Le 14 Mars, au cœur duquel se trouve désormais Élias Murr, hier à la Maison du Centre. Photo Dalati et Nohra
En présence de l’ensemble de ses piliers ou de leurs représentants, l’alliance du 14 Mars s’est réunie hier à la Maison du Centre et a appelé au départ du gouvernement en place, qu’il a accusé de « complicité » avec le régime syrien contre le Liban, et son remplacement par un cabinet de « sauvetage neutre ».
Dans un communiqué lu par le chef du bloc du Futur, Fouad Siniora, à l’issue des discussions, le 14 Mars a lié la reprise du dialogue national sur les armes à la formation d’un tel gouvernement. S’engageant à défendre l’indépendance et la stabilité du Liban, l’alliance a appelé les Libanais à recourir « à tous les moyens pacifiques et démocratiques disponibles » pour parvenir à cette fin et a renouvelé sa foi en l’armée libanaise, « garante de la paix civile ».
Outre le chef du courant du Futur, Saad Hariri, qui se trouve à l’étranger, l’ancien président Amine Gemayel et le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, ont dépêché des représentants à la réunion, mais leurs formations respectives y ont participé massivement.
À noter la présence à la réunion, pour la première fois, de l’ancien ministre Élias Murr.
« L’heure de vérité et des responsabilités a sonné. Le Liban est en danger et tout le monde est concerné par son salut. Il est l’heure de primer la logique de rassemblement sur toutes les considérations factieuses, partisanes, confessionnelles et extérieures ; l’heure de protéger le Liban et d’empêcher l’effondrement de l’État », lance le communiqué.
« Il est l’heure de nous entraider pour faire face au complot que dirige le régime syrien dans le but de déstabiliser le Liban. Ce régime, qui est arrivé à la phase de sa chute, a pris la décision de démolir le temple sur tout le monde. Il cherche donc à exporter sa crise au Liban en vue d’y déclencher une guerre civile dans laquelle il trouverait une matière de chantage sur les Arabes et le monde. »
« Ce régime s’emploie à rééditer ce qu’il avait accompli au milieu des années soixante-dix, lorsqu’il avait aidé à déclencher la guerre libanaise pour préparer l’entrée de son armée dans ce pays, puis en liant sa participation à la guerre du Golfe (au début des années quatre-vingt-dix) à une reconnaissance de sa tutelle sur le Liban », ajoute le texte.
Le gouvernement « complice »
« La démission de l’État, en 1975, avait mené au déclenchement de la guerre. Son devoir aujourd’hui est d’assumer toutes ses responsabilités afin que cette expérience amère ne se répète pas. Hélas, le gouvernement en place en est incapable du fait des circonstances de sa formation, de sa structure, de sa politique et parce qu’il est une extension d’un axe régional qui ne croit pas dans l’indépendance du Liban et sa stabilité », souligne le 14 Mars.
« C’est un gouvernement complice parce qu’il n’a pas eu le courage de se réunir pour répliquer aux allégations le visant de la part du représentant du régime syrien à l’ONU (Bachar el-Jaafari) », estime le 14 Mars, saluant en revanche à ce propos les prises de position du président de la République.
Et de poursuivre : « Le gouvernement est complice aussi parce qu’il a assuré une couverture aux pratiques suspectes politiques et sécuritaires qui ont suscité les troubles à Tripoli, mis en danger les relations du Liban avec les États arabes du Liban et fait la promotion de la présence d’el-Qaëda au Liban, avalisant ainsi les allégations du représentant syrien à l’ONU. »
« Et ce gouvernement a failli asséner le coup de grâce à l’armée, que nous considérons comme étant l’institution garante de la paix civile au Liban. »
« Le recours aux armes, quelles que soient les justifications, ne mène qu’au chaos. Nous, chrétiens et musulmans, partenaires entiers pour le bien et pour le pire, proclamons que nous ne voulons pas vivre sous la merci des armes ni être terrorisés à l’idée de retomber dans les conflits du passé. Nous ne voulons pas non plus que notre pays reste un théâtre de conflits entre les puissances régionales et que nous restions des instruments dans les guerres d’autrui sur notre sol », ajoute le communiqué.
« Nous devons lutter pour empêcher la destruction du Liban. Cela exige deux choses : la première est le départ du gouvernement et l’avènement d’un cabinet de paix civile fabriqué au Liban, c’est-à-dire un gouvernement de salut neutre. Sa mission sera d’accompagner le président Sleiman dans la direction du dialogue sur les armes, toutes les armes, et pour parachever la mise en œuvre de ce qui avait été décidé précédemment à la table de dialogue, et de superviser les élections. »
« Et la seconde est la mise en place d’un filet de sécurité nationale dans toutes les régions et auprès de toutes les communautés au Liban et dans les pays d’émigration afin d’interdire la reprise de la guerre civile et instaurer la paix durable. »
« Le 14 Mars appelle tous les Libanais à la vigilance et à la solidarité en ces moments difficiles. Il s’engage auprès d’eux à rester à l’avant-garde de la lutte pour défendre la paix du Liban, son indépendance et sa stabilité. »
« Croyant dans la paix civile, la coexistence, le partenariat, la parité, le passage vers l’État, le respect du Pacte, des dispositions de la Constitution et l’esprit de Taëf et les légalités arabe et internationale, le 14 Mars ne saurait rester les bras croisés face au complot visant à la destruction du Liban.
« Voilà pourquoi il appelle à la formation d’un gouvernement de sauvetage neutre, premier pas obligatoire en vue du lancement du dialogue à partir d’une conférence nationale destinée à éloigner le péril de l’effondrement du Liban. Il invite tous les Libanais à recourir à tous les moyens pacifiques et démocratiques disponibles pour réaliser ces objectifs. »
M. Siniora a conclu en faisant état d’une prochaine initiative du 14 Mars en direction du chef de l’État en vue de la mise en œuvre de ces demandes.
Un peu plus tard, le président Michel Sleiman, a rejeté le lien établi par le 14 Mars entre la reprise du dialogue et le changement du gouvernement en place, et dit : « Les composantes du dialogue ne sont pas celles du gouvernement. Et si d’aucuns ont une réserve au sujet du gouvernement, ils auront une compensation à la table de dialogue. C’est pourquoi il ne faut pas lier ces deux choses et je souhaite que le 14 Mars prenne part au dialogue sans conditions. » (lire l'intervention du président Sleiman en cliquant ici)
Dans un communiqué lu par le chef du bloc du Futur, Fouad Siniora, à l’issue des discussions, le 14 Mars a lié la reprise du dialogue national sur les armes à la formation d’un tel gouvernement. S’engageant à défendre l’indépendance et la stabilité du Liban, l’alliance a appelé les Libanais à recourir « à tous les moyens pacifiques et démocratiques disponibles » pour parvenir à cette fin et a renouvelé sa foi en l’armée libanaise, « garante de la paix civile ».
Outre le chef du...

