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Moyen Orient et Monde - France

« Ce qui est sûr, c’est qu’on voulait tuer »

Une famille britannique d’origine irakienne sauvagement et mystérieusement massacrée en Haute-Savoie.

Jean-Pierre Clatot/AFP

Les enquêteurs français disposaient hier soir de peu d’éléments sur le massacre de quatre personnes dans les Alpes, dans l’attente de l’autopsie des corps aujourd’hui, même si une fillette de 4 ans retrouvée miraculeusement indemne a commencé à parler. Trois personnes sur les quatre trouvées mortes en pleine forêt, dans le village de Chevaline (en Haute-Savoie), ont été tuées d’une balle dans la tête. Il s’agit du conducteur d’une BMW immatriculée en Grande-Bretagne, d’une femme trouvée morte à l’arrière de ce véhicule et d’un cycliste français, habitant la région et découvert mort à proximité. Une autre femme, victime de la fusillade, gisait également à l’arrière de la BMW. « Ce qui est sûr c’est qu’on voulait tuer », a déclaré à la presse le procureur de la République d’Annecy, Éric Maillaud, dénonçant un acte d’une extrême « sauvagerie », « un crime particulièrement horrible » et « hors normes ».

Tests ADN
Pour identifier formellement les victimes, les enquêteurs attendent l’envoi de traces ADN par leurs homologues britanniques qui ont perquisitionné le domicile de la famille des victimes présumées, dans un quartier résidentiel de Claygate, à une trentaine de kilomètres au sud de Londres. Le conducteur s’était enregistré avec sa famille quelques jours plus tôt dans un camping voisin du lieu du drame, à Saint-Jorioz, et la voiture est immatriculée à son nom. Né à Bagdad, il vivait depuis de nombreuses années en Grande-Bretagne, a confirmé le procureur, qui n’a cependant pas souhaité donner son nom dans l’attente de l’identification ADN. De source policière, cet homme de 50 ans s’appelle Saad al-Hilli et est domicilié dans la grande banlieue sud de Londres, dans le comté du Surrey. Deux passeports, suédois et irakien, ont aussi été retrouvés dans la voiture, qui n’a été évacuée qu’hier en fin d’après-midi, plus de 24 heures après sa découverte, alors que des techniciens faisaient leurs dernières expertises. Des gendarmes étaient également postés devant la caravane blanche de la famille, dans le camping « Le Solitaire du lac » où elle séjournait. Le renseignement intérieur a été aussi sollicité pour ses contacts avec les services étrangers et pour vérifier si des protagonistes de l’affaire apparaîtraient dans ses fichiers. La plus âgée des deux femmes, 74 ans, est de nationalité suédoise.

Sous les bagages
En outre, le procureur a insisté sur le fait que la fillette de 4 ans retrouvée indemne était « totalement invisible », cachée au milieu d’une accumulation de bagages aux pieds des femmes tuées, alors qu’un début de polémique a été lancé sur le délai de huit heures avant qu’elle ne soit découverte. « Elle était manifestement heureuse d’être dans les bras des enquêteurs. Elle a été hospitalisée dans un service pédopsychiatrique. L’essentiel est de la protéger, de la soutenir », a dit le procureur. Elle a commencé à parler et pourrait être entendue prochainement sur le drame, a-t-il ajouté, tout en appelant à ne pas trop attendre du témoignage d’une enfant de 4 ans. Sa sœur aînée, grièvement blessée à la tête, a quant à elle été plongée dans un coma artificiel et doit être réopérée, mais son pronostic vital n’est plus engagé.

 « Réflexes extraordinaires »
Les victimes ont été découvertes par un cycliste mercredi après-midi dans leur BMW break, sur un chemin forestier qui est un point de départ de randonnées faciles avec des enfants. Quand le témoin à vélo (un ancien de la Royal Air Force ayant une propriété dans la région et qui avait l’habitude de venir en vélo dans cette zone) a découvert la scène du crime, le drame venait alors visiblement tout juste de se produire : il venait d’être dépassé par le cycliste retrouvé tué. Le procureur a rendu hommage aux « réflexes extraordinaires » de ce premier témoin, qui a mis l’enfant blessée en position latérale de sécurité. Les témoignages concernant le véhicule du ou des tueurs sont quant à eux étudiés. De nombreuses douilles ont d’ores et déjà été retrouvées sur les lieux du crime, provenant d’une arme de type pistolet automatique.
Pour sa part, l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris, Peter Ricketts, s’est rendu sur place et s’est dit « satisfait » de la manière dont la gendarmerie française mène l’enquête. Interrogé sur la découverte de la fillette miraculée huit heures après la découverte de la tuerie, il a affirmé que « c’était une chose horrible à infliger à quiconque ». « Je ne ferai pas de critiques, je sais que c’était difficile », a-t-il cependant nuancé. « J’ai compris que (les gendarmes) craignaient de perturber la scène du crime et qu’ils n’avaient aucune raison de penser qu’une autre fillette se trouvait sur les lieux », a-t-il remarqué. Du personnel consulaire britannique a rencontré la fillette hier après-midi pour lui venir en aide « car elle était dans un contexte francophone », a encore indiqué l’ambassadeur. « On offre à cette fillette un soutien », a-t-il ajouté.

Grande émotion
Cette tuerie a suscité une forte émotion en France et en Grande-Bretagne. « Il y a une très grande émotion en France et au Royaume-Uni », et nous devons « tout faire pour retrouver le ou les coupables (...) et dire au peuple britannique que nous sommes solidaires », a déclaré le président français, François Hollande, lors d’un point de presse en marge de sa visite à Londres auprès de la délégation française aux Jeux paralympiques. « Nous ne connaissons pas les motifs de cette affaire ou les résultats de l’enquête mais tout sera fait pour retrouver le ou les coupables », a-t-il répété. « Fusillade terrible et tragique en France », a réagi le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, sur son compte Twitter.
Les médias britanniques se sont emparés de l’affaire dès mercredi soir, après la révélation que la plaque d’immatriculation du véhicule était britannique. The Independent et le Mirror évoquent l’hypothèse d’un braquage qui aurait mal tourné, tandis que The Telegraph parle d’assassinats, des faits prémédités donc, par un tueur soucieux de ne laisser aucun témoin derrière lui, des hypothèses que les enquêteurs n’avancent pas pour l’heure.
(Source : agences)
Les enquêteurs français disposaient hier soir de peu d’éléments sur le massacre de quatre personnes dans les Alpes, dans l’attente de l’autopsie des corps aujourd’hui, même si une fillette de 4 ans retrouvée miraculeusement indemne a commencé à parler. Trois personnes sur les quatre trouvées mortes en pleine forêt, dans le village de Chevaline (en Haute-Savoie), ont été tuées d’une balle dans la tête. Il s’agit du conducteur d’une BMW immatriculée en Grande-Bretagne, d’une femme trouvée morte à l’arrière de ce véhicule et d’un cycliste français, habitant la région et découvert mort à proximité. Une autre femme, victime de la fusillade, gisait également à l’arrière de la BMW. « Ce qui est sûr c’est qu’on voulait tuer », a déclaré à la presse le procureur de la République...
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