Un combattant de l'Armée syrienne libre (ASL), en costume, dans les rues de la vieille ville d'Alep, le 21 août 2012. AFP/PHIL MOORE
L'armée syrienne a intensifié mercredi ses raids meurtriers contre des secteurs rebelles à Damas et Alep au lendemain d'une annonce surprise par le régime de sa disposition à discuter avec l'opposition d'un départ du président Bachar el-Assad en vue de régler le conflit.
Appuyés par des hélicoptères et l'artillerie lourde, des soldats syriens ont lancé une importante opération à Kafar Soussa, dans l'ouest de Damas, et sa banlieue qui a fait au moins 22 morts tandis qu'un attentat à la voiture piégée a tué trois personnes à Doummar, près de la capitale, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
L'OSDH a par ailleurs accusé les troupes du régime d'avoir tué 42 civils dans une opération mardi contre la ville de Maadamiyat al-Cham, à 6 km de Damas dont certains auraient été sommairement exécutés. Les troupes ont notamment tiré sur une procession funèbre et le bilan risque de s'alourdir, selon l'OSDH.
Ailleurs dans le pays, l'aviation du régime a bombardé des secteurs rebelles du sud d'Alep, la grande métropole du Nord où les insurgés opposent une résistance farouche aux forces régulières depuis plus d'un mois. L'armée a tiré des obus sur des quartiers de l'est de la ville et des combats font rage dans plusieurs secteurs de la cité, selon l'OSDH. La veille, soldats et rebelles ont tous deux affirmé avoir gagné du terrain à Alep, les insurgés affirmant contrôler près des deux-tiers de la cité, ce que dément Damas.
Cette cité, qui était la plus florissante du pays grâce à sa production industrielle, se consume aujourd'hui sous le déluge de feu de l'armée et des rebelles, luttant avec acharnement pour son contrôle. Car c'est dans cette ville, stratégique pour sa richesse et sa proximité avec la frontière turque que se joue, selon le régime de Bachar el-Assad, "la mère de toutes les batailles" dans ce conflit.
Partout à Alep, se dressent des tas d'ordures d'où s'élève une fumée noire. Tous les jours, des taxis transportant des blessés passent en trombe alors que des rebelles tentent d'abattre les hélicoptères qui tirent sur leurs positions.
Plus à l'est, à la frontière irakienne, les insurgés ont affirmé avoir pris le contrôle de secteurs de la ville de Boukamal, a indiqué l'OSDH tout en estimant "très difficile pour les rebelles de prendre la totalité de la ville, car des centaines de soldats y sont déployés".
Ces combats ont fait, mercredi, au moins 77 morts, en majorité des civils.
Depuis le début de la révolte contre le régime Assad en mars 2011, et alors que le mouvement de protestation a pris un tour violent en raison de la répression, plus de 23.000 personnes ont péri selon l'OSDH, et 17.000 selon l'ONU.

A Alep, des rebelles et leur prisonnier, le 21 août. AFP /James Lawler Duggan
Départ de Assad
Alors que rien ne permet de croire à un arrêt rapide des violences, le vice-Premier ministre syrien Qadri Jamil a dit, mardi à Moscou, que le régime était prêt à discuter d'une démission du président Assad dans le cadre de négociations avec l'opposition. Il a néanmoins ajouté que ce départ ne pouvait être posé comme préalable à un dialogue.
Selon des sources politiques à Damas, M. Jamil s'est rendu à Moscou, fidèle allié du régime, pour discuter d'un projet d'organiser une présidentielle anticipée avec la participation de tous les candidats le souhaitant, y compris M. Assad, sous une supervision internationale.
L’opposition syrienne exclut toutefois tout dialogue avant le départ de M. Assad, dont la famille gouverne le Syrie depuis plus de quatre décennies. "Chaque fois que le régime veut gagner du temps, il appelle au dialogue mais il ne pense pas un seul instant mettre un terme à la guerre contre son peuple", a ainsi déclaré Burhan Ghalioun, figure majeure de l'opposition syrienne.
Quant à Paris et Washington, de même que des pays arabes, ils refusent une candidature de Assad.
"Les choses sont en train de bouger" sur le dossier syrien, a déclaré mercredi le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault.
Comme on lui demandait s'il croyait à une démission du président syrien, hypothèse évoquée mardi par un ministre du régime, M. Ayrault a répondu sur la télévision BFMTV et la radio RMC : "il faut y arriver", réaffirmant que "l'objectif est de trouver les conditions d'une transition politique".
Il s'agit selon lui de parvenir à un "gouvernement de transition qui associe toutes les composantes de la société syrienne pour éviter des règlements de comptes, notamment vis-à-vis des minorités".
"La diplomatie française avec (le ministre des Affaires étrangères) Laurent Fabius et sous l'autorité du président de la République fait un travail intense, qui n'est pas toujours très visible", a-t-il par ailleurs assuré dans une réponse implicite aux accusations d'"attentisme" formulées par la droite (opposition).
Le chef du gouvernement a également indiqué que la France avait répondu "sur le plan militaire" à la demande de "la résistance syrienne" en envoyant sur le terrain "un certain nombre d'éléments non létaux, c'est-à-dire qui ne tuent pas (...), des moyens de communication et de protection".
Jean-Marc Ayrault a toutefois rappelé "la position du président de la République" François Hollande depuis qu'il a pris ses fonctions, excluant tout "engagement militaire (de la France) sans qu'il y ait une décision des Nations unies". "On a l'exemple de l'Irak, la guerre décidée par le seul George Bush (en 2003), nous étions contre, nous avions eu raison, ça a été le chaos", a-t-il fait valoir, jugeant en revanche que l'intervention occidentale en Libye en 2011 était "juste".
(Lire aussi : Les crises syrienne et libyenne trop différentes pour une même solution)
Le département d'Etat américain a, de son côté, fait part mardi de son plus grand scepticisme quant à de possibles discussions sur une démission du président syrien. "Nous avons vu les informations sur cette conférence de presse du vice-Premier ministre syrien. Franchement, nous n'y avons rien vu de terriblement nouveau", a commenté la porte-parole de la diplomatie américaine Victoria Nuland.
"Le gouvernement syrien sait ce qu'il a à faire et le gouvernement russe nous avait rejoints à Genève (fin juin) pour mettre sur pied un plan de transition (politique) très clair", a rappelé Mme Nuland. "Ces consultations (entre Damas et Moscou) étaient donc l'occasion pour les Russes d'encourager le régime d'Assad à commencer à suivre ce plan de transition, sans avoir besoin de +chercher midi à quatorze heures+, comme a semblé le faire le vice-Premier ministre" syrien, a-t-elle jugé.
Les Etats-Unis ont exclu jusqu'à présent d'intervenir militairement en Syrie. Le président Barack Obama a toutefois averti lundi le régime syrien que s'il utilisait ou déplaçait ses armes chimiques, il franchirait une "ligne rouge" qui pourrait ouvrir la voie à une action militaire.
(Lire aussi : La panoplie d’agents chimiques de Damas "est assez robuste")
Dans le journal russe Kommersant, un responsable du ministère des Affaires étrangères déclare, sous le sceau de l'anonymat, qu'une discussion "confidentielle" avec le gouvernement syrien a convaincu la Russie que Damas "n'a pas l'intention d'utiliser ces armes, et est capable de les garder sous contrôle". L'article semble traduire la volonté de la Russie de rassurer l'Occident après les propos tenus lundi par Barack Obama. Selon Kommersant, le responsable ministériel cité a également affirmé que les Etats-Unis "ont fermement prévenu les insurgés de ne pas s'approcher des sites de stockage des armes chimiques et de leurs lieux de production", ce dont ils "ont tenu compte".
Washington se contente pour l'instant de fournir aux rebelles syriens une "assistance non létale (avec) plus de 900 appareils de communications" et dispose d'une enveloppe de "25 millions de dollars pour des programmes de formation d'activistes" dans les pays voisins de la Syrie, comme la Turquie, a expliqué Mme Nuland.
Lire aussi
Le régime et les rebelles revendiquent des avancées à Alep
Le Clic
Le peuple syrien, prochain Prix Nobel de la paix ?
Reportage
Appuyés par des hélicoptères et l'artillerie lourde, des soldats syriens ont lancé une importante opération à Kafar Soussa, dans l'ouest de Damas, et sa banlieue qui a fait au moins 22 morts tandis qu'un attentat à la voiture piégée a tué trois personnes à Doummar, près de la capitale, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
L'OSDH a par ailleurs accusé les troupes du régime d'avoir tué 42 civils dans une opération mardi contre la ville de Maadamiyat al-Cham, à 6 km de Damas dont certains auraient été...



Bravo...! à Paris les choses bougent disent 'ils ...! ,le gouvernement socialiste perspicace ... ,est enfin rentré de vacances ,faut dire ...pas tout le monde en TGV...,il y en qui se méfient des grèves ..., dés maintenant, l'on va voir si ça bouge ? comment ? et pourquoi ...? .par rapport à qui? et par rapport à quoi...?
10 h 01, le 22 août 2012