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À La Une - Controverse

USA : l'échographie obligatoire avant l'avortement, "une insulte" pour les féministes

D'autres Etats tentent de faire reconnaître l'"humanité" de l'embryon et ses droits constitutionnels.

La Virginie fera partie des huit Etats américains qui obligent une femme désirant un avortement à passer une échographie la veille de l'opération. GENT SHKULLAKU/AFP

Ignorant le fait que l'avortement est déjà une intervention extrêmement difficile et pénible pour la femme, l'État de la Virginie, dans l'est des États-Unis, a décidé qu'à partir du 1er juillet prochain, les femmes souhaitant avorter, devront subir une échographie.

 

"C'est tout simplement une insulte faite aux femmes et aux médecins", a réagi Rosemary Codding qui dirige le Falls Church HealthCare Center à Falls Church, en Virginie. "C'est une intrusion totale du gouvernement dans le cabinet médical, avec un seul objectif, continuer à faire honte aux femmes et les rabaisser", a dit à l'AFP la directrice de ce centre de santé pour les femmes qui réalise un millier d'avortements par an.

 

En vertu de la loi votée pour "aider les femmes à prendre une décision bien informée", la Virginie fera partie des huit Etats américains qui obligent une femme désirant un avortement à passer une échographie la veille de l'avortement, et qui impose à son médecin de lui proposer de voir l'image du fœtus et d'entendre les battements de son cœur pendant que lui-même le décrit.

 

Presque partout, la femme pourra refuser la proposition, mais pas l'échographie elle-même, sous réserve de le stipuler par écrit.

 

Au Texas toutefois, toutes ces contraintes, déjà en place, sont obligatoires.

 

Une femme a ainsi raconté son "cauchemar" au Texas Observer : le médecin, confus et "craignant de perdre son autorisation de pratiquer", était obligé de décrire "le diaphragme bien développé, les quatre poches saines du cœur" pendant que l'infirmière, émue devant la femme en pleurs, montait le son de la radio.

 

Puis la litanie, à haute voix, des "informations fournies par l'Etat" sur les risques de l'avortement pour la santé, les modalités d'allocations maternité et les possibilités d'adoption.

 

La nouvelle loi a "clairement été passée pour faire honte aux femmes, les intimider, les rabaisser", estime Tarina Keene qui dirige pour la Virginie l'organisation NARAL, pro-avortement. "C'est un obstacle" de plus, ajoute-t-elle.

 

Car les droits des femmes concernant l'avortement sont dans la ligne de mire des législateurs depuis quelque temps déjà aux Etats-Unis.

 

Le Guttmacher Institute recense ainsi une batterie de réglementations restreignant et compliquant l'accès à ce droit accordé il y a 39 ans au niveau fédéral. 32 Etats refusent par exemple que l'avortement soit remboursé par des fonds publics, 46 autorisent les établissements de santé à refuser de le pratiquer et 19 ont légiféré sur les "conseils" à donner aux femmes sur les risques de cancer du sein, de souffrance du fœtus ou de dépression en cas d'avortement.

 

D'autres Etats tentent, pour le moment en vain, de faire reconnaître l'"humanité" de l'embryon et ses droits constitutionnels.

 

"S'ils continuent cette guerre contre les femmes, le retour de bâton va être sévère", avertit Mme Keene, en rappelant les élections à venir, présidentielle et législatives.

 

Des élues ont de leur côté répliqué en proposant des articles de loi tels que, en Virginie, un examen rectal avant toute prescription de Viagra, l'interdiction dans l'Oklahoma de la masturbation masculine car "tout sperme est sacré" ou, au Missouri, la possibilité d'une vasectomie seulement si la vie de l'homme est en danger.

 

"Tout cela ne change pas la détermination des femmes. Cela fait 2.000 ans qu'elles s'emploient à contrôler leur fertilité", conclut Mme Codding.

 


Ignorant le fait que l'avortement est déjà une intervention extrêmement difficile et pénible pour la femme, l'État de la Virginie, dans l'est des États-Unis, a décidé qu'à partir du 1er juillet prochain, les femmes souhaitant avorter, devront subir une échographie.
 
"C'est tout simplement une insulte faite aux femmes et aux médecins", a réagi Rosemary Codding qui dirige le Falls...

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