Sur cette image diffusée par l'opposition syrienne, un jeune garçon fait, le 7 juin 2012, le "V" de la victoire, à Houla, théâtre d'un massacre. AFP/HO/Shaam News Network.
L’escalade de la violence en Syrie a poussé hier les Occidentaux à œuvrer pour des sanctions aux Nations unies contre le régime de Bachar el-Assad. Ainsi, Washington, Paris et Londres préparent un projet de résolution au Conseil de sécurité, selon des diplomates. « Il y aura une initiative dans les jours prochains pour parvenir à un vote qui inclurait (...) des sanctions », a dit un diplomate. « Nous espérons que les Russes ne s’y opposeront pas et les Chinois sont assez ouverts », a estimé un autre. Cependant, cette résolution risque fortement d’être bloquée comme dans le passé par Pékin et Moscou, alliés de M. Assad.
Dans ce contexte, l’émissaire international Kofi Annan a répété sa demande d’accroître la pression sur le gouvernement syrien – émise jeudi à l’Assemblée générale de l’ONU – pour que son plan de paix soit mis en œuvre, à l’occasion d’une rencontre avec la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton à Washington. Mais, tout en assurant que « tout le monde cherch(ait) une solution », l’ancien secrétaire général de l’ONU a admis que des doutes entouraient son plan. « Certains disent que ce plan est peut-être mort. Le problème est-ce le plan lui-même ou sa mise en application ? Si c’est sa mise en œuvre, comment se remet-on en route ? Et si c’est le plan, quelles autres options avons-nous ? » a-t-il déclaré. « Toutes ces questions sont aujourd’hui évoquées et nous cherchons aussi comment travailler avec des gouvernements de la région et du monde entier pour atteindre notre objectif », a-t-il poursuivi. Toutefois, la Chine a refusé d’endosser l’appel de M. Annan à exercer une « pression substantielle » sur Damas, se contentant de renvoyer dos à dos le régime syrien et les groupes d’opposition.
Et, dans un nouvel effort pour trouver une issue au conflit qui risque de dégénérer en guerre civile, des discussions sont en cours pour mettre en place un nouveau groupe de contact international, qui inclura des pays ayant une influence sur le régime et sur l’opposition. La France s’est montrée hier « favorable » à cette initiative de M. Annan. Paris est en revanche toujours opposé à la participation de l’Iran à ce groupe de contact qui pourrait regrouper, selon des diplomates, les Occidentaux et des puissances régionales comme la Turquie et l’Arabie saoudite, ainsi que la Russie et la Chine. Par ailleurs, Moscou et Pékin sont invités à participer le 6 juillet à Paris à la réunion du groupe des « Amis du peuple syrien ». La Russie comme la Chine n’ont jamais participé à cette instance, qui s’est déjà réunie le 24 février à Tunis et le 1er avril à Istanbul, sans parvenir à influer de façon déterminante sur la situation en Syrie. Pour Paris, la réunion des « Amis du peuple syrien », qui vise à « faire pression », n’est pas incompatible avec la création d’un nouveau groupe de contact.
« Points de contact » Russie-USA
Parallèlement, la Russie et les États-Unis ont trouvé « des points de contact » concernant le règlement de la crise syrienne, a déclaré hier le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, à l’issue de consultations russo-américaines à Moscou. M. Gatilov a posté cette déclaration dans son compte Twitter, sans donner plus de précisions. En outre, toujours à l’issue de ces consultations russo-américaines, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a déclaré à l’agence RIA-Novosti que Moscou ignore si M. Assad est prêt à quitter le pouvoir sous la pression des Occidentaux. Il a ajouté que la Russie était prête à soutenir d’éventuelles « corrections » au plan Annan « pour fournir les meilleures conditions possibles à son application par toutes les parties ». Le vice-ministre n’a pas précisé quelles pourraient être ces modifications.
Enfin, Berlin s’est dit « horrifié » par le massacre d’al-Koubeir et a de nouveau demandé le départ de Bachar el-Assad, en soulignant la « responsabilité particulière » de la Russie.
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