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Interdiction de fumer dans les lieux publics : une loi qui ne fait pas l’unanimité au Liban

Société Près de 80 % de la population libanaise fume.
30/08/2012

Lundi 3 septembre, la loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics va entrer en vigueur au Liban. Dans un pays où les cigarettes ne sont pas chères, fumer est presque intégré dans la culture. 

 

Nous sommes allés à la rencontre de commerçants et de directeurs d’entreprises privées. Vont-ils appliquer la loi sur l'interdiction de fumer ? Si oui, comment vont-ils procéder pour la faire respecter ?


Dans l’agence de voyages où travaille Mlle Rayan, un panneau interdisant de fumer a été placé depuis longtemps sur la devanture : « On a l’impression que tout le monde fume, mais il faut respecter le droit des non-fumeurs... ne pas leur imposer sa cigarette. Il s’agit de la santé propre à chacun. »


Même son de cloche auprès d’un responsable d’une entreprise média, pour qui cette loi est une bonne chose. « Je considère que chacun est libre et que nul ne doit porter préjudice à la santé des non-fumeurs », explique-t-il. L’interdiction, il l’avait prévue : des pancartes ornent les murs et portes de la société. Et si les employés ne respectaient pas ce règlement intérieur ? « Je sais que ça ne va pas être facile, mais je compte et crois en la moralité et l’esprit de discipline de chacun », poursuit le responsable.


Dans un salon de coiffure pour hommes, c’est toute une autre argumentation que l’on entend : « Le pays a d’autres problèmes à régler avant de se concentrer sur la cigarette... Ce sont de faux problèmes fabriqués de toutes pièces. Personnellement, je ne respecterai pas la loi. Si un de mes clients souhaite fumer, je ne le lui interdirai pas. Les gens viennent ici pour avoir un moment de détente. Les Libanais sont des gens stressés par la vie, pourquoi les priver de cela ? » affirme tout de go et pratiquement sans prendre son souffle le patron des lieux.


Dans le salon de coiffure pour dames à côté, l’avis est partagé. Cigarette au bec, le coiffeur nous précise que cela va être difficile, mais il insiste sur le fait que « nous travaillons sur la beauté : les cheveux par exemple sentent le tabac à peine la cliente sortie du salon... En principe, la loi devrait être appliquée, dans la réalité c’est une autre affaire ».


Quoi qu’il en soit, la cigarette est addictive. Un temps de transition supplémentaire pourrait sans doute s’instaurer discrètement pour que les gens perdent l’habitude de fumer n’importe où. En attendant un respect effectif de la loi.

 

 

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