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À La Une - Villes

« On peut gérer nos cités plus efficacement », affirme un expert égyptien

De nationalité égyptienne, Mohsen Aboulnaga est professeur en environnement bâti durable à l’Université de Dubaï, et ancien conseiller en environnement et infrastructure au bureau du Premier ministre des Émirats arabes unis.

Mohsen Aboulnaga, professeur en environnement bâti durable à l’Université de Duba

OLJ. Comment définissez-vous le concept de villes intelligentes ?
M.A. Avant de parler de villes intelligentes, il faudrait s’attarder sur les défis auxquels sont confrontés les pays aujourd’hui. On peut les résumer en trois points : les pénuries d’énergie et d’eau, et la sécurité alimentaire. Cela est dû à l’accroissement des populations de par le monde, d’où le fait qu’il faudrait réformer notre gestion des villes. Par les termes de « villes durables » ou « villes intelligentes », on signifie un lieu où les habitants peuvent vivre au quotidien de manière plus écologique et durable, en conservant l’énergie, réduisant l’utilisation de l’eau, assurant l’efficacité énergétique dans les bâtiments et les transports, et construisant une infrastructure « propre ». Pour cela, il faut développer une vision d’avenir. Il existe des exemples de villes durables actuelles telles que Portland dans l’Oregon, aux États-Unis, ou encore, en Europe, Stockholm ou Berlin.

Qui devrait être chargé de réaliser cette vision de villes intelligentes ?
Trois grands acteurs devraient être impliqués. Le gouvernement a un rôle majeur dans l’application des lois, l’élaboration des stratégies, et l’adoption de politiques visant à rendre les villes plus « vertes ». Le secteur privé et le public, pour suivre cette voie, devraient être sensibilisés à l’importance de cette question. Des efforts conjoints pour assurer l’efficacité de l’utilisation de l’énergie dans la ville devraient être fournis.

À l’échelle d’une ville, comment peut-on assurer l’exploitation durable des ressources avec une croissance démographique galopante et des besoins toujours plus grands à satisfaire ?
Il faut passer par l’élaboration de stratégies solides, des programmes d’éducation du public et l’augmentation des capacités. Il est indispensable d’œuvrer à modifier l’attitude du public concernant l’utilisation de l’énergie et de l’eau. À cette fin, il faut mettre en évidence les bénéfices de ces politiques durables : en effet, si nous continuons à consommer au même rythme, nous nous retrouverons sans source d’énergie, sans eau et sans aliments. La croissance démographique mondiale est considérable, nous venons de franchir la barre des sept milliards, et nous compterons deux milliards de plus dans vingt ans. Ces habitants auront tous besoin d’énergie, d’eau, d’alimentation, de logements.

Qu’est-ce que chacun d’entre nous peut faire pour contribuer à rendre sa ville « intelligente » ?
Chaque individu peut commencer par adopter des gestes très simples, comme éteindre la lumière lorsqu’il quitte une pièce. Cela économise une quantité énorme d’énergie et, par conséquent, contribue à réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre et l’impact sur le réchauffement climatique.

Quelle voie emprunter dans les villes de cette partie du monde, comme Beyrouth et Amman par exemple ?
Si nous voulons atteindre des objectifs d’efficacité énergétique, on devrait améliorer les moyens de transport. Or en matière de transport, deux facteurs importent : la mobilité et l’accès. Pour augmenter la mobilité, il convient de développer un bon réseau de transport public, qui consomme moins d’énergie. En effet, le transport est responsable de 30 % de la consommation d’énergie dans une ville, et de plus de 30 % des émissions de gaz à effet de serre. Il faut aussi encourager le public à employer ce genre de transports par des mesures telles que, par exemple, l’adoption d’un système de carte unique pour tous les moyens de transport...
Les constructions sont une autre préoccupation essentielle lorsqu’on veut réduire la consommation d’énergie. Il est possible aujourd’hui de concevoir des bâtiments qui, de par leur architecture, consomment moins d’énergie (double vitrage, une plus grande épaisseur des murs... d’où un besoin moindre de chauffage et de climatisation), moins d’eau, et génèrent moins de déchets (par le tri et le recyclage par
exemple).

Est-il possible, d’après vous, de transformer nos villes en villes vertes ?
Bien sûr, rien n’est difficile. L’homme a marché sur la Lune, il a été doté d’un cerveau pour réfléchir, il peut gérer ses villes plus efficacement.
OLJ. Comment définissez-vous le concept de villes intelligentes ? M.A. Avant de parler de villes intelligentes, il faudrait s’attarder sur les défis auxquels sont confrontés les pays aujourd’hui. On peut les résumer en trois points : les pénuries d’énergie et d’eau, et la sécurité alimentaire. Cela est dû à l’accroissement des populations de par le monde, d’où le fait qu’il faudrait réformer notre gestion des villes. Par les termes de « villes durables » ou « villes intelligentes », on signifie un lieu où les habitants peuvent vivre au quotidien de manière plus écologique et durable, en conservant l’énergie, réduisant l’utilisation de l’eau, assurant l’efficacité énergétique dans les bâtiments et les transports, et construisant une infrastructure « propre ». Pour cela, il faut...
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