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À La Une - La Situation

Reprise du dialogue : Sleiman et le 14 Mars en porte-à-faux

C’est dans un climat lourd que le Liban s’apprête aujourd’hui à célébrer la fête de la Libération qui a abouti au retrait du dernier soldat israélien du Liban (sauf dans les fermes de Chebaa) en 2000. Le secrétaire général du Hezbollah prendra d’ailleurs la parole cet après-midi pour tenter de redonner une place primordiale au conflit arabo-israélien, mais cette mission s’annonce plus que difficile face au paysage arabe actuel où les incidents commencent à s’étendre au Liban.
La semaine qui s’achève a, en effet, rappelé à de nombreux Libanais les images honnies de la guerre civile sur fond de désintégration des institutions de l’État, à leur tête l’armée. Mais après les journées de colère et de protestation et la succession d’incidents sécuritaires, le langage politique est revenu sur le devant de la scène. Le président de la République a ainsi annoncé – dans le cadre d’une entrevue à la LBCI pour le quatrième anniversaire de son élection à la tête de l’État – qu’il enverra des invitations pour relancer le dialogue national dans la seconde semaine de juin, sur la base de l’ordre du jour déjà établi. Des sources proches de Baabda affirment que Sleiman pourrait entreprendre une tournée auprès de certains pays arabes, notamment l’Arabie saoudite, pour d’abord les rassurer sur la situation au Liban et leur demander de favoriser la stabilité. D’autant que, selon notre chroniqueur diplomatique Khalil Fleyhane, de nombreux ambassadeurs arabes se posent des questions sur la sécurité au Liban, à la veille de la saison estivale.


De son côté, le communiqué du 14 Mars publié hier et lu par l’ancien Premier ministre Fouad Siniora va dans le sens du dialogue. Tout en durcissant ses positions à l’égard du gouvernement, le 14 Mars a placé ses revendications sous un plafond politique réclamant la chute du gouvernement et la formation d’un autre « neutre » en prélude à la reprise du dialogue national. Quelque part, cela signifie que le 14 Mars accepte le principe du retour au dialogue, mais en l’assortissant de conditions. Ce qui est totalement dans les normes du débat politique. Le communiqué du 14 Mars a aussi attaqué le président syrien Bachar el-Assad l’accusant de chercher à provoquer le chaos au Liban, comme il l’avait déjà fait par le passé pour préparer le retour de ses troupes. Le communiqué a aussi dénoncé la présence des armes (toutes) illégales, mais il a aussi réaffirmé le rôle de l’armée qui reste, selon le communiqué, l’institution garante de l’unité nationale.


Après les débordements des derniers jours, le langage politique redevient donc rationnel, même si les parties politiques continuent de camper sur leurs positions. Il n’y a plus qu’à espérer que le terrain suive le mouvement. Le Akkar continue de vivre au rythme de l’enquête menée sur la mort des deux cheikhs, alors que Tripoli reste sur le qui-vive, tout comme d’ailleurs la banlieue sud de Beyrouth qui attend encore des nouvelles des onze pèlerins enlevés près d’Alep. Une rencontre de solidarité – en leur faveur – a d’ailleurs été organisée dans une tentative d’absorber la colère de la rue. Mais jusque tard hier soir, rien de nouveau n’a été signalé sur la question à part des accusations et des contre-accusations qui ne donnent pas vraiment d’indications sur le sort des pèlerins enlevés. Des sources proches des personnes enlevées annoncent toutefois qu’elles pourraient être libérées au cours des prochaines 24 heures.


L’incident sécuritaire le plus marquant a toutefois eu lieu dans la nuit de mercredi. Mais ce qui avait commencé comme un crime passionnel entre deux hommes liés à une même femme au prénom évocateur « Gharam » est en train de se transformer en une grosse prise pour l’armée. En intervenant après avoir entendu des tirs dans un appartement au sixième étage d’un immeuble à Caracas, l’armée a réussi à capturer un Jordanien proche d’el-Qaëda qui avait été déjà arrêté dans le cadre du groupe dit des 13 (ce groupe d’islamistes avait un moment avoué avoir assassiné l’ancien Premier ministre Rafic Hariri et fomenté l’attentat de Aïn Aar avant de se rétracter). Cette affaire encore confuse soulève de nombreuses interrogations : que ferait un militant d’el-Qaëda avec une femme qui n’est pas la sienne et pourquoi aurait-il établi une planque dans un lieu aussi résidentiel, en entassant une quantité non négligeable d’armes ?

 

Les investigations devraient permettre de répondre à toutes ces questions, mais le chef de l’État a déjà affirmé hier que le Liban ne constitue pas un environnement favorable pour l’organisation terroriste el-Qaëda. Les Libanais ne demandent qu’à le croire et pouvoir reprendre le fil ordinaire de leur vie qui a failli être rompu au début de la semaine.

C’est dans un climat lourd que le Liban s’apprête aujourd’hui à célébrer la fête de la Libération qui a abouti au retrait du dernier soldat israélien du Liban (sauf dans les fermes de Chebaa) en 2000. Le secrétaire général du Hezbollah prendra d’ailleurs la parole cet après-midi pour tenter de redonner une place primordiale au conflit arabo-israélien, mais cette mission s’annonce plus que difficile face au paysage arabe actuel où les incidents commencent à s’étendre au Liban.La semaine qui s’achève a, en effet, rappelé à de nombreux Libanais les images honnies de la guerre civile sur fond de désintégration des institutions de l’État, à leur tête l’armée. Mais après les journées de colère et de protestation et la succession d’incidents sécuritaires, le langage politique est revenu sur le...
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