Rechercher
Rechercher

Rognures et casseroles

Y a pas à dire, les Libanais ont décroché la timbale ! Les tuiles s’entassent comme autant de tombereaux de linge sale, et tout ce que trouvent à faire les neuneus d’en haut c’est de picorer dedans pour en sortir des rognures de solutions, tout juste bonnes à bricoler des effets d’annonces.
Trente années de crise économique, sans compter les périodes de stagnation, voire de recul, pour s’entendre dire que le paquet de pain d’un kilo a subi une cure d’amaigrissement de 100 g et que le mécanisme de vote des expatriés a été approuvé. Brillant ! Évidemment pas un mot sur la composition de ce pain bâclé, torché à la hâte à coups d’additifs sucrés qui en font une pâtisserie indigeste ; encore moins sur la future loi électorale censée amener un nouveau cheptel à la ménagerie des 128.
Reste encore la casserole CNSS : les patrons d’hôpitaux se répandent en jérémiades pour récupérer les milliards de monnaie de singe que leur doit la Sécu, cette vieille caisse de basse fosse, à peine capable de rembourser les suppositoires. L’équivalent de 53 siècles de salaire minimum évaporés en dépenses administratives, comprendre en frais de bouche et de représentation pour les patrons et en bulletins de paie pour les petits minables.
Voilà un pays où la soif de pouvoir cocufie le bulletin de vote au profit de l’insulte et où la bombinothérapie et l’assassinat font partie du patrimoine politique. Un pays aux frontières caviardées comme une vieille chaussette filasse, absorbant tout ce que les marchands de quincaillerie militaire ont envie de fourguer. Un système politique déjanté et aux institutions bordéliques, où l’électricité trembloie, les prix flamboient et les égouts pissoient. Un État téléphoniste, électricien, pompiste et marchand d’eau, des ministères transformés en bureaux de placement, une pelletée d’instituteurs analphabètes dans les écoles publiques, une Administration gangrenée par les fonctionnaires flemmards payés avec des queues de cerise... Un bled où rien ne marche et où tout fout le camp.
Bref, une maîtrise admirable du tango argentin. La classe politique en a certes oublié la chaleur, mais garde toujours le tempo : un pas en avant, deux pas en arrière...

 

gabynasr@lorientlejour.com

Y a pas à dire, les Libanais ont décroché la timbale ! Les tuiles s’entassent comme autant de tombereaux de linge sale, et tout ce que trouvent à faire les neuneus d’en haut c’est de picorer dedans pour en sortir des rognures de solutions, tout juste bonnes à bricoler des effets d’annonces. Trente années de crise économique, sans compter les périodes de stagnation, voire de recul, pour s’entendre dire que le paquet de pain d’un kilo a subi une cure d’amaigrissement de 100 g et que le mécanisme de vote des expatriés a été approuvé. Brillant ! Évidemment pas un mot sur la composition de ce pain bâclé, torché à la hâte à coups d’additifs sucrés qui en font une pâtisserie indigeste ; encore moins sur la future loi électorale censée amener un nouveau cheptel à la ménagerie des 128.Reste encore la...
commentaires (8)

Oui, mais au Liban malheureusement le Peuple dort et rêve les yeux ouverts.

SAKR LEBNAN

13 h 39, le 27 avril 2012

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (8)

  • Oui, mais au Liban malheureusement le Peuple dort et rêve les yeux ouverts.

    SAKR LEBNAN

    13 h 39, le 27 avril 2012

  • Quand le peuple dort, les dirigeants abusent. Ainsi est le liban et il restera ainsi tant que la soif du pouvoir restera à son tour purement tribale . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    09 h 25, le 27 avril 2012

  • Rien de bien nouveau, de la répet avec d'autres costumes et surtout des mots nouveaux.Ca sa laisse lire comme un vin qui se laisse boire. Sans plus.

    Jaber Kamel

    04 h 51, le 27 avril 2012

  • Merci Gaby Nasr, de nous offrir vos articles si subtils, plein d’humour souvent caustique et tout en couleur qui nous permettent de regarder notre triste et hideuse réalité avec des yeux de poètes. J’attends avec impatience les vendredis pour pouvoir vous lire. @Sakr Lebnan: Le reveil?? mais est ce qu'on se reveille facilement d'un Coma??

    Nadine N

    03 h 04, le 27 avril 2012

  • Excellent! Ca fait du bien de vous lire de bon matin et de rire de nos petits malheurs de tous les jours...

    Michele Aoun

    02 h 32, le 27 avril 2012

  • Pauvre Pays ! À quand le réveil ?

    SAKR LEBNAN

    00 h 19, le 27 avril 2012

  • J'ai toujours admiré votre style et la liberté avec laquelle vous rendez compte de la situation. Dans n'importe quel pays occidental vos papiers provoqueraient des mini-révolutions... Malheureusement il semble que les membres de la classe politique ne savent plus lire que leurs relevés de comptes... Et malgré tout ça, on l'aime le Liban... Serions nous tous devenus masochistes ? François J. Rappard

    Francois J. Rappard

    00 h 19, le 27 avril 2012

  • Nostalgique et très joli et chaleureux article de Gaby Nasr comme d'habitude.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    20 h 49, le 26 avril 2012

Retour en haut