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Bill Clinton superstar à Charlotte

Convention démocrate
06/09/2012

L’ancien président Bill Clinton devait être la superstar de la deuxième journée de la convention démocrate de Charlotte, dont l’apothéose, le discours d’investiture de Barack Obama, arrivé hier en ville, a été contrariée par la météo. En effet, les démocrates ont annoncé à regret que le grand moment de la convention, le discours d’investiture de M. Obama ce soir, n’aurait pas lieu comme prévu dans un stade découvert de 73 000 places, mais dans la « Time Warner Cable Arena », une enceinte cinq fois plus petite. Cette décision a été officiellement prise pour des raisons de sécurité, les services météo prévoyant de violents orages sur la région, et les démocrates ont démenti avoir eu du mal à remplir ce stade comme certains républicains l’ont insinué.


M. Clinton est intervenu à partir de 22h30 heure locale devant les 6 000 délégués à Charlotte, la grande ville de Caroline du Nord, couronnement d’une soirée de discours sur les thèmes socio-économiques. L’ancien président US est considéré comme un atout majeur pour Barack Obama, étant resté très populaire parmi les démocrates, et même une partie des républicains. Il a la capacité de présenter les choses de manière simple et convaincante, d’autant plus qu’il a une influence totale sur la classe ouvrière blanche. Il faut dire que sous l’administration de M. Clinton, président de 1993 à 2001, le pays a traversé une période de forte croissance, de chômage faible et de surplus budgétaires, malgré une politique fiscale moins avantageuse pour les plus aisés que celle de son successeur républicain George W. Bush. Notons au passage que Bill Clinton a vécu des relations compliquées avec M. Obama, vainqueur sur le fil de la primaire démocrate en 2008 face à l’ancienne Première dame Hillary Clinton. Mais il s’est progressivement mis au service de son successeur et a décoché des attaques acérées contre M. Romney.


M. Obama tentera le 6 novembre de conserver la Maison-Blanche face au républicain Mitt Romney, quatre ans après le début d’une crise économique aiguë dont les États-Unis se relèvent difficilement après avoir perdu plus de huit millions d’emplois. Les républicains accusent M. Obama d’incompétence dans ce dossier. M. Obama, se disant convaincu que la prospérité des États-Unis dépend de celle de sa classe moyenne, souhaite laisser expirer les allègements fiscaux consentis par M. Bush aux contribuables les plus nantis, tandis que M. Romney prévoit, s’il est élu, d’alléger encore plus la fiscalité, en particulier des « créateurs d’emplois ».


Parmi les autres intervenants figurent des hérauts de politiques sociales généreuses, comme Jim Sinega, fondateur de la chaîne de supermarchés Costco, mais aussi l’élu de la Chambre Barney Frank, co-auteur d’une loi d’encadrement des activités bancaires, et Elizabeth Warren, une candidate au Congrès qui a porté le projet d’une agence publique de défense des consommateurs face à l’hostilité des républicains.


Le camp de M. Romney, engagé dans une campagne âpre qui reflète l’étroitesse des écarts dans les sondages avec M. Obama, a cherché hier à couper l’herbe sous le pied des démocrates en assurant que le président actuel, sous qui la dette publique américaine a crû de plus de 5 000 milliards de dollars, ne pouvait pas décemment se réclamer de M. Clinton. L’ancien gouverneur du New Hampshire John Sununu a même estimé qu’ « en terme d’irresponsabilité budgétaire, le président Obama ne se distingue pas seulement de l’héritage Clinton, il le fait voler en éclats et l’écrase au rouleau-compresseur ».

La LGTB répond présent
Parmi ceux et celles qui ont tenu à apporter leur soutien au président américain, les délégués LGTB (communauté lesbienne, gay, transsexuelle et bisexuelle). De sa voix grave, Melissa Sklarz égrène les chiffres : « Six en 2004, huit en 2008, et nous sommes 13 aujourd’hui. C’est un record », se réjouit cette transsexuelle, déléguée à la convention démocrate. Melissa, Amy, Jamie, Janice, Mara, Meghan ou Kylar, elles/ils sont venus de tous les États-Unis. Même si elles ne sont que 13, parmi les 5 964 délégués, c’est l’occasion de saluer les progrès de ces dernières années, et de dire leur reconnaissance pour ce président « de la diversité ». Mais aussi parfois, de partager les confidences d’une vie difficile, surtout pour les plus âgées. « Les gens sont virés de leur boulot, ils perdent leur maison, ils n’ont pas de couverture médicale », assure Melissa, en racontant comment elle est restée sans travail pendant trois ans durant sa transition. En dépit d’études supérieures, après une carrière de 20 ans en entreprise, elle a été tour à tour serveuse, réceptionniste, vendeuse par téléphone... avant de se lancer en politique et d’y trouver un équilibre.

 

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