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L'Iran propose une "période de transition" en Syrie avec Assad au pouvoir

Révolte Le conflit menace la paix mondiale, dit Brahimi à Bagdad ; l'UE renforce ses sanctions.
OLJ/Agences
15/10/2012

L'Iran a proposé au médiateur international Lakhdar Brahimi une "période de transition" en Syrie aboutissant à la tenue d'élections présidentielle et législative sous la supervision du président Bachar el-Assad, a déclaré lundi un haut responsable iranien, cité par la télévision en langue arabe Al-Alam.

 

"Nous proposons l'arrêt de la violence, un cessez-le-feu, l'arrêt de l'envoi d'armes et du soutien aux groupes terroristes, ainsi que l'organisation d'un dialogue national entre l'opposition et le gouvernement", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian.

 

Il a ajouté que la Syrie avait donné son "accord" à cette proposition.

Le 10 octobre, Damas avait rejeté un appel du chef de l'ONU Ban Ki-moon à décréter un cessez-le-feu unilatéral.

 

En tournée régionale pour chercher une issue au conflit syrien entré lundi dans son 20e mois, M. Brahimi a pour sa part appelé les dirigeants iraniens "à aider pour la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu en Syrie durant l'Aïd al-Adha, l'une des fêtes les plus sacrées célébrées par les musulmans dans le monde", selon un communiqué de son porte-parole.

 

Après Téhéran, l'émissaire international est arrivé à Bagdad où il a affirmé que le conflit en Syrie représentait "un danger pour la paix dans le monde".

A l'issue de ses entretiens avec le Premier ministre Nouri el-Maliki, le président Jalal Talabani et le chef de la diplomatie Hoshyar Zebari, M. Brahimi a déclaré à la presse qu'il avait "discuté de la Syrie, de ses multiples problèmes et du danger que cela représente pour le peuple syrien, les voisins de la Syrie et la paix dans le monde".

 

M.Maliki, de son côté, a réitéré le "soutien" de l'Irak aux efforts de l'émissaire "pour parvenir à une solution politique à la crise", selon son bureau.

 

L'émissaire international a par ailleurs démenti qu'il envisageait de demander le déploiement d'une force de maintien de la paix en Syrie, comme l'avait affirmé quelques heures plus tôt, Ahmad Ramadan, chef du bureau d'information du Conseil national syrien (CNS), principale instance de l'opposition.

 

Après l'Arabie saoudite, la Turquie, l'Iran et l'Irak, l'émissaire doit se rendre en Egypte où, selon une source au sein de la Ligue arabe, il devrait arriver lundi soir.

 

 

Le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari recevant lundi à Bagdad

l'émissaire international Lakhdar Brahimi. ALI AL -SAADI/AFP



Nouvelles sanctions de l'UE

Les efforts diplomatiques de M. Brahimi surviennent alors que les combats entre rebelles et troupes du régime font rage et que les divisions persistent entre l'Occident et la Russie, alliée du président Bachar el-Assad, sur les moyens de régler la crise.

 

Dimanche soir, les ministres européens des Affaires étrangères ont eu un long échange avec leur homologue russe Sergueï Lavrov et l'ont mis en garde contre "le danger d'un embrasement" en Syrie. Mais les discussions n'ont pas pu permettre de parvenir à "quelque progrès que ce soit", selon le Britannique William Hague.

 

Face à la détermination du pouvoir d'en finir avec les rebelles, l'Union européenne a décidé de nouvelles sanctions contre le régime, gelant des fonds de 28 partisans de M. Assad et de deux sociétés.

 

Crise syro-turque

Le conflit se double d'une crise ouverte entre la Syrie et la Turquie voisine -qui soutient la rébellion et héberge plus de 100.000 réfugiés syriens- depuis la mort, le 3 octobre, de cinq civils turcs par un obus syrien tombé dans un village turc à la frontière.

 

Quelques jours après avoir intercepté un avion civil syrien accusé de convoyer du matériel militaire russe à destination du régime, la Turquie a procédé lundi au contrôle d'un avion de transport arménien à destination d'Alep, la métropole du Nord secouée par des combats acharnés depuis trois mois.

Ce contrôle "montre que nous sommes très sérieux" au sujet du respect des sanctions internationales visant Damas, notamment les livraisons d'armes, a indiqué le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç.

 

Dimanche, Ankara a décidé de fermer son espace aérien aux vols civils syriens. Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a fait cette annonce après que Damas eut décidé samedi d'interdire aux avions de la Turkish Airlines de survoler son territoire. M. Davutoglu a par ailleurs rejeté les appels de Damas à un dialogue bilatéral pour gérer les tensions frontalières.

 

La mosquée historique des Omeyyades d'Alep endommagée

Sur le terrain, 80 personnes ont péri lundi dans les violences, dont 30 civils, 12 rebelles et 38 soldats, selon l'Observatoire syriens des droits de l'Homme (OSDH).

 

Les violences n'ont pas épargné non plus le patrimoine historique. Joyau historique de la deuxième ville de Syrie, une partie de la Grande Mosquée des Omeyyades d'Alep a subi d'importants dommages en raison des combats, selon un correspondant de l'AFP.

A l'intérieur de cette mosquée construite au VIIIe siècle puis rebâtie au XIIIe siècle, des tapis étaient brûlés et le sol couvert de douilles et de vitres brisées, selon un correspondant de l'AFP sur place. Des reliques appartenant selon la tradition au prophète Mahomet, trois cheveux et un fragment de dent, ont été subtilisées.

 

Dimanche, l'armée a repris le contrôle total de la mosquée que les rebelles avaient partiellement prise la veille. M. Assad a formé lundi une commission chargée de restaurer le site.

 

L'armée, forte de sa puissance aérienne, mène une contre-attaque au sud d'Alep et dans la région voisine d'Idleb pour reprendre des positions clés conquises par les insurgés. Elle tente aussi de repousser une offensive rebelle contre la base militaire de Wadi Deif, la plus importante d'Idleb. Dans cette région, les insurgés ont encore une fois coupé la route à des renforts de 30 véhicules sur la route d'Alep, selon l'OSDH.

 

L'opposition armée s'est emparée la 9 octobre de la ville stratégique de Maaret al-Noomane située sur cette route, pouvant ainsi freiner l'acheminement des renforts militaires vers la métropole du Nord.

Cette situation affaiblit l'armée, alors que selon des analystes, les troupes sont démoralisées après 19 mois de révolte et plus de 33.000 personnes tuées selon l'OSDH.

 

Human Rights Watch (HRW) a en outre accusé l'aviation du régime, couramment utilisée dans le conflit, d'avoir largué des bombes à sous-munitions. Selon l'organisation de défense des droits de l'Homme basée à New York, ces armes ont été utilisées dans les provinces d'Idleb (nord-ouest), Alep, Homs (centre) de Lattaquié (sur la côte) et Damas.

Des affirmations démenties par l'armée syrienne qui a affirmé, dans un communiqué publié par l'agence officielle Sana, qu'elle ne disposait pas de ce genre d'armes.

 

A Alep, la mosquée des Omeyyades, la plus importante et la plus ancienne de la cité commerçante du nord de la Syrie, a été touchée par les combats entre rebelles et armée, le week-end dernier. Photo datant le 13 octobre 2012. REUTERS/ Shaam News Network/Handout 

 

 


La plupart des livraisons d'armes iraient aux islamistes

Par ailleurs, le New York Times a publié un rapport, lundi, qui indique que la majorité des armes acheminées secrètement vers la Syrie, à l'initiative de l'Arabie Saoudite et du Quatar, tombent dans les mains de groupes islamistes intransigeants plutôt que dans celles d'organisations plus laïques qui ont les faveurs de l'Occident.

 

Citant des responsables anonymes, le journal a affirmé que telle était la conclusion de plusieurs rapports classés secret-défense présentée au président Barack Obama et à d'autres décideurs américains. Ces responsables déplorent qu'il n'existe pas de système centralisé pour coordonner ces livraisons et contrôler à quels groupes elles sont destinées, a précisé le journal. C'est pour cette raison, croit-il savoir, que le directeur de la CIA, David Petraeus, s'est déplacé secrètement en Turquie le mois dernier pour tenter d'encadrer cet approvisionnement.

La CIA ne s'est pas exprimé sur ce voyage.

 

Enfin, une journaliste ukrainienne travaillant en Syrie, qui soutenait ouvertement le régime, a été enlevée par des rebelles syriens, ont annoncé lundi les autorités ukrainiennes.

 

Reportage

« Mon fils est dans un sac en plastique, laissez-moi le voir une dernière fois ! »

 

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Ali Farhat

Ce drone, il aurait fallu qu'il soit qatari ou du pays démocratique de la famille des saoud, on aurait été plus fier... mais ne les dérangeons pas car ils ont eu certainement mieux à faire... notamment dans l'amélioration de la qualité de la tasse de café ou le remplacement des jockeys humains par des robots de fabrication japonaise lors des courses de chameaux. Merci encore à l'Iran pour son soutien inconditionnel à la cause des peuples martyrisés et surtout à celle de la Palestine. Si un jour l'Iran aura une influence de géant dans notre région et c'est le chemin qu'il prend... eh bien il ne l'aura volé à personne!

GEDEON Christian

La question n'est même pas là...il y a belle lurette que j'ai écrit que s'attquer au Liban est une mauvaise idée,depuis la nuit des temps...que les attaques viennet de l'extérieur au qu'elles soient internes(ah,la période "arabiste" de "certains")...le Liban est le Liban de toute éternité,quoiqu'on en dise....la toute petite arête de poisson qui étouffe celui qui veut avaler un poisson apparemment inoffensif...qu'on se le dise,et qu'on nous foute la paix,de l'intérieur comme de l'extérieur ,une fois pour toutes...chou ma rah tefhammo,baa?!

Pierre Hadjigeorgiou

Aptres avoir creve le Liban dans des guerres dont il se serait passe, voila que la Syrie recolte enfin se qu'elle a semee! Le regime aura beau essayer de resister a son peuple, il finira p[ar tomber et il semble que se sera pour tres bientot. Il ne suffit pas de prendre un quartier par ci par la et de perdre le restant du pays avec le peuple de surcroit. Ni Hezbollah, ni Pasdaran, ni Russes ni chinois ne peuvent plus rien sauf retarder l'echeance malheureusement aux depends du peuple Syrien. Ils s'en foutent eux comme de l'an 40. L'ophtalmo lui s'en fout il? Ne pense-t-il pas que quelque soit le reglement futur il trouvera toujours quelqu'un pour le descendre par vengeance? Que meme les Riusses ne veulent pas de lui sur leur territoire? Ah j'oubliai que son peuple l'aimait!!! Si c'est du meme amour dont jouissait Khaddafi "Fa min 7abba ma katal"!

Paul-René Safa

Prenez l'ophtalmo chez vous messieurs Vladimir Poutine, Mahmoud Ahmadinéjad et Hu Jintao où il pourra exercer ses talents à loisir, telle est, monsieur Lakhdar Brahimi, la seule issue à la crise.

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