Sérail

Mikati : Certaines interventions au Parlement ont dépassé les limites d’une opposition responsable et constructive

Le Conseil des ministres garde le prix du pain à 1 500 LL et adopte l’amendement de la loi sur le contrat de location.

Si les décisions adoptées hier par le Conseil des ministres ordinaire réuni au Sérail sous la présidence de Nagib Mikati (confirmer le prix de la « rabta » de pain à 1 500 LL après une très longue discussion sur le prix du blé ; amender la loi sur le contrat de location et allonger le congé maternité qui passe de 40 jours à 10 semaines...) restent relativement importantes, ce n’est pas ce que l’on retiendra de la réunion d’hier, mais plutôt les commentaires du Premier ministre sur les trois jours de débats de politique générale suivis du vote de confiance, dans la nuit de jeudi à vendredi, au Parlement.
« La confiance réaccordée au gouvernement doit être un tremplin vers davantage de solidarité au sein du cabinet et davantage de travail pour mener à bien la mission qui est la nôtre », a dit le ministre de l’Information p.i. Waël Bou Faour citant Nagib Mikati. Ce dernier a jugé que « certaines interventions ont dépassé les limites d’une opposition responsable et constructive », estimant toutefois que les remarques et autres idées des députés « doivent être prises en considération et étudiées par les ministres ». M. Mikati a tenu à insister sur la coopération entre législatif et exécutif, invitant les ministres « à ne pas être influencés par les critiques, même si elles étaient parfois illogiques, à y répondre scientifiquement et à traiter avec l’ensemble des citoyens, sans exception aucune », quelle que soit leur appartenance communautaire, en allusion aux critiques formulées dans l’hémicycle sur des pratiques anticoexistence et iniques exercées dans certains ministères.
« Le PM a rappelé que le gouvernement avait beaucoup à faire concernant le budget, les législatives de 2013, les nominations et les permutations, ainsi que sur les dossiers des ressources naturelles et de l’électricité. Il est persuadé que le cabinet va être de nouveau à la hauteur de la confiance des députés », a poursuivi le ministre Bou Faour, qui a révélé qu’un débat a eu lieu sur ces séances parlementaires. « Nous nous sommes entendus sur la nécessité de réduire les tensions et les atteintes à l’unité nationale », a-t-il dit, avant d’évoquer un compte rendu sur la situation des hôpitaux publics par le ministre de la Santé – un sujet auquel le Conseil des ministres consacrera une séance spéciale. De même, le ministre de l’Économie Nicolas Nahas a évoqué le dialogue en cours avec le syndicat des boulangers, proposant « trois solutions ». Il a été chargé de discuter davantage avec le syndicat.

Bou Faour : Il n’y a « rien » à fêter...
Enfin, Waël Bou Faour, dans une discussion avec les journalistes, s’est arrêté sur une « information rapportée par les médias selon laquelle le PM a offert de la knefé aux ministres pour fêter le résultat du vote de confiance ». « M. Mikati est généreux, surtout avec les produits de Tripoli, mais le sujet ne prête pas à la plaisanterie : il n’y a rien à fêter concernant ce vote de confiance », a-t-il affirmé, tout en remerciant les députés de l’avoir accordée. « Rien à fêter parce que l’intensité des crispations et des tensions et certains discours sectaires ne laissent présager rien de bon, et cette limite jamais atteinte jette, je le pense, des poids supplémentaires sur les épaules du gouvernement. Ce qui s’est passé prouve que ce gouvernement bénéficie encore de la majorité, mais la stabilité a de quoi s’inquiéter », a-t-il mis en garde.

Si les décisions adoptées hier par le Conseil des ministres ordinaire réuni au Sérail sous la présidence de Nagib Mikati (confirmer le prix de la « rabta » de pain à 1 500 LL après une très longue discussion sur le prix du blé ; amender la loi sur le contrat de location et allonger le congé maternité qui passe de 40 jours à 10 semaines...) restent relativement importantes, ce...

commentaires (3)

Opposition "responsable"?Mais alors,gouvernement et "majorité" "irresponsables"?

GEDEON Christian

20 h 19, le 21 avril 2012

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Commentaires (3)

  • Opposition "responsable"?Mais alors,gouvernement et "majorité" "irresponsables"?

    GEDEON Christian

    20 h 19, le 21 avril 2012

  • L'opposition "responsable" est un concept bien de chez nous, une nouveauté sortie tout droit de notre région du monde. Après avoir inventé les maths, voici le second don que nous faisons à l'humanité. L'opposition responsable a la responsabilité d'applaudir à l'action du gouvernement. C'est une opposition dans l'alignement... un désaccord dans l'approbation. Corollaire immédiat: la liberté "responsable". La liberté trop libre est irresponsable. Voilà pourquoi vous pouvez à n'importe quel moment sonder 100 Libanais sur les bienfaits de la liberté et être certain que l'écrasante majorité vous réservera la même réponse: La liberté c'est chouette mais "dans les limites". Si bien qu'il nous est impossible d'évoquer la liberté sans évoquer les "limites", tout comme il nous est impossible d'évoquer l'opposition sans évoquer la "responsabilité". Si d'aventure vous demandiez de quoi consiste ce caveat indispensable qui vient se greffer au concept d'origine, l'on ne vous répondra pas. Parce qu'en fin de compte c'est à coup de pré-conditions en caractères fin que l'on tue la liberté d'opposition. C'est comme ce coupon pour 50% de remise que vous agittez fièrement à la vendeuse du magasin avant qu'elle ne vous fasse comprendre qu'il n'est valable qu'un 29 Février...

    Jack Hakim

    04 h 29, le 21 avril 2012

  • Le "Libanisme" simple et puiné, "élevé", littéralement, à la hauteur d’un "Caravane" sérail, complète avec cette grandiloquence insipide cette "platitude" foncière foncièrement "plate" d'une ronflante redondance toute théorique ; d’une suffisance toute insignifiante ! Des exégètes plus pâmés qu’exégètes, Internationalistes en "Holdings" sunnito-alaouites, limités tout de même à quelques ruelles de la Tripolis ; genre de "Snobs" donc de cette pathétique époque, tentant désespérément de sauver leur insignifiance, quitte à perdre tout ce qui leur restait encore de prestige dû au Solennel Hariri ! Tout ceci enrobé d'un déluge de rhétoriques à deux piastres avec leurs vanités suffisantes de grands, littéralement, se croyants être admis à jouer le rôle de "Grands" Petits zaïms ! Des Petits "potentats" très locaux, "fades et plats" en réalité, reconnus tout récemment par quelques séides et affidés uniquement comme succédanés du Grand Chef, bien sûr Hariri ; par contre lui très Connu et Reconnu ; se croyant ainsi pris au sérieux, mais juste par un nombre très Infime de certains adeptes de quelques rares Madrasas strictement Inconnues, car très Minoritaires au sein des Innombrables Madrasas Pro-Hariri que peut compter Liméné-L-Mînééh en Tripolis !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    02 h 42, le 21 avril 2012