Fils du Liban, père de la nation,
Comment ne pas vous adresser une lettre quand il s’agit de l’unique être capable de nous rassurer. Encore une fois, à travers frontières je m’adresse à vous. Car les échos d’un conflit violent la liberté d’expression. Je suis loin de votre quotidien, mais vous êtes au cœur du mien, au cœur de mes soucis. Et vous êtes mon seul espoir, l’unique personne chez qui je trouverai réponse.
Vos responsabilités sont lourdes certes, mais votre présence à la tête du Liban garantit encore sa souveraineté. Je n’ai que vous comme messe au quotidien. Vous, le cierge que j’allume tous les soirs pour préserver la paix dans mon pays natal. Vous, l’appel à la prière que je lance dès l’aurore, espérant que ma voix puisse trouver refuge dans votre palais présidentiel,
Je vous implore : intervenez, dites-leur quelque chose, évitez à vos fils une nouvelle déchirure. Deux fils du même sang sont encore en désaccord
Je vous écris avec des mots simples, des mots du cœur, ceux d’une mère, ceux de l’amour, l’amour qui pardonne, puis laisse faire, l’amour qui unit puis désunit.
Je vous implore avec des mots simples, ceux du cœur, ceux d’une femme, une femme qui aime.Les fils d’une ville unique, ville de la Méditerranée, se disputent entre eux. « Port ou carrière à Beyrouth?» Ville glorieuse du passé, son amour envahit et aveugle. Au nom de l’amour, cette ville, ma ville natale est aimée et mille fois humiliée. Au nom de la gloire, ma ville natale est bercée et mille fois torturée.
Monsieur le Président, le monde entier nous regarde. Le monde entier est inquiet. Et le monde entier nous envie pour le trésor qu’est ce pays. Notre patrimoine dans tout cela ? Chaque jour dans ce monde, une ville, un patrimoine se font sacrer. Toutes les villes osent demander protection. Et Beyrouth, ville de fierté, est offensée. Beyrouth ? Pas seulement, les autres aussi. Les monuments de nos ancêtres et notre terre, que deviennent-ils ?
J’ai mal de voir Beyrouth si humiliée. J’ai mal de voir ma ville dépouillée... J’ai mal de voir mon pays si mal aimé.
Monsieur le Président, faites intervenir les experts et tranchez avec les fils de la nation. Deux fils de la nation s’y opposent, l’un pour l’histoire, l’autre pour une tour, l’un fouille les entrailles de la capitale pour rebâtir son futur, l’autre défend ces trouvailles pour consolider son retour. L’un aimerait lui offrir des robes de lumière et d’étincelles, l’autre aimerait dépoussiérer et éclairer sa fière chandelle. L’un homme d’affaires, l’autre homme du peuple, homme d’art et d’histoire. Deux amours pour une seule mère, unique mère.
Que faire ? Le cœur balance entre les deux et ne peut trancher.
Monsieur le Président, en vous écrivant l’espoir renaît et le cierge que j’allume tous les soirs en votre nom éclaire ma foi en vous. Mon appel à la prière de l’aurore et ma messe du soir portent votre nom comme seul garant de l’unité des fils.


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Madame, votre cri du coeur est bouleversant. Ce cri est celui d'une mere et d'une vraie citoyenne Libanaise qui espere encore partager ce pays avec tous ses fils, deux fils d'un meme sang comme vous dites. Malheureusement on a sur le terrain beaucoup plus que deux fils et chacun tiraille d'un cote oppose aux autres. Chacun a sa propre vision de son Liban, visions diametralement opposees en general. Vous dites "Mon coeur balance entre les deux et ne peux trancher". Votre citation m'est revenue a l'esprit qq. mns plus tard en regardant le clip du 'faux temoin Houssam Houssam' et en regardant les barbus l'entourant. J'ai pense alors qu'on etait bien loti entre nos barbus du Sud et ceux du Nord et la je vous assure que mon coeur ne balancait nulle part, bien au contraire. Je ne me sentais plus du tout "un des deux fils d'un meme sang" car franchement autant l'un que l'autre m'est totalement etranger et ne fait pas partie de mon Liban, du vrai Liban qui a toujours ete, du Liban tel que nous tous l'avons toujours connu. "Qu'est-ce-que l'avenir nous reserve?" est vraiment la grande inconnue mais c'est un baume sur le coeur de voir 'des hommes et des femmes de bonne volonte' tels que vous Madame, esperant tjs et envers tout en un avenir meilleur et en un Liban uni et meilleur. InchAllah...
18 h 29, le 22 juillet 2012