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Vapeurs fumantes

Le Liban est ainsi fait qu’à intervalles réguliers de son histoire déboulent des rigolos persuadés d’être investis d’une mission divine, consistant à mener leurs coreligionnaires sur les sentiers fleuris de l’enchantement universel. Après le Sayyed Barbu, la camarilla Hariri et le binôme incompatible Aounallah-Geageallah, dont les ouailles se tapent encore les crises d’adolescence gigognes, le GPS local fait aujourd’hui une belle translation du côté de Saïda où, sous des dehors raboteux, s’agite un spécimen remarquable de savoir et de modernité.
Ahmad el-Assir, dont il faudra sans doute s’habituer aux vapeurs fumantes, n’est pas à proprement parler un gai luron et, tout près de lui, les excités du parti des mille et une barbes font figure de comiques troupiers. S’accrochant au chêne dont on fait les plus solides langues de bois, ce cheikh grognon, trublion et à la paillasse faciale bien fournie aborde le confessionnalisme libanais compliqué avec des idées simples : les chiites, les chrétiens, c’est dégueu ! les sunnites, c’est sympa ! À l’entendre s’emballer avec force vociférations et frétillements d’index devant les caméras, on finit par se convaincre qu’il est providentiel, divin et tout le tintouin. Bien entendu, seuls les idolâtres profondément atteints mordent à son verbiage à plein dentier. Si le Liban n’était pas déjà dans un état pitoyable, on aurait eu des craintes pour son image.
Étrange fatalité que celle qui nous oblige épisodiquement à subir les dégâts d’individus dont la valeur doit toujours attendre le nombre des années. Il reste que depuis l’exil sous les palmiers de Barbichu, Ahmad el-Assir barbote en pleine crise d’acné juvénile. Le lavage à l’hémoglobine en Syrie, les navires russes qui font des ronds dans l’eau au large de Tartous, les menaces de l’étrangleur ottoman... Rien n’y fait et il va falloir attendre que sa libido guerrière s’apaise. Sous les pavés, la plage ; et sous les harangues, la dernière couche de rage !
Reste à savoir si en prétendant nous tirer de force vers le meilleur, ce cheikh sans provision réussira à nous épargner le pire.

 

gabynasr@lorientlejour.com

Le Liban est ainsi fait qu’à intervalles réguliers de son histoire déboulent des rigolos persuadés d’être investis d’une mission divine, consistant à mener leurs coreligionnaires sur les sentiers fleuris de l’enchantement universel. Après le Sayyed Barbu, la camarilla Hariri et le binôme incompatible Aounallah-Geageallah, dont les ouailles se tapent encore les crises d’adolescence gigognes, le GPS local fait aujourd’hui une belle translation du côté de Saïda où, sous des dehors raboteux, s’agite un spécimen remarquable de savoir et de modernité.Ahmad el-Assir, dont il faudra sans doute s’habituer aux vapeurs fumantes, n’est pas à proprement parler un gai luron et, tout près de lui, les excités du parti des mille et une barbes font figure de comiques troupiers. S’accrochant au chêne dont on fait les...
commentaires (6)

Elle est marrante cette phrase que personne n'a jamais inventée..;et pas Malraux en tous cas...il n' apas non plus dit qu'il serait spirituel...son ami Frossard dit qu'il aurait dit....mystique...mais Malraux était athée...une espèce de mystique républicain pur et dur...

GEDEON Christian

07 h 35, le 29 juin 2012

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Commentaires (6)

  • Elle est marrante cette phrase que personne n'a jamais inventée..;et pas Malraux en tous cas...il n' apas non plus dit qu'il serait spirituel...son ami Frossard dit qu'il aurait dit....mystique...mais Malraux était athée...une espèce de mystique républicain pur et dur...

    GEDEON Christian

    07 h 35, le 29 juin 2012

  • Le XXIème siècle sera religieux ou il ne sera pas telle est la question qui se pose actuellement à partir du moyen orient .Ahmad el-Assir sera -il ce prototype pour le déchaînement sans pitié d'un Islam renaissant, voulant dominer le monde et faire payer à la civilisation chrétienne les quelques siècles pendant lesquels elle a régné sur la planète?? A suivre Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    03 h 00, le 29 juin 2012

  • Gaby Nasr réussit toujours à résumer en quelques lignes pleines d'humour une situation que d'autres ont toutes les peines du monde à décrire, et à faire passer le message. "Ce qui se conçoit bien s'énonce drôlement" pour paraphraser Boileau. ....Bravo Gaby! Continuez, surtout...

    Georges MELKI

    02 h 52, le 29 juin 2012

  • "Prenez la sagesse de la bouche des fous", dit le dicton arabe. Ahmad el-Assir dit que sa folie et son "projet" sont fruits du projet de wilayet el-faqih du "parti des mille et une barbes". Il faut le croire.

    Halim Abou Chacra

    02 h 39, le 29 juin 2012

  • Monsieur Gaby Nasr, analyse fantastique, car vous appelez carrément les choses par leur nom. Tous ont été investis, dans leurs songes, d'ordres divins. Celui qui l'ignore, est DIEU lui-même ! Celui qui les dénigre, Tous, et maudit leurs fanatismes et haines, c'est toujours DIEU lui-même ! Ils se divisent au nom de DIEU, quand ils devraient s'unir au NOM SACRÉ DE CE DIEU !

    SAKR LEBNAN

    02 h 24, le 29 juin 2012

  • Monsieur vous êtes peut être un peu partial avec ce brave barbu pacifique...de plus si l'on soutire par force le pire du meilleur... il ne restera plus rien ...! lol

    M.V.

    02 h 01, le 29 juin 2012

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