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Moyen Orient et Monde

Le régime et les rebelles revendiquent des avancées à Alep

Révolte La fête du Fitr a été particulièrement sanglante en Syrie : près de 340 tués en deux jours.
OLJ
22/08/2012
Régime syrien et rebelles ont tous deux affirmé hier avoir gagné du terrain dans la bataille cruciale d’Alep, les insurgés affirmant contrôler près des deux tiers de la grande ville du nord du pays, ce que dément Damas. Le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi, chef du conseil militaire rebelle de la province d’Alep, a ainsi affirmé que les insurgés contrôlaient désormais « plus de 60 % de la ville d’Alep ». Le colonel Oqaidi a cité plus d’une trentaine de quartiers entre les mains des rebelles et revendiqué le soutien de la population. « Le peuple est avec nous. Comment croyez-vous sinon que nous aurions pu tenir pendant un mois ? » a-t-il dit. « Ceci est totalement faux », a réagi un responsable au sein des services de sécurité. « Ce ne sont pas les terroristes qui avancent, c’est l’armée qui progresse doucement », a-t-il indiqué. « L’armée bombarde les centres des rebelles dans la région d’Alep pour empêcher les ravitaillements en armes et munitions d’arriver » dans la ville, a-t-il ajouté. Et, signe que la bataille n’est pas prête de s’essouffler, une autre source des services de sécurité a affirmé que « des renforts des deux côtés » se dirigeaient vers Alep, parlant d’ « une guerre qui va prendre beaucoup de temps ».
Lundi, les rebelles avaient affronté l’armée près du tribunal militaire et du siège du parti Baas, symboles du régime au cœur d’Alep. Un commandant de l’Armée syrienne libre a affirmé que les rebelles avaient « pénétré et pris le contrôle » des secteurs centraux d’al-Tilal, d’al-Maadi et de Jdaidé, près du quartier historique.
Hier, près de Damas, les forces régulières ont lancé un assaut meurtrier sur Maadamiyat al-Cham, où des « dizaines de corps » non identifiés ont été retrouvés dans un sous-sol, selon l’Organisation syrienne des droits de l’homme (OSDH), qui évoque une multiplication des découvertes macabres de ce type. Lundi, des affrontements avaient eu lieu dans plusieurs quartiers de l’est et du sud de la capitale, notamment Jobar et Tadamoun, selon l’OSDH. D’autre part, l’armée a déployé 30 chasseurs-bombardiers à proximité des villes où elle combat les insurgés, dans le nord et l’est du pays, a déclaré hier un groupe d’opposants. Les avions Soukhoi Su-22, d’origine soviétique, ont quitté lundi les bases aériennes de Doumair et de Sim au nord et à l’est de Damas, pour rejoindre des bases à Hama, Tabaqa et Deir ez-Zor, selon un cadre du Conseil suprême de la direction de la révolution syrienne.
Les violences ont fait hier au moins 172 morts à travers le pays, dont des femmes et des enfants. Lundi, elles avaient fait au moins 167 morts, dont 88 civils.
De son côté, le Japon a confirmé la mort de Mika Yamamoto, 45 ans, qui couvrait les combats à Alep pour une petite agence de presse nippone, Japan Press. C’est le premier décès d’un journaliste étranger à Alep, et le quatrième depuis mars 2011 en Syrie. Plusieurs reporters syriens et « journalistes-citoyens » ont également été tués depuis le début de la révolte. En outre, la chaîne en langue arabe al-Hurra, basée à Washington, est sans nouvelles de deux de ses reporters, un Arabe et un Turc, Bashar Fahmi et Cuneyt Unal, qui, selon les rebelles, ont été capturés par des forces prorégime.
Par ailleurs, Médecins sans frontières (MSF) a annoncé avoir installé un hôpital fixe dans une zone tenue par les rebelles dans le nord, sans préciser le lieu exact. Selon Brian Moller, responsable du projet, l’hôpital « a une capacité de 12 lits, qui peut être portée à 30 lits ». Plus de 300 interventions chirurgicales y ont été effectuées pour l’instant et les blessés continuent d’affluer, selon MSF.
Sur un autre plan, l’agence SANA a démenti que le chef de la diplomatie Walid Moallem ait annnoncé sur Twitter avoir remplacé le vice-président Farouk el-Chareh, personnalité sunnite la plus en vue du régime, dont la défection annoncée samedi par des télévisions arabes avait été aussitôt réfutée à Damas. Le sort de M. Chareh suscite cependant des interrogations alors qu’il n’a pas été vu en public depuis un mois.
(Sources : agences et rédaction)

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Jaber Kamel

Je ne vois pas comment les mercenaires peuvent controler quoi que se soit. Ils perdent du terrain et l'armee nationale progresse en controlant la totalite des 2 grandes villes. La seule chose que les mercenaires controlent et meme on peut dire gagnent c'est le terrain de la propagande et de la desinformation. Mais d'un autre cote l'intox est plus l'affaire des occidentaux que celui des terroristes.

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