012

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Le Conducator de Rabieh et le Tondu de Meerab les deux meilleurs acteurs qui méritent pour une fois un oscar pour leur plus beau film, Mensonges et moqueries . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    06 h 31, le 19 octobre 2012

  • Excellemment jouissif !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    02 h 10, le 19 octobre 2012

  • Gaby Nasr, deux mois d'absence jour pour jour de votre billet du vendredi ça pèse. Il est en effet la garantie du seul sourire de la semaine dans les temps très noirs que l'on vit. De la couleur des fameuses chemises. Dans la même douzaine de jours la fuite de sinistres barbus des cachots ouverts et lumineux de la république de banane d'Orient, plus deux discours lugubres de cheikh Naim Kassem, comment veut-on que l'on supporte ça ? Avec un peu de retard, votre billet vient dire : "Just relax" ! On imagine alors -on n'y avait pas pensé- comment des jours et des nuits les trois barbus, agenouillés, imploraient à Allah la permission de tirer la barbe en vue de pouvoir fuir de la prison de Roumieh pour le sacro-saint jihad, cette fois sans doute en terres syriennes et probablement en jihad opposé à celui de nos chers jihadistes du Hezbollah, les uns tuant d'un côté, les autres tuant de l'autre. Le sourire à la lecture de votre billet revient lorsqu'on arrive à "Orangina, Conducator de Rabieh, jurant que les trois fuyards à babouche ont trouvé refuge (et préparent leur jihad) dans la cave à vin du Tondu de Meerab". Ouf ! Malgré tout on est un peu relaxé.

    Halim Abou Chacra

    00 h 01, le 19 octobre 2012

Retour en haut