Antonis Samaras. Louisa Gouliamaki/
Le chef du parti conservateur Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, 61 ans, est devenu mercredi Premier ministre en Grèce, avec le soutien des socialistes et de la gauche modérée pour tenter de rétablir le crédit d'un pays en quasi-faillite.
M. Samaras qui a prêté serment devant le président de la République Carolos Papoulias devait faire connaître jeudi la liste des membres de son gouvernement, a indiqué une source gouvernementale.
Le nouveau gouvernement doit être investi dans la foulée, mais dans l'attente, la Grèce sera représentée par le ministre des Finances du gouvernement intérimaire sortant, Georges Zanias, à la réunion de ses homologues de la zone euro qui doit se pencher sur la situation très difficile de ce pays.
L'actuel président de la Banque nationale de Grèce (BNG), Vassilis Rapanos, pressenti pour assumer le portefeuille clé des Finances, a confirmé dans la soirée que sa nomination était "probable", au sortir d'une réunion de préparation de l'Eurogroupe présidée par M. Samaras.
A 65 ans, cet économiste de formation est un vieux routier de la gestion de la Grèce aux côtés des équipes socialistes, et a dirigé le Conseil des experts du ministère de l'Economie et des Finances au moment de l'entrée de ce pays dans l'euro, en 2001.
Après avoir remporté les législatives de dimanche, mais sans avoir la majorité absolue, M. Samaras a négocié et obtenu le soutien de deux autres partis, le Pasok socialiste et le Dimar représentant la gauche modérée, ce qui le dote de 179 voix sur 300 au Parlement.
"Avec l'aide de Dieu, nous allons tout faire pour sortir le pays de la crise. Demain, je vais demander au gouvernement de travailler d'arrache-pied pour donner un espoir tangible au peuple grec", a déclaré M. Samaras à la presse après sa prestation de serment devant le président de la République.
"J'ai conscience (du fait) que c'est un moment crucial, il faut rétablir la dignité des Grecs et assurer la relance de l'économie et la cohésion sociale", a-t-il ajouté au cours de la passation des pouvoirs avec le Premier ministre intérimaire Panayiotis Pikrammenos.
Le dirigeant du parti socialiste Evangélos Vénizélos qui avait dévoilé dans l'après-midi l'accord politique permettant la constitution d'un gouvernement de coalition a décrit en termes épiques la principale tâche de la nouvelle équipe.
Dès le sommet européen des 28 et 29 juin, la Grèce livrera sa "grande bataille pour réviser l'accord de prêt" conclu en février et lui imposant une austérité rigoureuse en échange d'un deuxième paquet de prêts internationaux, a indiqué M. Vénizélos.
De fait, même si les bailleurs de fonds, UE et FMI, admettent à mots couverts le besoin d'assouplir les conditions posées aux Grecs, ils voient aussi en M. Samaras -membre de la même famille politique que la chancelière allemande Angela Merkel- le garant du maintien de la Grèce dans l'euro. Ce qui signifie à leurs yeux, la poursuite des efforts d'assainissement budgétaire entamés.
Les Européens ont entrouvert la porte à une prolongation de deux ans, jusqu'à fin 2016, du délai donné à ce pays pour atteindre l'équilibre budgétaire. Pour sa part, le Fonds monétaire international (FMI) s'est dit prêt à reprendre les négociations le plus tôt possible avec la Grèce.
Mais l'Europe et le FMI veulent auparavant juger des retards pris par la Grèce dans la mise en oeuvre de ses engagements depuis qu'elle est entrée, début avril, dans un processus électoral qui a fait se succéder deux élections en un mois et demi.
Ceci laisse augurer d'une arrivée dès juillet à Athènes des représentants de la troïka (UE-BCE-FMI), chargés d'enregistrer aussi bien les progrès que les dérapages dans les comptes publics.
Dans la continuité de celle déjà formée par les conservateurs et les socialistes en novembre dernier, la coalition gouvernementale bénéficiera cette fois d'une caution de gauche, avec le soutien du Dimar.
Son chef, Fotis Kouvelis, a confirmé que ses 17 députés voteraient la confiance, mais sans participer à l'équipe.
M. Vénizélos a lui aussi exclu d'entrer dans le gouvernement ou d'y dépêcher des députés ou cadres politiques de premier plan.
Des personnalités issues de ces deux camps devraient toutefois partager avec des cadres de droite de premier plan les postes ministériels, selon des fuites relayées par les médias.
Dans l'opposition, le parti de la gauche radicale Syriza a pour sa part jugé que le gouvernement était "clairement conservateur".
Il "ne convainc pas de sa capacité et de son intention de lutter pour une véritable renégociation (...) des politiques néolibérales d'austérité", a estimé dans un communiqué cette formation, propulsée au rang de deuxième parti de Grèce pour son refus des recettes UE-FMI de redressement. Le Syrisa a averti qu'il serait "à l'avant-garde des luttes sociales de la prochaine période".
Parmi ses autres défis, le nouveau gouvernement devra aussi rompre avec les vieux démons de la politique grecque, clientélisme, médiocratie et corruption pour rétablir la confiance tant avec une société poussée à bout par deux ans de sacrifices qu'avec des partenaires qui n'excluent pas en cas de nouveau dérapage de faire sortir le pays de la zone euro.
La première a féliciter M. Samaras mercredi a été la chancelière allemande Angela Merkel qui l'a invité à Berlin.
Dans l'immédiat, les deux dirigeants auront peut-être l'occasion de se rencontrer sur les tribunes du match de quart de finale de l'Euro 2012 vendredi à Gdansk, en Pologne. Au programme de la rencontre, à laquelle Mme Merkel a déjà annoncé sa présence : Allemagne-Grèce.
M. Samaras qui a prêté serment devant le président de la République Carolos Papoulias devait faire connaître jeudi la liste des membres de son gouvernement, a indiqué une source gouvernementale.
Le nouveau gouvernement doit être investi dans la foulée, mais dans l'attente, la Grèce sera représentée par le ministre des Finances du gouvernement intérimaire sortant, Georges Zanias, à la réunion de ses homologues de la zone euro qui doit se pencher sur la situation très difficile de ce pays.
L'actuel président de la Banque nationale de Grèce (BNG), Vassilis Rapanos,...

