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"Dihzaynerz" : des jeunes Libanais donnent des couleurs à Beyrouth

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Elie WEHBE | olj.com
30/07/2012

Donner des couleurs au vieux béton gris. Tel était l’envie d’un groupe de jeune Libanais il y a quelques années. Mais comment faire, par où commencer ?

Le déclic se produit quand ils découvrent que l'artiste allemand, Horst Glaesker, peint les escaliers de Munich. Jubran Elias se pose alors la question suivante : pourquoi ne pas faire la même chose au Liban ?

 

"Notre premier projet a été exécuté en avril 2008 dans le quartier de Sakiet el-Janzir à Koraytem (Beyrouth). Nous l’avons fait comme ça, pas pur plaisir", se souvient ce graphiste libanais de 24 ans. Niveau couleur, ces peintres de rue se lâchent. Jaune, bleu, vert, rouge... le gris disparaît sous les coups de rouleaux d'un groupe de jeunes Libanais.

 

"Les gens ont beaucoup aimé ce que nous faisions et nous ont encouragés à faire de même dans d’autres quartiers", ajoute-t-il.

 

Jubran Elias décide alors de lancer l’initiative "Paint Up" et de former l’équipe des "Dihzaynerz" qui compte 12 personnes aujourd’hui et dont la directrice artistique est Lana Chucri.

 

"Notre objectif est de peindre tout ce qui est ancien, en béton et a donc besoin de couleurs. Nous voulons mettre la lumière sur des endroits particuliers et peu connus, des quartiers de la ville", explique-t-il.

Le nom, "Dihzaynerz" doit son orthographe abracadabrante "au fait qu’il reproduit phonétiquement le mot Designers en anglais", et à une volonté du groupe d’être "différent", de "se distinguer des autres".

 

C’est après l’exécution de leur deuxième projet, la peinture d’un escalier à la rue Bliss à Beyrouth, à côté de l’International College, que ces artistes de rue acquièrent sinon une célébrité, du moins une visibilité. Ce qui permet de renforcer les effectifs de l’équipe.

 

"Plusieurs articles et photos de ce projet ont été diffusés sur les réseaux sociaux. Beaucoup de volontaires se sont présentés, ce qui a permis d’agrandir l’équipe des +Dihzaynerz+", précise le jeune graphiste.

 

Du côté des autorités, pas de souci. Selon Jubran Elias, la municipalité et les autorités ne se sont jamais mêlées du travail des artistes. "En fin de compte, nous ne faisons pas de mal et surtout rien qui ait rapport avec la religion ou la politique", ironise-t-il. De la neutralité, les autorités municipales pourraient peut-être même passer au soutien… "Aujourd’hui (lundi 30 juillet), j’ai une réunion avec le président de la municipalité de Beyrouth, Bilal Hammoud, afin d’obtenir son appui pour nos futurs projets", annonce-t-il.

 

Côté "sous", le groupe autofinance ses projets pour le moment, mais espère attirer des sponsors afin de continuer de peindre les escaliers de la ville.

 

En ce qui concerne les projets, les "Dihzaynerz" participeront à Afkar Arts, une exposition réservée aux créateurs libanais, et aux expos qui auront lieu à Faraya entre le 14 et le 19 août.

Sur le long terme, ils veulent aussi aider les commerçants à repeindre leurs vieux magasins pour y réinsuffler un peu de vie.

"Nous n’avons pas les équipements nécessaires pour le moment, mais nous avons été contactés par plusieurs organisations et espérons appliquer cette initiative même en dehors de Beyrouth", conclut Jubran Elias.

 

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Maria

Excellent travail,amis!! Il faut peindre toute la Ville et ses immeubles "vieillots"!
comment vous contactez??

Fady Challita

Ahlan wa Sahlan a Dihzaynerz et bravo!! Ces jeunes colorent notre quotidien et nous rappellent que Beyrouth ne veut pas mourir et nous appelle pour sortir de sa grisaille. Il suffirait que chacun de nous suive leur exemple dans nos quartiers pour changer un tant soit peu la face de notre ville. Et les escaliers a Mar Mikhael sont tres reussis, des couleurs vives, attrayantes et captivantes! Gemmayzé, ahhh..

Sabbagha A. Nazira

Des goûts et des couleurs il ne faut pas disputer. Courage pour nos jeunes artistes .







Nazira.A.Sabbagha

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